Près de deux mois avant l'ouverture effective de la saison d'hiver, la machine du recrutement s'est mise en route à Grenoble. Mardi 14 septembre, le salon de l'emploi saisonnier organisé par France Travail réunissait à Alpexpo environ 450 candidats à la recherche d'un travail pour la saison et des employeurs venus proposer quelque 400 postes pour les stations de l'Oisans et de Belledonne.
Un salon plus tôt et plus tendu
Après plusieurs éditions organisées au World Trade Center, l'événement s'est tenu cette année dans le hall d'Alpexpo, attirant une affluence notable. Face à la raréfaction de la main-d'œuvre, de nombreux recruteurs anticipent et cherchent à « sécuriser » leur personnel le plus tôt possible, selon les organisateurs. Cette accélération du calendrier se traduit par des files d'attente importantes devant certains stands, notamment ceux des grands centres de vacances et des exploitants de remontées mécaniques.
« Nous avons de plus en plus d'employeurs qui nous disent recruter de plus en plus tôt »,
a expliqué Cyrielle Beunaiche, de France Travail à Échirolles. Ce constat reflète une tendance persistante : attirer et retenir des salariés dans des territoires de montagne demande désormais des réponses en amont.
Logement et conditions : des critères décisifs
Si l'offre d'emploi reste conséquente, les recruteurs font face à des exigences nouvelles de la part des candidats. Le logement apparaît comme un critère désormais acquis pour beaucoup de postulants. « C'était très important le logement et aujourd'hui c'est devenu un acquis », a résumé Julien Richard, du Comptoir du Villard, une épicerie multiservices à Villard‑Reculas, présent au salon et à la recherche de trois personnes pour la saison.
Plusieurs employeurs ont précisé qu'ils proposaient des solutions d'hébergement à prix raisonnable pour faciliter les embauches. D'autres efforts portent sur l'organisation du temps de travail : congés hebdomadaires groupés sur deux jours, horaires continus plutôt que fractionnés, afin d'améliorer l'attractivité des postes.
Quels postes et pour quels employeurs ?
Le spectre des offres va des emplois saisonniers classiques (restauration, hébergement, accueil) aux fonctions liées à l'exploitation des domaines skiables. Parmi les exposants figuraient des centrales de gestion de remontées mécaniques comme AEON (SATA Group), en charge des installations de l'Alpe d'Huez, des Deux Alpes et de La Grave.
| Chiffre | Détail |
|---|---|
| 450 | candidats présents |
| 400 | postes proposés |
Des employeurs contraints d'adapter leur offre
La concurrence pour la main-d'œuvre se lit dans la manière dont les employeurs adaptent leurs propositions : amélioration des conditions de travail, modulation des plannings et offres d'hébergement. Pour certains petits commerces et services en station, cette tendance pousse à proposer des avantages supplémentaires afin d'attirer des profils prêts à s'engager pour quelques mois.
- Dates : salon organisé mardi 14 septembre à Alpexpo Grenoble.
- Participants : environ 450 candidats, environ 400 postes proposés.
- Principaux enjeux : logement, rythmes de travail, anticipation du recrutement.
À l'échelle de l'Isère, où le tourisme de montagne représente une part importante de l'économie hivernale, la réussite de la saison dépend en grande partie de la capacité des employeurs à recruter et à loger des salariés temporaires. Les échanges observés à Alpexpo illustrent la mise en place — parfois laborieuse — de solutions locales pour répondre à une demande croissante.
Les acteurs du secteur comptent sur une communication précoce, des partenariats locaux pour l'hébergement et une meilleure coordination pour limiter les tensions sur le marché du travail saisonnier. Reste que, pour l'instant, la présence massive de candidats au salon montre que l'attractivité des emplois en montagne demeure réelle, à condition d'offrir des conditions adaptées aux contraintes du terrain.
La campagne de recrutement se poursuivra dans les prochaines semaines, avec des opérations locales dans les stations et des démarches individuelles auprès des employeurs. Pour les candidats déjà présents à Alpexpo, l'enjeu est de transformer ces rencontres en contrats avant que la saison n'impose un rythme plus soutenu.