Une reconversion qui allie production locale et gouvernance citoyenne
Entré en service le 1er juillet 2026 et officiellement inauguré le 18 septembre, le parc photovoltaïque Le Soleil de Chanenc a été installé à 1 500 mètres d’altitude sur un ancien champ de tir de Jausiers (vallée de l’Ubaye). Fruit d’un montage coopératif impliquant plusieurs acteurs locaux et nationaux, le site illustre un modèle d’énergie renouvelable pensé pour le territoire.
Le projet est le résultat d’un co-investissement entre le mouvement Énergie Partagée, la coopérative Enercoop Paca, le fournisseur Enercoop, le développeur EH2 et la coopérative citoyenne locale Énergies Modernes en Ubaye. Il a reçu le Label Énergie Partagée, qui distingue les réalisations jugées exemplaires pour leur ancrage territorial et leur gouvernance.
« Faite du solaire, pas la guerre ! »
Capacités techniques et production attendue
La centrale repose sur 8 100 panneaux déployés sur une emprise de 4,4 hectares au sein d’un terrain total de 7 hectares appartenant à l’Association Syndicale Libre (ASL) du Planet. Les concepteurs estiment une production annuelle d’environ 8 000 MWh, ce qui correspond, hors chauffage et eau chaude, à la consommation électrique d’environ 6 900 personnes.
- Surface totale du site : 7 hectares
- Surface occupée par les panneaux : 4,4 hectares
- Nombre de panneaux : 8 100
- Production annuelle estimée : ≈ 8 000 MWh
- Equivalent de population desservie (hors chauffage et eau chaude) : ~ 6 900 personnes
Une reconversion encadrée et sécurisée
Le terrain avait été utilisé comme champ de tir militaire jusqu’en 2009 et était resté en friche depuis. Des opérations de dépollution ont été conduites avant toute installation afin d’éliminer les munitions résiduelles présentes sur le site : une étape indispensable pour rendre la parcelle exploitable et sécurisée pour des installations photovoltaïques.
Un modèle coopératif en montagne
La SAS « Le Soleil de Chanenc », créée en 2019 pour porter le projet, illustre la démarche de production d’énergie locale et partagée : financement participatif, implication d’acteurs associatifs et coopératifs, et gouvernance ancrée au niveau communal et intercommunal. Ce montage vise à répartir les risques et les bénéfices sur le territoire plutôt que de concentrer la valeur chez un seul opérateur.
Quels enjeux pour le territoire des Alpes-de-Haute-Provence ?
Plusieurs enjeux se dégagent de cette réalisation :
- transition énergétique : augmentation de la production locale d’électricité renouvelable, utile en particulier pour des zones de montagne où les réseaux et les consommations présentent des spécificités ;
- valeur économique locale : développement d’une filière de projets citoyens, création de compétences et retombées indirectes pour les entreprises locales impliquées ;
- réhabilitation de sites sensibles : transformation d’un espace militaire en ressource productive, après dépollution et études d’impact.
Chiffres clés
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Date de mise en service | 1er juillet 2026 |
| Inauguration | 18 septembre 2026 |
| Altitude | 1 500 m |
| Nombre de panneaux | 8 100 |
| Production annuelle estimée | ≈ 8 000 MWh |
| Surface avec panneaux | 4,4 ha (site total : 7 ha) |
Perspectives et limites
Si la production annoncée représente une contribution notable à l’autonomie énergétique locale, elle n’inclut pas les usages liés au chauffage et à l’eau chaude, qui restent majoritaires dans les besoins énergétiques domestiques en montagne. De plus, l’exploitation en altitude pose des contraintes techniques (enneigement, accessibilité hivernale) qui exigent une maintenance adaptée.
Pour les promoteurs et les collectivités, l’intérêt du modèle coopératif est aussi politique : il permet de redistribuer une partie de la valeur au niveau local et de renforcer l’acceptabilité sociale des projets renouvelables. Le label qui accompagne le parc témoigne de la qualité de la concertation et du montage financier mis en œuvre.
À Jausiers, la transformation du champ de tir en parc solaire donne une illustration concrète de la manière dont des espaces délaissés peuvent être réemployés au service de la transition énergétique, tout en impliquant les habitants et les acteurs locaux dans le financement et la gouvernance.