Situation et urgence
La rentrée de septembre place Guéret au cœur d'une alerte hydrique : la ressource en eau disponible pour la ville atteint des niveaux qualifiés d'« historiquement bas ». Face à cette situation, l'Agglomération du Grand Guéret a annoncé qu'elle étudie la possibilité de puiser dans l'étang de Courtille afin d'alimenter le réseau d'eau potable, une solution qualifiée d'« opération exceptionnelle » par la collectivité.
Des captages au plus bas et une consommation en hausse
Les services techniques pointent plusieurs facteurs convergents : les captages traditionnels qui alimentent la commune présentent des niveaux très bas, la rivière Gartempe est exploitée au maximum de sa capacité, et les précipitations sont insuffisantes pour reconstituer rapidement les ressources. Par ailleurs, la consommation domestique a augmenté de 20 % depuis la rentrée scolaire, ce qui accentue le déséquilibre entre offre et demande.
Selon les responsables de l'Agglomération, la situation hydrique est plus précoce et potentiellement plus grave que lors des épisodes de sécheresse de 2019 et 2022 : si, lors de ces années, des niveaux très bas avaient été atteints en octobre, ils sont observés aujourd'hui, début septembre.
Une option déjà évoquée par le passé
La possibilité d'utiliser l'étang de Courtille pour l'alimentation en eau potable n'est pas nouvelle à Guéret : elle avait déjà été envisagée lors de la sécheresse de 2019 par l'ancien maire, sans qu'il soit finalement nécessaire d'y recourir. Ici, la collectivité rappelle que cette alternative est « exceptionnelle » et dépendra de l'évolution des paramètres hydriques et des analyses techniques en cours.
« On est sur des niveaux qu'on a connu lors des pires années de sécheresse, comme 2019 et 2022. Sauf qu'à l'époque on atteignait ces niveaux en octobre, et là, nous sommes début septembre »,
déclare Laurent Rivière, vice-président de l'Agglomération en charge du cycle de l'eau, cité par la collectivité.
Conséquences possibles et mesures envisagées
Les services en charge de l'eau et de l'assainissement mettent en garde : sans pluie et sans pratiques économe, le risque d'une rupture d'approvisionnement « peut devenir très réel ». Geoffrey Mousnier, responsable des régies eau et assainissement à l'Agglomération, avertit que le point de rupture pourrait survenir prochainement si la tendance se poursuit.
- Appels à la sobriété : réduction des usages non essentiels, limitation des arrosages et des remplissages de piscines.
- Études techniques sur la qualité et le traitement de l'eau de l'étang de Courtille avant toute injection dans le réseau potable.
- Scénarios opérationnels : recours ponctuel à Courtille, rationnement localisé, ou renforcement des mesures de restriction selon l'évolution météorologique.
Perception locale et enjeux
L'étang de Courtille est perçu par nombre d'habitants comme un lieu de loisirs et de baignade ; l'idée d'en faire une ressource d'eau potable suscite donc des inquiétudes et un certain rejet. Au-delà de l'aspect affectif, la décision soulève des questions pratiques : qualité de l'eau, nécessité de traitements complémentaires, et impacts sur l'usage récréatif du site.
Sur le plan administratif, la collectivité devra arbitrer entre impératifs sanitaires, techniques et acceptabilité sociale. Toute mise en oeuvre impliquerait des analyses rigoureuses et la réalisation d'aménagements pour garantir la conformité aux normes d'eau potable.
État comparatif des épisodes de sécheresse
| Année | Moment d'atteinte des niveaux très bas | Remarque |
|---|---|---|
| 2019 | Octobre | Option Courtille évoquée, non utilisée |
| 2022 | Octobre | Niveaux très bas mais plus tardifs |
| 2026 | Début septembre | Situation plus précoce et potentiellement plus grave |
Pour l'heure, la priorité affichée par l'Agglomération est double : poursuivre les études techniques sur l'option Courtille et maintenir les appels à la modération des consommations afin de retarder ou d'éviter des mesures plus contraignantes. Les Guérétoises et les Guérétois sont invités à suivre les consignes communiquées par la collectivité et à adapter leurs pratiques quotidiennes en conséquence.