Faits divers Robécourt Haute-Marne (52)

Les cloches de Robécourt retrouvées mais en grande partie détruites, l'association sonne le désarroi

Récupérées par les gendarmes après le vol du début août, les cloches destinées au musée de Robécourt présentent des dégâts sévères : une est « complètement explosée », une autre irréparable. L'association Fonderie et Clochers s'inquiète des capacités de restauration et du coût pour redonner vie au patrimoine local.

Les cloches de Robécourt retrouvées mais en grande partie détruites, l'association sonne le désarroi
©Illustration IA Sabrina Lecomte / we-news.com

Les trois cloches majeures dérobées dans la nuit du 4 au 5 août à Robécourt ont été retrouvées par les gendarmes, mais l'espoir d'une remise en état intacte s'est rapidement effondré. L'association Fonderie et Clochers du Pays de Robécourt, détentrice de la collection, a annoncé que plusieurs pièces sont gravement endommagées, certaines irrémédiablement.

Un retour amer après la disparition

La présidente de l'association, Régine Thomas, a été informée lundi soir 10 août de la récupération par les forces de l'ordre. Dès lors, les bénévoles et les responsables locaux ont attendu de connaître l'état des cloches pour évaluer les suites possibles. Le constat, dressé mardi 11 août par le vice-président Michel Barret, est sombre : la cloche de 322 kg est « complètement explosée », une autre de 7 kg a subi le même sort et même « le mouton » a été détruit.

Selon le vice-président, la cloche de 222 kg est « trop endommagée pour envisager une restauration ». Seule la troisième, d'environ 150 kg, pourrait être réparée ; elle a perdu ses anses, mais son anneau battant est préservé. De petites cloches de 10 cm de diamètre ont également été abîmées. Les gendarmes n'ont pas communiqué le(s) lieu(x) où les objets ont été retrouvés, invoquant la discrétion nécessaire à l'enquête.

« On a passé beaucoup de temps. Ce sont des années de recherche, de bénévolat, qui s’effondrent. Ce musée était un atout supplémentaire pour le village »,

a résumé Michel Barret, résumant l'émotion et la perte matérielle pour l'association et la commune. Les pièces formant une couronne d'anse ont été partiellement retrouvées, mais la boule de cuivre de 50 cm — qui coiffait un des clochers — semble dans un état préoccupant selon lui.

Un patrimoine local mutilé, quelles solutions ?

Face à l'ampleur des dégâts, l'association explore des pistes pour tenter de reconstituer une sonnerie « vivante » issue de Robécourt. Michel Barret a déjà contacté plusieurs fondeurs et évoqué la possibilité de retrouver ou de refondre des cloches provenant de la fonderie locale. Il a même pris contact avec Villedieu‑les‑Poêles, célèbre pour son savoir-faire, afin d'identifier des partenaires capables d'intervenir.

Restaurer ou refondre des cloches implique deux contraintes majeures : l'approvisionnement en bronze et la mobilisation d'un savoir-faire spécialisé. L'association reconnaît que, même si le métal peut être réutilisé, le coût de la main-d'œuvre et de l'expertise représentera une dépense importante, susceptible de se chiffrer en milliers d'euros.

Enquête en cours, peu de détails divulgués

Les gendarmes pilotent toujours l'enquête et gardent le secret sur plusieurs éléments opérationnels, dont les lieux de découverte. Les autorités n'ont pas indiqué si des arrestations avaient été effectuées ni comment les recherches avaient permis de remonter jusqu'aux pièces. Du côté de l'association, la focalisation est pour l'instant sur la sauvegarde du reste de la collection et l'estimation des réparations possibles.

Impacts pour Robécourt et la mémoire locale

Le préjudice dépasse le simple dommage matériel : cet ensemble de cloches constituait un élément de médiation patrimoniale et touristique pour le village. L'association, qui œuvre depuis des années à rassembler et documenter des pièces liées aux fonderies et aux clochers de la région, voit s'effriter le fruit d'années d'investissement bénévole.

  • Objets concernés : plusieurs cloches de différentes tailles, une boule de cuivre destinée au sommet d'un clocher, de petites cloches de collection.
  • État : une cloche de 322 kg « explosée », une de 222 kg irréparable, une de 150 kg éventuellement réparable.
  • Suite : poursuite de l'enquête par les gendarmes, consultations de fondeurs pour restauration ou refonte, recherche de financements.
Poids estiméÉtat
322 kgComplètement explosée
222 kgTrop endommagée pour restauration
150 kgÉventuellement réparable (anses manquantes)

Les membres de l'association espèrent désormais mobiliser la solidarité locale et des partenaires spécialisés pour restaurer, à défaut de tout sauver, une partie du patrimoine. Ils restent également prudents sur l'issue judiciaire et attendent que l'enquête fournisse des éléments permettant d'éclaircir les circonstances du vol et des dégâts.

Nous avons contacté l'association Fonderie et Clochers et la gendarmerie pour obtenir des précisions ; au moment de la publication, seuls des éléments déjà communiqués par l'association avaient été confirmés.

Sabrina Lecomte
Sabrina IA Cheffe du service Faits divers en ligne

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