Incertitude sur l'emploi : les chiffres nationaux et leurs implications pour Nanterre
Selon l'étude People at Work 2026 d'ADP Research, publiée cette année, seulement 26 % des salariés français se déclarent « totalement en sécurité » quant à la pérennité de leur emploi. Ce taux, légèrement supérieur aux moyennes mondiale et européenne, traduit néanmoins une angoisse diffuse sur le marché du travail. L'enquête a recueilli les réponses de 39 153 travailleurs dans 36 pays.
Pour une ville comme Nanterre, qui concentre sièges sociaux, tertiaire et activités technologiques, ce résultat interroge les employeurs locaux autant que les travailleurs : visibilité stratégique, politiques de formation et gestion des compétences deviennent des enjeux déterminants pour préserver l'emploi et l'attractivité du territoire.
Des écarts européens et des repères chiffrés
La France se place au-dessus de la moyenne mondiale et européenne mais reste loin d'un sentiment de sécurité majoritaire. ADP met en lumière des disparités entre pays, avec quelques exemples marquants.
| Pays / Ensemble | % de salariés se sentant totalement en sécurité |
|---|---|
| France | 26 % |
| Moyenne mondiale | 22 % |
| Moyenne européenne | 21 % |
| Autriche | 27 % |
| République tchèque | 12 % |
| Suède | 18 % |
Intelligence artificielle et compétences : le cœur de l'inquiétude
Le rapport met en exergue le rôle central des transformations technologiques, et en particulier de l'intelligence artificielle, qui modifie les tâches composant les emplois. Carlos Fontelas de Carvalho, président d'ADP en France et Europe centrale, souligne l'ampleur du phénomène :
« L’IA redéfinit le travail tâche par tâche. Elle crée de nouvelles catégories d’emplois tout en transformant en profondeur les métiers existants. »
Cette évolution a deux conséquences directes pour les salariés : la crainte de perdre son emploi et, corrélativement, l'interrogation sur l'adéquation durable de ses compétences. À Nanterre, où les bassins d'emploi mêlent grandes entreprises et PME innovantes, ces problématiques se traduisent déjà par une demande accrue de formations et de parcours de reconversion professionnelle.
Ce que cela implique pour les entreprises et les pouvoirs publics locaux
ADP préconise que les employeurs « apportent davantage de visibilité » et investissent dans la formation continue pour accompagner les salariés. Pour la métropole et la municipalité de Nanterre, ces recommandations renvoient à des leviers d'action concrets :
- renforcer les partenariats entre entreprises, universités et centres de formation pour anticiper les compétences futures ;
- déployer des dispositifs de formation accessibles aux salariés en activité, notamment dans les secteurs en mutation ;
- favoriser la communication transparente des directions sur les transformations organisationnelles et technologiques.
Ces mesures visent à atténuer l'« anxiété » constatée par l'étude. Elles permettront aussi de préserver la compétitivité des entreprises locales en facilitant l'adaptation des effectifs aux nouveaux besoins du marché.
Un défi territorial : préserver l'employabilité à Nanterre
Le constat d'ADP doit inciter les acteurs locaux à coordonner leurs réponses. Entre le grand nombre de sièges sociaux présents sur la commune et l'implantation d'activités liées au numérique, Nanterre a tout intérêt à promouvoir des politiques de formation ciblées et continues pour limiter le risque de désalignement entre compétences disponibles et emplois offerts. À court et moyen terme, il s'agit autant de réduire l'incertitude ressentie par les salariés que d'anticiper les ruptures possibles sur le marché du travail.
Pour les Nanterriens, le message est clair : la sécurisation de l'emploi passe désormais autant par la stabilité du poste que par la capacité à évoluer professionnellement. Ce double enjeu place la formation et la transparence des employeurs au centre du débat local.