Le procès en appel de Saad Lamjarred s’ouvre le 17 septembre devant la cour d’assises du Val‑de‑Marne, à Créteil. Très médiatisée et suivie depuis plus d'une décennie, cette affaire, qui concerne des faits commis en 2016 à Paris, revient au centre de l'actualité judiciaire. L'artiste, déjà condamné en première instance en 2023 à six ans de prison pour viol et violences aggravées, comparaîtra libre sous contrôle judiciaire.
Un dossier ancien, aux rebondissements nombreux
Les faits qui lui sont reprochés remontent à 2016 : une jeune femme, identifiée dans l'instruction comme Laura P., alors âgée de 20 ans, avait dénoncé un viol et des violences commis dans une chambre d'hôtel après une rencontre en boîte de nuit à Paris. À l'époque des faits, le chanteur avait 31 ans.
La cour d'assises de Paris, saisie en première instance, avait reconnu la culpabilité de Saad Lamjarred en 2023. Le procès en appel, initialement prévu en juin 2025, avait été reporté afin de permettre des investigations complémentaires. Selon les avocats de la partie civile, la tenue de l'audience à huis clos est « fort probable » pour préserver la sérénité des débats.
« C’est un procès qui dure depuis dix ans, dix ans faits de rebondissements, un procès qui l’a complètement anéantie »,
a déclaré l’un des conseils de la victime, résumant l'impact durable de cette procédure sur la plaignante. Un autre avocat de la victime a estimé qu’« il y a vraiment dans le dossier tous les éléments qui montrent que les faits se sont véritablement produits » et a jugé « probable » une nouvelle condamnation, sauf rebondissement majeur.
Ce que l’on sait des positions des parties
Saad Lamjarred a toujours nié le viol. Lors des précédentes audiences, il a reconnu seulement avoir « brutalement poussé au visage » la victime, expliquant ce geste par une réaction à une griffure reçue lors d’un moment d’intimité. Les conseils du chanteur, Christian Saint‑Palais et Marie Burguburu, n’étaient pas joignables au moment des premières relances médiatiques mentionnées dans le dossier.
La victime, aujourd’hui encore marquée par la procédure, avait exprimé par l’intermédiaire de ses avocats la difficulté de se retrouver face à l’auteur présumé de ses blessures. Les conseils de la partie civile ont souhaité le huis clos pour permettre des débats sans l'effet exacerbé de l'attention médiatique.
Calendrier et forme du procès
Le procès en appel doit se tenir du 17 au 25 septembre à Créteil. L'organisation judiciaire prévoit des mesures habituelles de procédure pour les affaires de cette nature, notamment la possibilité d'audiences à huis clos, décidées pour des motifs de protection des intérêts de la victime et de sérénité des débats.
- Dates : audiences du 17 au 25 septembre 2026.
- Lieu : cour d’assises du Val‑de‑Marne, Créteil.
- Statut du prévenu : comparaîtra libre sous contrôle judiciaire.
| Année | Événement |
|---|---|
| 2016 | Faits reprochés : viol et violences dans une chambre d'hôtel à Paris (victime âgée de 20 ans). |
| 2023 | Condamnation en première instance : six ans de prison pour Saad Lamjarred. |
| 2026 | Procès en appel à Créteil, du 17 au 25 septembre. |
Au fil des années, l'affaire a donné lieu à de nombreuses étapes procédurales et médiatiques, mêlant droits de la défense, protection de la victime et enjeux d'ordre public autour d'une personnalité très connue au Maroc et dans le monde arabe.
Enjeux et retombées
Au‑delà du sort individuel du prévenu et des demandes de la partie civile, ce procès en appel suscite une attention pour ce qu’il révèle du traitement judiciaire des affaires de violences sexuelles impliquant des personnalités publiques. Les choix de procédure — huis clos, contrôles judiciaires, calendrier — montrent la recherche d’un équilibre entre droit à l’information et protection des victimes.
Les audiences à Créteil devraient permettre d’apporter des compléments d’instruction et de nouvelles auditions éventuelles. La cour d’assises d’appel devra décider si la peine prononcée en première instance est confirmée, aggravée ou réduite, en l’absence d’élément nouveau susceptible d’entraîner une décision différente.
La tenue du procès, à proximité de Paris, rappelle combien la vie judiciaire s’inscrit dans le quotidien régional : les débats qui vont se dérouler dans l'enceinte de la cour d’assises engageront non seulement les parties, mais aussi les observateurs d’un dossier suivi depuis dix ans.