Un projet agrivoltaïque porté par l’entreprise Photosol sur 61 hectares de terres agricoles à Quettreville‑sur‑Sienne (Manche) provoque des tensions locales. Jeudi 20 août, le collectif Les Soulèvements de la Terre du Sud‑Manche a mené une action visible pour manifester son opposition au projet, suscitant un débat entre défenseurs du développement des énergies renouvelables et opposants soucieux de la préservation des terres agricoles.
Le principe annoncé : panneaux en hauteur, pâturage maintenu
Selon les éléments transmis par l’entreprise promotrice, les panneaux solaires seraient installés sur des structures surélevées (« panneaux sur pieds »), au‑dessus de prairies destinées au pâturage et à la fauche. L’argument avancé est que le cheptel pourrait continuer à pâturer sous ces structures, conciliant production d’électricité et agriculture.
La mairie de la commune aurait, d’après les informations disponibles, apporté un soutien à l’initiative, considérée comme un moyen de produire de l’énergie renouvelable et de dynamiser une filière locale. Le dossier est toutefois loin d’être clos : plusieurs étapes administratives et techniques restent à franchir avant toute réalisation effective.
Une mobilisation locale
Le collectif Les Soulèvements de la Terre du Sud‑Manche a organisé une action jeudi 20 août pour exprimer son opposition. Les modalités précises de l’intervention n’ont pas été détaillées dans l’ensemble des comptes rendus publics consultés, mais une banderole et un message clairement hostiles au projet ont été signalés.
Le mouvement, qui s’inscrit dans une mouvance nationale critique envers certains projets d’installations photovoltaïques sur terres agricoles, soulève plusieurs objections récurrentes : consommation de terres arables, impact paysager, risques pour la biodiversité et modèle de transition énergétique jugé incompatible avec la préservation des pratiques agricoles locales.
- Localisation : Quettreville‑sur‑Sienne (Centre‑Manche).
- Surface concernée : 61 hectares de prairies.
- Porté par : la société Photosol.
- Opposants : collectif Les Soulèvements de la Terre du Sud‑Manche.
Les questions techniques et réglementaires
Le caractère agrivoltaïque du projet — juxtaposition de production photovoltaïque et d’activités agricoles — pose des questions techniques : hauteur et disposition des structures, type de panneaux, compatibilité avec le pâturage des bovins, entretien des parcelles, gestion des ombrages, et sécurité. Ces éléments devront être précisés dans les études d’impact et les dossiers soumis aux services instructeurs.
Sur le plan administratif, un projet de cette ampleur implique plusieurs étapes : enquêtes publiques éventuelles, consultations des collectivités et des services de l’État, études d’impact environnemental et, selon les cas, autorisations d’exploiter. Les opposants peuvent s’appuyer sur ces procédures pour demander des compléments d’information ou contester le projet.
| Étapes prévues | Objets à clarifier |
|---|---|
| Études d’impact | Conséquences sur la biodiversité, la qualité des sols, gestion des eaux |
| Consultations locales | Concertation avec agriculteurs, riverains, élus |
| Autorisation administrative | Conformité au PLU, respect des prescriptions environnementales |
Enjeux pour l’agriculture et le territoire
Pour certains élus et promoteurs, l’agrivoltaïsme représente une piste pour concilier transition énergétique et maintien de l’activité agricole, en diversifiant les revenus des exploitations et en limitant l’artificialisation des sols par rapport à des centrales au sol classiques. Pour d’autres, la pose d’installations sur des prairies productives pose la question de l’équilibre entre production d’énergie et préservation des capacités de production alimentaire et pastorale.
Dans le contexte rural du Centre‑Manche, où l’élevage est une composante importante de l’économie locale, la perception du projet dépendra en grande partie de la manière dont les porteurs de projet répondront aux interrogations des agriculteurs et des riverains, et des garanties fournies sur le maintien des pratiques pastorales et la protection de l’environnement.
Ce qui va suivre
Le dossier annoncé doit encore franchir plusieurs étapes d’instruction avant qu’un calendrier de travaux puisse être envisagé. Les opposants ont déjà fait savoir leur intention de rester vigilants et de recourir, si nécessaire, aux voies de recours prévues par la loi. La concertation locale et la transparence des études techniques seront déterminantes pour la suite du projet.
Sur le terrain, agriculteurs, élus et riverains attendent désormais des précisions sur les modalités concrètes du projet et sur les garanties accordées en matière d’environnement et de maintien des activités agricoles.