Un conflit financier et institutionnel survient entre le club et la Métropole
Le FC Grenoble a annoncé jeudi 24 septembre avoir gelé les paiements qu’il verse à la Métropole pour l'utilisation du Stade des Alpes. La décision, prise par Gérard Mézin, président du conseil de surveillance, et engagée avec Patrick Goffi, président de la SASP du club, intervient la veille du derby du Vercors face à Valence-Romans et marque un durcissement notable d’un conflit qui dure depuis plusieurs années.
Les sommes concernées sont importantes : chaque club résident s’acquitte de 450 000 euros de location par saison. À ce montant s’ajoutent des factures annexes qui alourdissent la note annuelle : 26 000 euros pour le parking (facturation mise en place depuis deux ans), environ 25 000 euros pour le montage et le démontage des installations, et 110 000 euros au titre des frais de sécurité. Selon les dirigeants du FCG, ces sommes seront consignées chez un tiers indépendant jusqu’à l’ouverture d’un dialogue jugé indispensable.
- Motif avancé par le club : dégradation et manque de réponses sur la structure, la sécurité et les aménagements du stade.
- Procédure : convention de deux ans signée en 2025, constat d’état réalisé par huissier la veille de la reprise du championnat.
- Acte déclencheur récent : un courriel du 18 septembre interdisant l’accès au stade pour des opérations de mise en place.
Douze ans de cohabitation tendue
D’après le FCG, la signature d’une convention en 2025 s’est faite dans des conditions jugées contraintes et n’a pas permis d’améliorer la situation. Un état des lieux avait été établi par huissier à cette date, mais « depuis, rien n’a évolué et la situation se dégrade », affirme le club, qui dénonce des griefs non traités portant sur la structure, la sécurité et les aménagements. Le vice-président de la Métropole chargé du sport, Michel Vendra, a fait état de projets d’appels d’offres, sans plus de précisions transmises au club, selon les dirigeants grenoblois.
Les responsables du FC Grenoble assurent ne pas chercher à se soustraire à leurs obligations, mais veulent « protéger les intérêts du club » et « forcer un débat contradictoire » sur des conditions qu’ils jugent inacceptables après plus d’une décennie de cohabitation difficile avec un autre club résident. Les dirigeants soulignent que le Stade des Alpes est l’un des rares stades de haut niveau en France à accueillir deux clubs résidents, situation comparable seulement au Stade Jean‑Bouin à Paris.
« C’est un peu comme si nous jouions à l’extérieur tous les week-ends »,
a résumé Gérard Mézin, évoquant notamment l’impossibilité pour les nouveaux joueurs de visiter l’enceinte avant leur premier match et des aménagements réalisés par le club — comme la peinture des vestiaires cet été — restés insuffisants face aux autres problèmes.
Sommes consignées, conditions du règlement
Les dirigeants ont précisé que les montants estimés dus seraient gelés et sécurisés auprès d’un tiers neutre. Ces fonds seront rendus disponibles dès qu’un accord sera trouvé. L’objectif affiché est double : mettre un terme à une situation contractuelle qu’ils jugent défavorable et obtenir des engagements clairs de la Métropole sur les travaux et la gestion du stade.
| Poste | Montant annuel (approx.) |
|---|---|
| Loyer par club | 450 000 € |
| Parking | 26 000 € |
| Montage / démontage | ~ 25 000 € |
| Frais de sécurité | 110 000 € |
Ce bras de fer pose plusieurs questions pour la vie sportive grenobloise et pour la collectivité : quel impact sur l’organisation des matchs au Stade des Alpes si la situation perdure ? Comment la Métropole réagira‑t‑elle face à l’arrêt des versements et à la consignation des fonds ? Les retards ou l’absence d’investissements sur l’équipement peuvent également peser sur la sécurité et le confort des spectateurs et des équipes.
La Métropole, contactée, devra préciser sa position sur les appels d’offres évoqués et sur les mesures envisagées pour résoudre le différend. Du côté du club, le gel des paiements est présenté comme un ultime recours destiné à provoquer une discussion publique et contraignante sur la gestion du site, après une période qualifiée de « cohabitation tendue » par les dirigeants.
À Grenoble, où le rugby occupe une place notable dans la vie locale et l’attractivité sportive, la suite du conflit intéressera autant les supporters que les acteurs politiques et économiques. Les prochains jours seront déterminants : soit un dialogue s’instaure et débouche sur des engagements précis, soit la situation s’enlise et pose des difficultés concrètes pour la tenue et la préparation des rencontres.