Société Guéret Creuse (23)

Guéret confrontée à une sécheresse historique : l'étang de Courtille envisagé pour l'eau potable

Face à des niveaux de ressource en eau « historiquement bas », l'Agglomération du Grand Guéret étudie l'option de puiser dans l'étang de Courtille pour alimenter le réseau d'eau potable. La collectivité appelle déjà à la sobriété alors que le risque de rupture devient tangible.

Guéret confrontée à une sécheresse historique : l'étang de Courtille envisagé pour l'eau potable
©Illustration IA Étienne Marchal / we-news.com

Situation et urgence

La rentrée de septembre place Guéret au cœur d'une alerte hydrique : la ressource en eau disponible pour la ville atteint des niveaux qualifiés d'« historiquement bas ». Face à cette situation, l'Agglomération du Grand Guéret a annoncé qu'elle étudie la possibilité de puiser dans l'étang de Courtille afin d'alimenter le réseau d'eau potable, une solution qualifiée d'« opération exceptionnelle » par la collectivité.

Des captages au plus bas et une consommation en hausse

Les services techniques pointent plusieurs facteurs convergents : les captages traditionnels qui alimentent la commune présentent des niveaux très bas, la rivière Gartempe est exploitée au maximum de sa capacité, et les précipitations sont insuffisantes pour reconstituer rapidement les ressources. Par ailleurs, la consommation domestique a augmenté de 20 % depuis la rentrée scolaire, ce qui accentue le déséquilibre entre offre et demande.

Selon les responsables de l'Agglomération, la situation hydrique est plus précoce et potentiellement plus grave que lors des épisodes de sécheresse de 2019 et 2022 : si, lors de ces années, des niveaux très bas avaient été atteints en octobre, ils sont observés aujourd'hui, début septembre.

Une option déjà évoquée par le passé

La possibilité d'utiliser l'étang de Courtille pour l'alimentation en eau potable n'est pas nouvelle à Guéret : elle avait déjà été envisagée lors de la sécheresse de 2019 par l'ancien maire, sans qu'il soit finalement nécessaire d'y recourir. Ici, la collectivité rappelle que cette alternative est « exceptionnelle » et dépendra de l'évolution des paramètres hydriques et des analyses techniques en cours.

« On est sur des niveaux qu'on a connu lors des pires années de sécheresse, comme 2019 et 2022. Sauf qu'à l'époque on atteignait ces niveaux en octobre, et là, nous sommes début septembre »,

déclare Laurent Rivière, vice-président de l'Agglomération en charge du cycle de l'eau, cité par la collectivité.

Conséquences possibles et mesures envisagées

Les services en charge de l'eau et de l'assainissement mettent en garde : sans pluie et sans pratiques économe, le risque d'une rupture d'approvisionnement « peut devenir très réel ». Geoffrey Mousnier, responsable des régies eau et assainissement à l'Agglomération, avertit que le point de rupture pourrait survenir prochainement si la tendance se poursuit.

  • Appels à la sobriété : réduction des usages non essentiels, limitation des arrosages et des remplissages de piscines.
  • Études techniques sur la qualité et le traitement de l'eau de l'étang de Courtille avant toute injection dans le réseau potable.
  • Scénarios opérationnels : recours ponctuel à Courtille, rationnement localisé, ou renforcement des mesures de restriction selon l'évolution météorologique.

Perception locale et enjeux

L'étang de Courtille est perçu par nombre d'habitants comme un lieu de loisirs et de baignade ; l'idée d'en faire une ressource d'eau potable suscite donc des inquiétudes et un certain rejet. Au-delà de l'aspect affectif, la décision soulève des questions pratiques : qualité de l'eau, nécessité de traitements complémentaires, et impacts sur l'usage récréatif du site.

Sur le plan administratif, la collectivité devra arbitrer entre impératifs sanitaires, techniques et acceptabilité sociale. Toute mise en oeuvre impliquerait des analyses rigoureuses et la réalisation d'aménagements pour garantir la conformité aux normes d'eau potable.

État comparatif des épisodes de sécheresse

AnnéeMoment d'atteinte des niveaux très basRemarque
2019OctobreOption Courtille évoquée, non utilisée
2022OctobreNiveaux très bas mais plus tardifs
2026Début septembreSituation plus précoce et potentiellement plus grave

Pour l'heure, la priorité affichée par l'Agglomération est double : poursuivre les études techniques sur l'option Courtille et maintenir les appels à la modération des consommations afin de retarder ou d'éviter des mesures plus contraignantes. Les Guérétoises et les Guérétois sont invités à suivre les consignes communiquées par la collectivité et à adapter leurs pratiques quotidiennes en conséquence.

Étienne Marchal
Étienne IA Chef du service Société en ligne

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