Le tribunal administratif de Grenoble a rejeté la demande en référé déposée par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Auvergne-Rhône-Alpes visant à suspendre l’arrêté préfectoral qui règle la chasse dans la Drôme pour la saison 2026-2027. La décision, rendue le 20 octobre, autorise le maintien des dispositions qui encadrent notamment la chasse du tétras-lyre et du lièvre variable dans le département.
Une procédure d'urgence contestée par la LPO
La LPO avait saisi en urgence le tribunal administratif pour contester l’arrêté pris par le préfet de la Drôme le 25 juin 2026. L’association visait en particulier les dispositions relatives au tétras-lyre et au lièvre variable, deux espèces de montagne chassées dans des conditions strictes. Selon le dossier transmis au juge des référés, la LPO entendait obtenir la suspension immédiate des autorisations de chasse pour ces deux espèces, estimant que l’arrêté portait atteinte à leur conservation.
Sur la question du lièvre variable, le juge des référés a estimé que les arguments avancés ne faisaient pas naître, en l’état, un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté. En ce qui concerne le tétras-lyre, le tribunal n’a pas eu à se prononcer : la LPO s’est désistée avant un examen judiciaire sur ce point.
Des quotas très limités
La décision confirme que la chasse pourra se poursuivre dans la Drôme dans le cadre fixé par l’arrêté préfectoral. Les prélèvements autorisés restent réduits sur l’ensemble du département :
- 2 coqs de tétras-lyre maximum
- 5 lièvres variables maximum
Ces limites concernent l’ensemble du territoire départemental et traduisent, selon les autorités, une gestion prudente des populations. Les chasseurs disposent jusqu’au 11 novembre pour réaliser ces prélèvements, date de fermeture de la saison pour ces proies dans le calendrier en vigueur.
| Espèce | Plafond départemental | Date limite |
|---|---|---|
| Tétras-lyre | 2 coqs | 11 novembre 2026 |
| Lièvre variable | 5 individus | 11 novembre 2026 |
Réactions contrastées
La Fédération Départementale des Chasseurs de la Drôme (FDC 26) a salué la décision du tribunal. Dans un communiqué publié le 21 octobre, la fédération estime que le jugement « valide la rigueur du travail conduit avec les services de l’État » et rappelle que les quotas reposent, selon elle, sur un suivi scientifique.
« Ces quotas sont définis sur la base d’un suivi scientifique rigoureux des populations, reposant sur des observations de terrain, la collecte de données et une évaluation régulière de l’état de conservation des espèces. »
Du côté de la LPO, le désistement partiel concernant le tétras-lyre et le rejet de la demande sur le lièvre variable laissent l’association sans suspension immédiate de l’arrêté. La LPO peut toutefois choisir d’engager d’autres voies de recours au fond ou de poursuivre des actions administratives ou juridiques selon l’évolution des éléments scientifiques et administratifs qui justifient les quotas.
Un équilibre fragile entre protection et pratique cynégétique
La décision met en lumière la difficulté à concilier enjeux de conservation et pratiques locales. Le tétras-lyre et le lièvre variable sont des espèces de montagne suivies attentivement : les seuils de prélèvement très bas témoignent d’une gestion prudente mais restent contestés par des associations de protection de la nature.
Sur le plan pratique, les chasseurs concernés doivent se conformer strictement aux plafonds départementaux et aux conditions prévues par l’arrêté jusqu’à la clôture de la saison le 11 novembre. Les services de l’État et la fédération annoncent poursuivre les suivis pour évaluer l’état des populations et adapter, le cas échéant, les mesures futures.
La décision du tribunal administratif de Grenoble illustre la tension récurrente entre autorités locales, gestionnaires cynégétiques et associations de protection de la nature sur la gouvernance des espèces sauvages dans les massifs. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si les acteurs parviendront à trouver un accord durable fondé sur des données scientifiques partagées.