À l’approche de la très attendue éclipse partielle visible dans les Bouches‑du‑Rhône, la recherche d’une paire de lunettes de protection homologuée s’est transformée en véritable parcours du combattant pour de nombreux habitants. Sur le terrain, à Istres et dans d’autres communes, les présentoirs sont vides et les files d’attente se multiplient.
Stocks épuisés dès l’ouverture
Dans plusieurs grandes surfaces, comme chez des commerçants de proximité et des officines, le constat est identique : les rayons dédiés aux lunettes d’observation solaire sont dévalisés. À Istres, opticiens et pharmacies ont été pris d’assaut dès les premières heures. Même ceux arrivés à l’ouverture se sont heurtés à des réassorts déjà réservés.
À l’Optique des Carmes, le peu de stock reçu en matinée a disparu en quelques minutes, notamment après de nombreuses réservations par téléphone. La gérante, Mélodie, témoigne de l’affluence et de la surprise des commerçants face à cet engouement :
« D'habitude ce ne sont pas des éclipses totales, mais partielles et c'est vrai qu'il y avait beaucoup moins d'engouement et on était pas du tout préparés à ce qu'il y ait autant de monde »
Des livraisons de dernière minute et la communication en ligne
Face à la demande, plusieurs opticiens et pharmaciens s’efforcent d’obtenir des livraisons dans les heures qui viennent. Nombre d’entre eux informent leur clientèle via leurs comptes sur les réseaux sociaux pour signaler les arrivages ou la réception de réservations.
Pour ceux qui ne trouvent pas de lunettes en magasin, il existe quelques alternatives, avec des inconvénients variables selon le prix et la disponibilité.
- Se tenir informé des réassorts annoncés sur les pages Facebook ou Instagram des opticiens et pharmacies locaux.
- Consulter les points de vente de presse : certains magazines scientifiques incluent une paire certifiée avec le numéro du mois.
- Éviter les méthodes improvisées et non homologuées pour observer le soleil, qui peuvent causer des dommages oculaires.
Le recours aux magazines scientifiques
Dernier recours pour certains habitants : la presse. Quelques titres scientifiques offrent en effet une paire de lunettes certifiées avec le magazine. Ces offres ont été rapidement saisies dans les maisons de presse et kiosques. À la Maison de la Presse d'Istres, le gérant raconte avoir reçu deux boîtes de 25 lunettes, vendues très rapidement. Parmi les numéros proposés figurait un « Paris Match » spécial équipé d’une paire ; habituellement, le kiosque écoule 4 ou 5 exemplaires, mais il en a vendu une vingtaine cette fois‑ci.
Prix et comparaison
Le recours à la presse a toutefois un coût. Voici une comparaison des tarifs relevés auprès des commerçants et des kiosques :
| Point de vente | Prix approximatif |
|---|---|
| Magazines scientifiques (numéro + lunettes) | 7 € à 10 € |
| Opticiens | 4 € |
| Pharmacies | environ 2 € |
Même si le coût est supérieur pour la formule magazine, de nombreux acheteurs ont franchi le pas, préférant payer un peu plus pour s’assurer de pouvoir observer le phénomène en toute sécurité.
Des comportements à risque à éviter
Les professionnels interrogés insistent sur la nécessité d’utiliser uniquement des lunettes certifiées pour observer l’éclipse. Ils déconseillent formellement les méthodes artisanales, comme les verres fumés, films plastiques non homologués ou autres filtres improvisés, qui exposent au risque de lésions oculaires irréversibles.
Pour les observateurs sans équipement, il reste la possibilité d’observer le phénomène indirectement (projection perçue sur papier ou via des montages sûrs) ou d’assister à des événements organisés par des clubs d’astronomie équipés.
Le département sous tension commerciale
Cette ruée vers des lunettes homologuées révèle aussi une organisation commerciale parfois surprenante : de nombreux points de vente ne s’attendaient pas à un tel afflux, faute d’anticipation des commandes. Les professionnels, comme les acheteurs, naviguent donc au jour le jour dans l’attente d’acheminements et d’annonces en ligne.
La recommandation claire reste la même : se renseigner auprès de son opticien ou de sa pharmacie, suivre leurs messages sur les réseaux et privilégier les dispositifs certifiés. Le soleil de Provence, même partiellement caché, mérite qu’on le respecte.
Franck Barbieri, correspondant à Marseille