La langue créole martiniquaise dispose désormais d’un nouvel outil institutionnel. Le Groupement d’intérêts publics (GIP) « Kay Lang Kreyol La » a été officiellement créé par la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) et la Ville de Fort-de-France à l’occasion de la signature d’une convention, le jeudi 10 septembre à l’hôtel de la CTM.
Une structure pour fédérer et légitimer
Selon le communiqué présentant le lancement, le GIP a vocation à fédérer les acteurs locaux — associations, institutions, acteurs culturels et éducatifs — autour d’un programme commun visant la sauvegarde, la transmission et le développement du créole martiniquais. L’objectif affiché est d’apporter une légitimité institutionnelle aux initiatives déjà existantes et de faciliter les échanges avec l’État et les partenaires de la Caraïbe.
« Il n'y avait pas d'outil institutionnel qui rassemble les gens et qui donne une certaine légitimité. Lorsque les gens sont ensemble et qu'il y a une ‘fédération’, notamment comme dans le sport, nous sommes toujours plus forts. Et puis là, c'est la collectivité qui parle », a expliqué Michelle Monrose, présidente de la commission culture, art et patrimoine de la CTM.
Des domaines d’action multiples
Le GIP entend intervenir sur plusieurs fronts pour renforcer la place du créole dans la société martiniquaise. Parmi les axes énoncés figurent :
- l'enseignement : structuration d'initiatives pédagogiques et soutien aux pratiques scolaires et extrascolaires ;
- la recherche : appui aux travaux linguistiques et encyclopédiques relatifs au créole ;
- la création culturelle : soutien aux artistes et aux projets valorisant la langue ;
- la coopération caribéenne : mise en réseau avec les acteurs régionaux pour des échanges et des partenariats ;
- les outils numériques : développement de ressources et de plateformes pour la diffusion et l’apprentissage.
La présentation officielle a insisté sur la dimension collective du projet : la CTM et la Ville de Fort-de-France se positionnent comme membres fondateurs afin de donner une assise administrative et financière au GIP.
Consultation et continuité des initiatives
Les responsables du lancement ont souligné que des actions existaient déjà sur le terrain, notamment auprès des jeunes. La CTM a indiqué que les enfants avaient été sollicités à chaque étape de la réflexion menant à la création du GIP, traduisant une volonté d’associer les publics concernés aux orientations futures.
La nouvelle structure doit permettre de capitaliser les initiatives locales et de les inscrire dans une stratégie cohérente, en évitant la dispersion des efforts et en affinant les priorités d’intervention.
Conséquences locales et perspectives
Pour Fort-de-France, siège de la convention et partenaire fondateur, le GIP représente un outil susceptible de renforcer l’offre culturelle et éducative liée à la langue. Il pourrait faciliter l’accès à des financements, structurer des offres de formation et multiplier les projets collectifs avec d’autres communes et organisations régionales.
| Acteurs fondateurs | Objectifs principaux |
|---|---|
| CTM et Ville de Fort-de-France | Sauvegarde, transmission et développement du créole |
Les modalités précises de gouvernance du GIP, son budget initial et le calendrier des premières actions opérationnelles n’ont pas été détaillés dans le communiqué. Les prochains mois devraient permettre de préciser ces éléments et d’annoncer les premiers projets concrets portés par « Kay Lang Kreyol La ».