Le tribunal judiciaire de Mont‑de‑Marsan a condamné à sept ans de prison ferme le trentenaire qui, dans la nuit du 17 au 18 avril 2024, a ouvert le feu à l'extérieur du Bara Club, boîte de nuit située à Mimizan Plage. Les tirs n'avaient pas fait de victimes, mais avaient fortement choqué les témoins et entraîné une enquête puis un procès tenu ce mardi 15 septembre.
Les faits reconstitués
Peu après 3 h du matin, un client alcoolisé, vêtu d'un jogging, se voit refuser l'entrée du club par l'agent de sécurité. La scène, filmée intégralement par une caméra de vidéosurveillance et projetée au cours de l'audience, montre le refus initial puis une deuxième tentative d'entrée rejetée. Selon les images, le prévenu quitte les lieux puis revient peu après.
Face à la porte vitrée du club, le trentenaire — déjà plusieurs fois condamné par le passé — multiplie des gestes pour convaincre le propriétaire et le videur de le laisser entrer. Les enregistrements le montrent sortir un objet de sa taille à plusieurs reprises : il s'agit d'un revolver. Après avoir rangé puis sorti l'arme à plusieurs reprises, il effectue un tir qui n'atteint ni le patron ni le videur.
« Il parlait fort, je l’ai entendu dire : ‘Ramène le pistolet’ », a assuré le videur à la barre.
Se défendant, Me Castex, un des conseils du prévenu, a estimé que celui‑ci « faisait le beau ». Le principal mis en cause a reconnu un tir volontaire mais a affirmé qu'il voulait « faire peur ».
Les protagonistes et leur statut
Quatre personnes comparaissaient dans ce dossier :
- le prévenu principal, âgé de 37 ans, détenu provisoirement à la maison d'arrêt de Pémégnan depuis plus d'un an ;
- trois complices présumés, pauvresment âgés de 22, 24 et 27 ans, placés sous contrôle judiciaire.
Le trentenaire est décrit au procès comme multi‑tatoué et comme ayant été précédemment condamné à neuf reprises, dont cinq condamnations liées à des violences avec arme. Sa réputation d'avoir des liens avec l'ultra‑droite a été évoquée dans l'audience mais sans incidence directe sur la qualification des faits présentés au tribunal.
Les audiences et les éléments filmés
La vidéosurveillance a joué un rôle central dans l'instruction et à l'audience : elle a permis de reconstituer la chronologie des événements — le refus à l'entrée, les allers‑retours du prévenu, l'arrivée d'une voiture, puis l'extraction et l'utilisation répétée du revolver.
Le propriétaire a dit avoir eu « le sentiment de menace » lorsque la voiture s'est approchée, l'amenant à regagner l'intérieur du club avec son videur. Après le tir, la terrasse du club s'était déjà vidée, a précisé un témoin.
Réactions de la défense et du ministère public
La défense a tenté de minimiser l'intention meurtrière, plaidant pour un acte destiné à intimider. L'avocat de la victime et le procureur ont, quant à eux, souligné la dangerosité d'un tir en direction de personnes, même sans blessures, et la récidive du prévenu en matière de violences armées.
Conséquences et contexte local
Si aucune blessure n'est à déplorer, l'affaire a suscité des interrogations sur la sécurité nocturne à Mimizan Plage, station qui attire de nombreux vacanciers. Les gestionnaires d'établissements de nuit rappellent régulièrement la nécessité de règles strictes d'accès et de la présence d'agents de sécurité formés pour prévenir les débordements.
Faits à retenir
| Élément | Information |
|---|---|
| Date des faits | 17‑18 avril 2024 (vers 3 h) |
| Lieu | Bara Club, Mimizan Plage |
| Condamnation | 7 ans de prison ferme (prévenu principal) |
| Victimes | Propriétaire et videur : blessés ? Non |
L'affaire souligne la gravité des actes impliquant une arme à feu, même en l'absence de victimes physiques, et l'impact durable de tels événements sur la perception de la sécurité des lieux festifs dans les Landes.