Un programme inscrit au budget : 1,27 million d’euros
Le conseil municipal de Foix s’est prononcé samedi 19 septembre sur la mise en place d’un dispositif de vidéoprotection. Adoptée après plus de deux heures de débats, la délibération prévoit une autorisation de programme de 1 270 000 € et un crédit de paiement pour 2026 de 330 000 €, a détaillé l’adjointe aux finances, à l’administration générale et à la commande publique, Carole Ghirardi. Le chiffrage intègre, selon la commune, les travaux de réseaux et de voirie, les accords avec l’architecte des Bâtiments de France et l’achat des premières caméras.
| Poste | Montant (€) |
|---|---|
| Autorisation de programme | 1 270 000 |
| Crédit de paiement pour 2026 | 330 000 |
Promesse de campagne et logique de continuité
Pour le maire Jérôme Matéos, la vidéoprotection s’inscrit dans la continuité des engagements sécuritaires pris depuis le début du mandat : après l’augmentation des effectifs de la police municipale et l’armement de celle-ci, il s’agit, selon lui, de la « troisième promesse de campagne consacrée à la sécurité » à mener à son terme. Lors du débat, il a affirmé :
« Nous y sommes. Ce n’est pas une surprise, je l’ai dit, je le fais. Je vais rester droit dans mes bottes concernant mon programme. »
Une opposition sceptique sur l’efficacité et le coût
La décision n’a pas fait l’unanimité. L’opposition, notamment Alexandre Besson (groupe Foix en commun.e), a contesté l’utilité de la vidéoprotection pour réduire la délinquance et pour l’enquête judiciaire. Il a invoqué des travaux et rapports, en citant « l’étude commandée par la gendarmerie » concluant, selon lui, que la vidéoprotection « ne bénéficie pas à l’enquête judiciaire », ainsi que des observations de la Cour des comptes selon lesquelles « aucune corrélation globale n’a été révélée entre l’existence de dispositifs de vidéoprotection et le niveau de la délinquance ».
Points d’attention : coûts, efficacité, conformité
Plusieurs enjeux pratiques et institutionnels émergent du dossier voté :
- Le volet financier : le budget prévu couvre à la fois les équipements et les travaux d’infrastructure, mais l’échelonnement des dépenses au‑delà de 2026 n’a pas été précisé en détail lors du conseil.
- L’efficacité opérationnelle : l’opposition a demandé des garanties sur la manière dont les caméras contribueront aux enquêtes et à la prévention, en rappelant des conclusions de rapports nationaux qui invitent à la prudence.
- Les aspects réglementaires et patrimoniaux : l’intervention de l’architecte des Bâtiments de France est prévue, signe que la ville anticipe des contraintes liées au centre historique et au cadre bâti.
Une ville divisée
Le dossier a aussi alimenté les discussions parmi les habitants de Foix, où la question de la sécurité est un enjeu sensible. Selon les échanges rapportés en conseil municipal et les réactions locales, le dispositif divise : certains bénévoles et commerçants attendent une amélioration de la tranquillité publique, d’autres craignent pour les libertés ou jugent l’investissement trop élevé au regard des bénéfices attendus.
Quelles suites ?
Avec l’adoption de l’autorisation de programme, la municipalité peut désormais engager les étapes suivantes : consultations pour le choix des matériels, coordination avec les services techniques pour les travaux de réseaux et demandes d’agrément auprès des autorités compétentes. Le calendrier précis de déploiement n’a pas été rendu public lors du conseil. Le débat politique local est, lui, appelé à se poursuivre, entre la volonté d’appliquer un programme de campagne et les interrogations sur son rapport coût‑efficacité.
Au terme de la séance, le camp majoritaire a fait valoir la cohérence d’ensemble de sa politique de sécurité. L’opposition, pour sa part, a souligné l’importance d’évaluer finement l’impact de tels dispositifs avant d’engager des dépenses significatives.