Des élus de trois villes moyennes inquiets pour les services de proximité
Les maires de Mont-de-Marsan, d’Agen et d’Auch se sont réunis vendredi 23 octobre à Auch pour dénoncer les baisses de dotations envisagées par l’État et réclamer une attention particulière pour les villes moyennes. Selon eux, ces ponctions menacent à la fois le fonctionnement courant des communes et leur capacité à investir pour l’avenir.
« Faites des économies mais pas sur le dos des collectivités », a résumé le maire d’Agen, Laurent Bruneau, citant l’ordre de priorité des édiles réunis. Les trois élus soulignent que leurs communes n’ont pas les mêmes ressources que les grandes métropoles comme Toulouse ou Bordeaux, tout en jouant un rôle central dans leurs bassins de vie.
« Nous ne sommes ni Toulouse, ni Bordeaux, nous ne sommes pas des métropoles. Les villes moyennes disposent de ressources plus limitées, mais jouent un rôle essentiel dans leurs bassins de vie. »
Des pertes chiffrées et des transferts de responsabilités
Le maire d’Auch, Camille Bonne, avance une estimation de la ponction annoncée : elle pourrait alourdir la facture de 800 000 à 900 000 euros pour sa commune. Pour Mont-de-Marsan, Frédéric Dutin évoque un ordre de grandeur comparable, sans préciser de montant exact, insistant sur l’effet combiné de la baisse des dotations et du transfert de missions.
Ces transferts portent notamment sur des compétences régaliennes et des services de santé. Face à des effectifs de la police nationale contraints, « notamment la nuit », la ville de Mont-de-Marsan prévoit d’embaucher deux policiers municipaux supplémentaires, une dépense qui, selon le maire, viendra grever le budget communal alors que l’État recentralise ou réduit ses versements.
Dans le domaine sanitaire, les élus pointent la création par les communes de structures pour pallier la faiblesse de l’offre hospitalière : centres de santé municipaux nécessitant de salarier des médecins. Laurent Bruneau déplore la contradiction de cette situation : « On va salarier des médecins et en même temps l’État vient dire : on va vous en prendre ou on va vous en donner moins. Ce n’est pas possible. »
Deux options budgétaires lourdes de conséquences
Pour ces maires nouvellement élus depuis mars 2026 — Frédéric Dutin (Mont-de-Marsan), Camille Bonne (Auch) et Laurent Bruneau (Agen) — l’équation est simple et préoccupante : la contrainte budgétaire laisse le choix entre réduire les investissements ou rogner sur le fonctionnement. Ils mettent en garde contre le risque d’affaiblissement des services publics de proximité si l’investissement est touché.
- Maintien des services publics locaux menacé si les dotations diminuent.
- Transferts de charges (sécurité, santé) vers les budgets municipaux.
- Risque de baisse des commandes publiques et d’arrêt de projets d’investissement.
« Toucher à l’investissement, ça veut dire que vous ne faites pas progresser votre ville », a affirmé Frédéric Dutin, rappelant que la réduction des dépenses d’investissement se traduira par un moindre dynamisme pour les territoires concernés.
Tableau : premières estimations des effets pour les communes
| Commune | Estimation / situation évoquée |
|---|---|
| Auch | 800 000 à 900 000 € de ponctions potentielles |
| Mont-de-Marsan | « Ordre de grandeur comparable » (montant non précisé) |
| Agen | Position de principe et avertissement sur l’impact local |
Les maires plaident pour que la voix des villes moyennes soit entendue dans les arbitrages budgétaires nationaux. Ils rappellent leur rôle dans la cohésion territoriale et le maintien de services essentiels pour les habitants des bassins de vie, et appellent à des solutions qui n’augmentent pas la facture locale.
La réunion d’Auch esquisse une ligne de front politique entre l’État et les collectivités de taille moyenne : ces dernières veulent contester des coupes qu’elles jugent disproportionnées et potentiellement dommageables pour la vie quotidienne et l’attractivité de leurs territoires.
Dans les semaines à venir, les élus comptent poursuivre leur action commune afin d’obtenir des garanties sur la compensation des charges transférées et sur la préservation des capacités d’investissement des communes.