Un centre divisé en piste pour les sénatoriales
Patrick Striby, conseiller communautaire de Saint‑Louis (Haut‑Rhin) et élu de sensibilité centriste, a officialisé dimanche sa candidature aux élections sénatoriales du 27 septembre. Dans une courte vidéo publiée sur Facebook, M. Striby a annoncé son intention de conduire une liste qu’il décrit comme « de large rassemblement » et de porter trois priorités au Palais du Luxembourg : la santé, la lutte contre la bureaucratie et la sortie de l’Alsace du Grand Est.
Cette annonce confirme un teasing mené depuis plusieurs mois en ligne et relance la concurrence au centre dans le département, où plusieurs autres listes de même famille politique sont déjà annoncées ou pressenties.
Trois priorités affichées
Sans présenter pour l’heure ses colistiers, Patrick Striby a résumé l’axe de campagne qu’il entend tenir en cas d’élection : faire des parlementaires « de la simplification, avant d’être des législateurs ». Les trois thèmes présentés constituent à la fois des messages de campagne et des marqueurs pour séduire un électorat centriste sensible aux questions de gestion publique et d’identité régionale.
« La santé, la lutte contre la bureaucratie et la sortie de l’Alsace du Grand Est. »
Ces priorités soulignent une volonté de mettre au premier plan des enjeux concrets de proximité (la santé) et de gouvernance (bureaucratie), tout en surfant sur un clivage institutionnel important en Alsace : la question de la place de la région dans la structure du Grand Est.
Un paysage politique local encombré
La décision de M. Striby complexifie singulièrement le jeu au centre. Au moins trois autres listes centriste sont mentionnées pour le Haut‑Rhin :
- la liste menée par Benjamin Huin‑Moralès (Renaissance), soutenue par la sénatrice sortante Patricia Schillinger et sur laquelle figure la députée Brigitte Klinkert en 6e position ;
- la liste du sénateur sortant (Union centriste) Ludovic Haye ;
- une liste attendue et encore officieuse conduite par Christian Debève, conseiller régional du Grand Est et président de l’UDI Alsace.
À ces candidatures s’ajoutent par ailleurs plusieurs listes venant d’autres familles politiques, portant à au moins huit le nombre de listes susceptibles d’être présentes dans le département :
| Orientation | Chef de file |
|---|---|
| Les Républicains (LR) | Christian Klinger (sortant) |
| Union de la gauche (PS/Place publique/Les Écologistes) | Antoine Homé (ancien maire PS de Wittenheim) |
| La France Insoumise (LFI) | Florence Claudepierre (prévue) |
| Rassemblement National (RN) | Christian Zimmermann |
Enjeux et calculs
La multiplication des listes centristes fragmente l’électorat modéré et complique les alliances, en particulier dans un scrutin sénatorial où le poids des grands électeurs (conseillers municipaux, départementaux, etc.) rend cruciale la capacité à rassembler au second degré. La présence simultanée de plusieurs listes de même sensibilité peut réduire les chances d’une représentation forte et unifiée du centre au Sénat.
Pour Patrick Striby, la mise en avant d’un programme centré sur la simplification administrative et la santé vise à capter les élus locaux préoccupés par la gestion quotidienne et par l’accès aux soins, thèmes déjà fortement présents dans le débat public depuis plusieurs années.
Calendrier et perspectives
La campagne se déroulera dans les prochaines semaines, jusqu’au scrutin sénatorial du 27 septembre. D’ici là, la composition des listes, les éventuels accords et les soutiens officiels pourraient évoluer. Plusieurs noms et configurations restent ainsi en suspens, notamment pour la liste centriste officieuse de Christian Debève et pour la finalisation des autres candidatures.
Sur le terrain, l’enjeu pour chaque liste sera de convaincre non seulement l’électorat d’appoint mais, surtout, le réseau des élus locaux dont dépend l’élection sénatoriale. La fragmentation annoncée pose d’ores et déjà la question de la capacité du centre alsacien à se rassembler avant l’automne.
Patrick Striby, élu et acteur local à Saint‑Louis, est dès maintenant engagé dans une course où la stratégie d’alliance et la lisibilité programmatique seront déterminantes pour espérer un siège au Palais du Luxembourg.