Près de 150 personnes se sont rassemblées aux abords de la salle Perchot, à Digne‑les‑Bains, pour une rencontre organisée par la FSU 04, Solidaires 04 et l’UD CGT 04. Présentée comme une fête politique, culturelle et populaire, l’initiative, montrée comme inédite dans le département, visait à alerter sur la progression de l’extrême droite et à appeler à l’unité des forces syndicales et citoyennes à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
Une initiative préparée « depuis environ deux ans »
Selon les organisateurs, l’événement, préparé depuis « environ deux ans », s’adressait à un public large, au‑delà des seuls militants. Des jeunes, des adultes et des personnes plus âgées ont participé aux échanges, sous l’ombre des arbres autour de la salle. Plusieurs pancartes présentées sur place affichaient des slogans tels que « Non à l’État répressif » ou « Contre les violences d’État et le génocide à Gaza », qui ont donné le ton des discussions et des prises de parole.
Un appel à « s’unir » face à l’extrême droite
Pour la représentante de Solidaires 04, citée lors de la rencontre, il est désormais « plus que jamais utile de s’unir », formule qui résume l’objectif recherché par les trois organisations. L’UD CGT 04, représentée par Sylvain Moretti, a adopté un ton plus alarmiste :
« L’extrême droite n’a jamais été aussi haute dans le pays. Quelquefois, on disait qu’il était minuit moins le quart. Là, il est certainement minuit passé. »
Les syndicats ont expliqué vouloir, par ce rassemblement, non seulement alerter sur la progression de l’extrême droite, mais aussi travailler à la construction d’un « projet de transformation et de progrès social », destiné à proposer une alternative politique et sociale aux électeurs.
Une volonté d’écarter la mobilisation des seuls militants
Les organisateurs ont voulu que la manifestation ne soit pas un simple rendez‑vous interne aux syndicats. La présence de participants de différentes générations et la tenue d’échanges publiques traduisaient la volonté d’élargir la mobilisation à des habitants du département qui ne sont pas forcément engagés dans les structures syndicales.
- Qui : FSU 04, Solidaires 04, UD CGT 04.
- Où : aux abords de la salle Perchot, Digne‑les‑Bains.
- Combien : environ 150 personnes présentes.
Un contexte national qui pèse sur le local
Les discours prononcés lors de la rencontre font apparaître la porosité entre les dynamiques nationales et les mobilisations locales. Les syndicats ont inscrit leur initiative dans la perspective de l’élection présidentielle, estimant que la montée des idées d’extrême droite au plan national nécessite une réponse organisée et concertée à l’échelle des territoires.
Sans détailler de plan d’action précis pour les prochains mois, les responsables syndicaux ont insisté sur la nécessité de travailler à un rapport de force collectif et à des propositions concrètes sur les questions sociales, économiques et des libertés publiques, afin de proposer une alternative crédible aux électeurs.
Première collaboration départementale entre trois organisations
Les trois structures ont souligné le caractère inédit de cette rencontre conjointe dans les Alpes‑de‑Haute‑Provence. L’union de la FSU 04, de Solidaires 04 et de l’UD CGT 04 traduit une stratégie de rassemblement, en privilégiant un positionnement commun face à ce qu’elles qualifient d’« urgence démocratique ».
Les syndicats ont par ailleurs mis en avant la dimension culturelle et populaire de l’événement, cherchant à mêler prises de parole, débats et animations pour toucher un public plus large que celui des traditionnelles assemblées militantes.
Quelles suites possibles ?
Les organisateurs ont indiqué vouloir poursuivre les discussions et les actions, sans pour autant annoncer d’ores et déjà de calendrier précis. L’objectif affiché reste la construction d’un front social capable de peser lors des échéances électorales et d’apporter des réponses aux inquiétudes exprimées durant la rencontre.
À l’échelle locale, cette initiative marque une étape dans la recomposition des alliances et des mobilisations avant 2027. Reste à voir si cette dynamique pourra être traduite en actions coordonnées et perceptibles par un électorat plus large que celui déjà engagé dans le monde syndical.