Un rendez-vous estival au croisement du classique et des musiques populaires
Pour sa 34e édition, les Fêtes musicales de Corbigny réaffirment une identité soigneusement mûrie : un lieu chargé d’histoire, une programmation classique de haut niveau et des escapades vers le jazz, le tango ou la musique de film. Le festival, installé dans la cour d’honneur de l’abbaye Saint-Léonard (XVIIIe siècle), mise sur la convivialité et l’échange entre artistes et public.
Une formation née d’un collectif de musiciens
L’origine des Fêtes remonte à la volonté d’un ensemble de solistes. C’est Anne Girard, violoncelliste, qui a créé en 1987 l’orchestre de chambre Les Pléiades ; deux ans plus tard, elle fonde le festival. Depuis, la manifestation a conservé ce profil d’intimité musicale : un noyau d’interprètes fidèles autour d’invités choisis.
« l’élitisme pour tous ! »
La formule, reprise sur le site du festival et attribuée à Antoine Vitez, résume bien l’ambition : rendre accessibles des répertoires exigeants dans un esprit de partage.
Soirée d’ouverture : « À 2, 4 et 6 mains ! »
La première séance du cycle, présentée sous le titre « À 2, 4 et 6 mains ! », a installé sur scène un grand piano Shigeru Kawai. Le programme propose un enchaînement de pièces de référence : la Sonate n°17 en ré mineur de Ludwig van Beethoven (1802), le Carnaval op. 9 de Robert Schumann (1834-1835) et une pièce à trois mains de Sergueï Rachmaninov (Valse et Romance pour piano à 6 mains, 1891).
Le pianiste Pierre Réach, accueilli par des applaudissements, a introduit chaque morceau avant de les enchaîner. Le propos mêlait références musicologiques et impressions personnelles, favorisant une écoute attentive du public. Le directeur artistique du festival, Nicolas Dautricourt, est également présent sur la scène et veille à l’équilibre entre professionnalisme et décontraction, ingrédients dont il attribue le succès des Fêtes.
Une programmation éclectique et des têtes d’affiche
Si le cœur du festival reste occupé par le répertoire classique, la programmation s’ouvre régulièrement vers d’autres horizons : sont évoqués dans la sélection des compositeurs comme Bernard Herrmann, Astor Piazzolla ou encore Francis Popy. Cette diversité répond à l’ambition d’alterner grande musique et formes plus populaires, afin d’élargir l’audience.
- Lieu : cour d’honneur de l’abbaye Saint-Léonard, Corbigny.
- Édition : 34e.
- Direction artistique : Nicolas Dautricourt.
- Programme inaugural : Beethoven, Schumann, Rachmaninov (« À 2, 4 et 6 mains ! »).
Artistes et projets discographiques
Parmi les interprètes présents figure Pierre Réach, dont le jeu a été souligné pour sa fluidité et sa musicalité. Le festival sert aussi de tremplin aux projets discographiques : il est noté, au sujet du pianiste, la parution cet été chez Anima Records du volume 4 et dernier de son intégrale des sonates de Beethoven.
Un festival à taille humaine, au service du public
La formule des Fêtes musicales mise sur la familiarité entre artistes et spectateurs. L’espace choisi — une cour d’honneur — favorise une proximité rare pour des programmes de ce niveau, et la mise en scène reste discrète au profit de la musique. Le festival revendique un accès ouvert, conciliant exigence artistique et accueil détendu.
| Compositeur | Œuvre jouée (soirée « À 2, 4 et 6 mains ! ») |
|---|---|
| Ludwig van Beethoven | Sonate n°17 en ré mineur (1802) |
| Robert Schumann | Carnaval op. 9 (1834-1835) |
| Sergueï Rachmaninov | Valse et Romance pour piano à 6 mains (1891) |
Pratique
Les concerts se tiennent dans la cour d’honneur de l’abbaye Saint-Léonard à Corbigny. Le festival propose plusieurs soirées réparties sur sa durée ; pour toute information sur la billetterie et le calendrier complet, il est conseillé de consulter les annonces publiées par l’organisation ou le site officiel des Fêtes musicales.
À travers son ancrage patrimonial et son mélange de répertoires, le festival continue d’attirer un public local et de la région, tout en offrant aux mélomanes l’occasion d’entendre des interprètes reconnus dans un cadre convivial.