La cour criminelle départementale du Haut‑Rhin a rendu, vendredi 16 octobre, un arrêt condamnant à 18 ans de réclusion un homme originaire de la région colmarienne, reconnu coupable de viols et d’agressions sexuelles à caractère incestueux sur plusieurs mineures.
Des faits étalés sur plusieurs décennies
Les faits qui ont entraîné ce procès ont été commis à des périodes différentes et sur plusieurs lieux. Selon l’information judiciaire, certains actes ont eu lieu en Allemagne, et la majorité au domicile familial. La famille a notamment résidé à Colmar, puis à Petite‑Rosselle (Moselle) entre 1995 et 2001, avant de vivre à Wintzenheim‑Logelbach.
Le prévenu, identifié par la presse comme Gustave Wingert, aujourd’hui âgé de 72 ans, a été jugé pendant trois jours. Malgré ses dénégations, la cour l’a reconnu coupable d’avoir, entre 1994 et 2002, violé et agressé sexuellement deux des filles de sa dernière compagne. Les premières victimes avaient, selon l’arrêt, des âges compris entre 5 et 16 ans pour l’une, et entre 8 et 10 ans pour l’autre, au moment des faits reprochés.
Prescription partielle et antécédents
Le dossier présente une chronologie complexe. Les révélations sont intervenues en 2022, lorsqu’une des victimes a déposé plainte pour des faits subis pendant l’enfance et l’adolescence. À l’issue de l’information judiciaire, la magistrature a estimé que les infractions étaient caractérisées pour cinq victimes, mais que des faits concernant trois d’entre elles étaient prescrits.
Dans le jugement, la cour a toutefois reconnu un antécédent isolé évoqué dans l’instruction : l’unique fait que le prévenu a admis relève d’un viol commis en 1979 sur sa fille aînée, alors âgée de cinq ans. Ce fait, qui remonte à plusieurs décennies, avait déjà été porté à la connaissance de l’instruction.
« Jamais condamné par le passé »
Le condamné, qui n’était jusqu’ici pas connu de la justice pour des faits similaires, a été inscrit au fichier national des auteurs d’infractions sexuelles à l’issue de la procédure. L’avocate générale du ressort, Aline Leroux, avait requis 20 ans de réclusion contre lui.
Conséquences judiciaires et points saillants du dossier
Le jugement souligne plusieurs éléments juridiques et procéduraux à retenir :
- Les faits ont été commis sur une période longue et sur plusieurs lieux (Allemagne et domiciles familiaux).
- Des plaintes tardives ont entraîné une instruction complexe, avec des questions de prescription pour certains actes.
- La peine prononcée s’élève à 18 ans de réclusion criminelle, inférieure à la réquisition de l’avocate générale.
| Élément | Information |
|---|---|
| Prévenu | Gustave Wingert, 72 ans |
| Période des faits reconnus | 1994–2002 (pour les deux victimes citées) |
| Peine | 18 ans de réclusion |
| Réquisition | 20 ans de réclusion (avocate générale Aline Leroux) |
La procédure a également mis en lumière la difficulté récurrente des affaires d’abus sexuels intrafamiliaux : le délai entre les faits et les plaintes, qui entraîne des problèmes de prescription, et la mise en relation des faits avec des périodes et des lieux variés. Ici, la plainte initiale est intervenue en 2022, déclenchant une instruction qui a porté des accusations concernant plusieurs victimes.
Ce dossier, suivi par les autorités judiciaires du Haut‑Rhin, illustre l’attention portée désormais aux plaintes tardives dans les affaires d’agressions et de viols intrafamiliaux, tout en soulignant les limites imposées par la loi en matière de prescription. La condamnation prononcée vendredi marque une étape importante pour les victimes, mais met aussi en exergue les défis procéduraux auxquels sont confrontées les juridictions lorsqu’elles examinent des faits anciens.