Plusieurs investisseurs chartrains se retrouvent dans l’incertitude suite à la mise en liquidation judiciaire du promoteur Fiducim, qui a laissé des chantiers à l’arrêt et des clients en attente de livraison depuis parfois cinq ans. Parmi eux, une acheteuse sur plan vit une situation emblématique : en mars 2022, elle a acquis un appartement de 65 m2 avec une terrasse pour 245 000 €, dont la livraison était promise pour le 31 décembre 2023. Trois ans et demi plus tard, « rien n’a bougé », rapporte-t-elle.
Des projets stoppés et des emprunts à rembourser
Les chantiers concernés ne sont pas isolés. Selon nos informations, Fiducim, créé en 2013 et un temps salué pour sa croissance, était impliqué dans la construction de plusieurs résidences dont la livraison est désormais compromise. Les acquéreurs confrontés à ces retards s’organisent collectivement et ont engagé des procédures collectives pour tenter d’obtenir le versement de la garantie financière d’achèvement — mécanisme prévu pour protéger les acheteurs lorsque le promoteur ne peut achever les travaux.
La mise en liquidation laisse également des sous-traitants impayés, accentuant le risque d’un blocage durable si les fonds nécessaires à la reprise des chantiers ne sont pas mobilisés. Plusieurs investisseurs ont, de leur côté, déjà contracté des prêts immobiliers et craignent d’être appelés à rembourser des mensualités pour des logements dont la livraison n’a pas eu lieu.
« Rien n’a bougé depuis un an »
Des recours engagés mais des incertitudes persistent
Face à cette situation, les victimes se rapprochent via les réseaux sociaux et multiplient les démarches judiciaires. Leur objectif principal est d’activer la garantie financière d’achèvement, afin que des fonds tiers permettent la poursuite ou l’achèvement des travaux sans devoir attendre la résolution complète de la liquidation.
Les procédures collectives peuvent toutefois être longues et leur issue dépend de l’état des comptes du promoteur, de l’existence et de la mobilisation effective des garanties souscrites au moment de la vente sur plan, ainsi que du calendrier fixé par le tribunal chargé de la liquidation.
Un impact étendu au-delà de Chartres
Le périmètre des projets affectés par la faillite de Fiducim dépasse Chartres : la société est annoncée comme ayant laissé en suspens plus d’un millier de logements dans plusieurs villes, dont Arras, Lens, Lomme et Amiens. À Chartres, les investisseurs concernés espèrent que les mécanismes de protection des acquéreurs permettront d’éviter un dénouement où l’acheteur porterait seul le coût du retard ou de l’abandon des chantiers.
| Élément | Information |
|---|---|
| Date d’achat citée | mars 2022 |
| Prix d’un appartement évoqué | 245 000 € |
| Surface mentionnée | 65 m2 |
| Date de livraison initiale | 31 décembre 2023 |
| Durée d’attente signalée | trois ans et demi / cinq ans (selon les projets) |
Ce que recouvre la garantie financière d’achèvement
La garantie financière d’achèvement (GFA) est conçue pour prévenir précisément ce type de situation : lorsqu’un promoteur vend un appartement sur plan, il doit garantir que les travaux seront achevés même en cas de défaillance de l’entreprise. Si la garantie est effective et mobilisée, un organisme tiers finance l’achèvement des travaux ou assure l’achèvement forfaitaire.
Cependant, la mise en œuvre de cette garantie implique des procédures et l’examen des conditions contractuelles souscrites lors de la vente sur plan. Les investisseurs attendent désormais que ces dispositions soient actionnées par les tribunaux ou par l’administration compétente.
Des questions pratiques pour les acquéreurs
- Vérifier le contrat de réservation et l’existence d’une garantie financière d’achèvement ou d’une assurance spécifique.
- Contacter un avocat ou une association de consommateurs pour coordonner les démarches collectives.
- Suivre les annonces du tribunal de commerce en charge de la liquidation et se tenir informé du sort des fonds et des sous-traitants.
Pour l’instant, le fondateur de Fiducim n’a pas souhaité commenter publiquement la situation. Les investisseurs attendent la suite des décisions judiciaires et l’intervention éventuelle des garants pour savoir si leurs logements verront le jour ou si d’autres solutions (revente des permis, reprise par un autre opérateur) seront envisagées.
À Chartres comme dans les autres villes concernées, cette affaire rappelle la fragilité que peuvent subir des acquéreurs face à la défaillance d’un promoteur et l’importance des dispositifs de protection prévus par la loi lors d’un achat sur plan.