La ville d’Autun engage la transformation de plusieurs sites patrimoniaux en un seul ensemble muséal : le « Panoptique d’Autun – musée Rolin ». Conçu autour de la réunion de l’ancienne prison de forme circulaire – qui accueillait l’ancien musée fermé en 2022 –, de l’ancien palais de justice et de la halle d’Hallencourt, le projet vise une ouverture au public en 2029.
Un parcours inauguré depuis un niveau semi-enterré
La future scénographie commence par un niveau semi-enterré qui marquera l’amorce du parcours de visite. Les opérations de curage, de creusement de cette assise souterraine et de reprise en sous-œuvre doivent s’achever en octobre prochain. Ce calendrier intervient un mois après le démarrage effectif des chantiers de construction et de restauration, sous la maîtrise d’ouvrage de la municipalité d’Autun.
Une enveloppe renforcée : 38 millions d’euros
Le budget global annoncé s’élève à 38 M€, soit 8 M€ de plus que l’enveloppe prévue lors du lancement du concours d’architecture en 2019. Cette montée en charge financière accompagne un gain de surface et la création de nouveaux espaces dédiés aux collections et à l’interprétation du patrimoine.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Budget | 38 M€ |
| Surfaces après travaux | Plus de 3 000 m² |
| Ouverture prévue | 2029 |
Des fonctions élargies pour un musée renouvelé
Le musée, qui accueillera des collections d’archéologie, d’art médiéval, du patrimoine local et des beaux-arts, verra sa surface doubler pour dépasser les 3 000 m². Le projet prévoit la création d’un centre d’interprétation du patrimoine de la ville et l’aménagement d’un niveau supérieur offrant une vue panoramique.
- Regroupement de trois bâtiments historiques : ancienne prison circulaire, palais de justice, halle d’Hallencourt.
- Création d’un niveau semi-enterré comme point de départ du parcours muséographique.
- Accroissement significatif des surfaces et des fonctions culturelles.
Les fouilles modifient le tracé initial
Les opérations préalables ont livré des découvertes archéologiques qui ont contraint l’équipe de maîtrise d’œuvre à revoir le tracé initial. Un rempart remontant à l’Antiquité, « particulièrement bien conservé », a été identifié sur le site. Plutôt que de l’effacer, les concepteurs ont adapté le projet pour mettre en valeur cet élément et l’intégrer au futur parcours de visite.
Une équipe signée Atelier Novembre et spécialistes associés
Le concours d’architecture lancé en 2019 avait été remporté par Atelier Novembre. Pour mener ce projet complexe, l’agence s’est entourée d’experts : Maël de Quelen pour l’architecture du patrimoine, Studio Adrien Gardère pour la muséographie et la scénographie, ACL pour la conception lumière, ainsi que plusieurs bureaux d’études techniques (Synapse pour les fondations et la structure, CET Ingénierie pour les fluides et l’économie, Lamoureux pour l’acoustique).
Enjeux locaux : tourisme, patrimoine et redynamisation urbaine
Au-delà des aspects architecturaux et muséographiques, le projet constitue un enjeu pour la redynamisation du centre-ville d’Autun. L’accroissement des surfaces d’exposition et la création d’un centre d’interprétation devraient renforcer l’attractivité touristique de la cité, déjà riche en vestiges antiques et médiévaux, et offrir de nouvelles ressources culturelles aux habitants.
La mise en œuvre technique (travaux souterrains, sauvegarde des vestiges) et le surcoût budgétaire exigent toutefois une coordination serrée entre la municipalité, les architectes et les équipes archéologiques. Reste à suivre la tenue du calendrier et la qualité de l’intégration des découvertes au parcours muséal.
La transformation du « Panoptique » s’inscrit dans une tendance plus large de valorisation du patrimoine ancien par la conversion en équipements culturels multifonctions. Pour Autun, le défi est d’allier protection des traces du passé et lisibilité contemporaine, afin d’offrir aux visiteurs un récit muséal ancré dans le lieu.