Un centre d’activités associatives et numériques obligé de s’effacer
Le tiers‑lieu connu sous le nom de Fabrico, installé rue Belle‑Image et piloté par l’association Fab’At depuis début 2022, fermera ses portes l’an prochain. L’annonce, qui acte la fin anticipée du commodat — contrat de mise à disposition — suscite une vive émotion parmi les co‑usagers et bénévoles qui faisaient fonctionner ce vaste bâtiment multi‑activités.
Selon les informations communiquées, tous les co‑usagers devront libérer les lieux au 31 octobre 2026, tandis que l’association Fab’At quittera officiellement le site au 31 décembre 2026. Cette décision met un terme à une expérience collective qui regroupait des offres variées : fablab, espace public numérique, repair’café, mais aussi plusieurs associations et services hébergés.
« Ça met un coup au moral »
Cette phrase, employée par des responsables et bénévoles du lieu, traduit l’étonnement et la tristesse des occupants, qui ont appris la décision « tombée de haut ». Plusieurs structures locales tirent un trait sur un outil partagé qui leur servait de point d’appui.
Des activités diversifiées qui devront se reloger
Parmi les acteurs présents sur le site figuraient le Moulin urbain, l’Accueillette, la Motiv’, Kodiko ainsi que des espaces de coworking. Le bâtiment abritait aussi des dispositifs de médiation numérique et des ateliers de fabrication numérique mis à disposition des habitants.
- Fablab et repair’café : ressources techniques et accompagnement au bricolage et à la réparation.
- Espace public numérique : accès et formation aux outils numériques pour le public.
- Associations locataires : Moulin urbain, l’Accueillette, la Motiv’, Kodiko et espaces de coworking.
Ces structures devront organiser leur départ et trouver des solutions alternatives, un défi logistique pour des équipes souvent fragiles et majoritairement bénévoles.
Des difficultés financières et administratives à l’origine
La fermeture est la conséquence d’un enchaînement de difficultés. À la fin de 2025, Fab’At a dû licencier ses trois salariés après une coupe drastique des subventions du Département. L’association n’a conservé que des bénévoles pour assurer la gestion quotidienne, qui se sont rapidement retrouvés en situation d’épuisement.
Parallèlement, la charge financière liée au bâtiment a pesé lourd : la taxe foncière pour ce vaste immeuble s’élève à près de 20 000 euros, un poste qui a aggravé la situation budgétaire de l’association et précipité la décision de mettre fin au commodat avec un an d’avance sur la date prévue (fin 2026).
| Élément | Valeur / échéance |
|---|---|
| Ouverture du lieu sous le nom Fabrico | Début 2022 |
| Licenciements | Fin 2025 (trois salariés) |
| Taxe foncière | Près de 20 000 € |
| Co‑usagers évacuation | 31 octobre 2026 |
| Départ de Fab’At | 31 décembre 2026 |
Conséquences locales et question du soutien public
La disparition de Fabrico pose plusieurs questions pour le territoire valentino‑drômois : quelle place pour l’accompagnement numérique et la réparation participative dans la ville ? Comment reloger des activités de médiation et des ateliers de fabrication sans engorger d’autres structures ?
Plus largement, le cas illustre les fragilités auxquelles sont confrontées les tiers‑lieux associatifs quand les subventions publiques se réduisent et que les charges foncières restent élevées. Les bénévoles, parfois seuls à assurer la continuité, éprouvent rapidement des limites opérationnelles.
Les acteurs concernés disposent de quelques mois pour s’organiser et trouver des alternatives. Dans l’immédiat, la communauté associative locale devra coordonner relogements et sauvegarde des outils et des projets développés au sein de Fabrico.
Les prochains jours devraient voir des contacts entre les associations hébergées, les collectivités locales et les partenaires potentiels afin d’évaluer des solutions temporaires ou pérennes pour préserver certaines activités essentielles au public valentinois.