La consultation citoyenne lancée par le Conseil départemental des Pyrénées‑Orientales pour décider d'un éventuel changement de nom du département a abouti, vendredi 28 août, au maintien de l'appellation Pyrénées‑Orientales. Le dépouillement, organisé à Perpignan, a confirmé la première place de l'appellation historique avec 47,21 % des suffrages exprimés.
Des résultats serrés et une participation limitée
Sur 38 178 votes enregistrés au total — soit un taux de participation d'environ 10 % des quelque 380 000 électeurs inscrits — 18 025 suffrages ont choisi de conserver le nom actuel. L'option « Pyrénées Catalanes » arrive en deuxième position avec 16 092 voix (42,15 %), tandis que « Pyrénées Méditerranée » recueille 4 061 voix (10,64 %).
Les organisateurs ont dû procéder à des vérifications administratives avant le dépouillement, originellement prévu en matinée et finalement entamé en début de soirée. Par courrier, 13 672 bulletins papier ont été reçus au siège du Conseil départemental entre le 22 juin et le 15 août ; près de 1 800 d'entre eux ont été jugés inexploitables pour des motifs divers (double vote, absence d'identification, inscription hors listes électorales ou mentions annulant le bulletin).
Modalités de vote
- Vote électronique : 26 984 suffrages via la plateforme lenom66.fr.
- Bulletins papier reçus : 13 672, dont environ 1 800 invalidés.
- Total des votes valides : 38 178.
Le faible nombre de participants au regard des inscrits interroge sur la représentativité du scrutin, alors que l'opération visait à trancher une question d'identité territoriale largement médiatisée dans le département.
Réactions des élus
Arrivée en fin de soirée au siège du département, la présidente Hermeline Malherbe a salué la tenue de la consultation et annoncé le respect du verdict.
« On s’y était engagé : on va suivre le résultat et conserver le nom Pyrénées‑Orientales »
Elle a souligné la proximité des scores, en particulier la forte performance de « Pyrénées Catalanes », qu'elle a qualifiée de « preuve de l’attachement à la catalanité dans le cadre d’un vote ». Le premier vice‑président a indiqué que le résultat renforce l'engagement du département en faveur des politiques transfrontalières.
Enjeux et perspectives
Au‑delà de la formule retenue, la consultation pose la question de la manière dont les collectivités associent les citoyens à des décisions symboliques. Les partisans du changement souhaitaient un nom valorisant l'ancrage catalan ou la position méditerranéenne du département ; les opposants ont invoqué la continuité administrative et l'attachement au nom historique.
Sur le plan pratique, la conservation de l'appellation « Pyrénées‑Orientales » évite des modifications administratives et juridiques étendues (documents officiels, signalétique, communications institutionnelles). Les défenseurs d'une désignation différente pourront néanmoins promouvoir l'usage parallèle d'appellations alternatives dans des politiques culturelles ou touristiques, comme l'a suggéré la présidence.
Chiffres clés
| Option | Voix | % des suffrages exprimés |
|---|---|---|
| Pyrénées‑Orientales | 18 025 | 47,21 % |
| Pyrénées Catalanes | 16 092 | 42,15 % |
| Pyrénées Méditerranée | 4 061 | 10,64 % |
| Total des votes exprimés | 38 178 | 100 % |
La consultation, promise dans un engagement de mandature, marque une étape dans le pilotage participatif du département. Reste à voir si le résultat apaisera les débats locaux ou s'il stimulera de nouvelles initiatives autour de l'identité culturelle et linguistique, en particulier dans le domaine des politiques publiques culturelles et transfrontalières.
Le Conseil départemental a indiqué qu'il respecterait le vote. Les prochains mois permettront d'observer quelle traduction concrète sera donnée à cette décision, tant sur le plan symbolique que dans la mise en œuvre des politiques locales.