Une délégation ministérielle turque de haut rang entame ce lundi une visite de trois jours en Belgique visant à « redynamiser » la coopération bilatérale dans les domaines de la sécurité, de la justice et du commerce. La mission est conduite par le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan, accompagné du ministre de la Justice Akın Gürlek et du ministre de l’Intérieur Mustafa Çiftçi.
Une session ministérielle conjointe restaurée après dix ans
Au cœur du déplacement se trouve la quatrième session conjointe entre représentants belges et turcs des ministères de l’Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères. Cette réunion réunit notamment le ministre des Affaires étrangères belge Maxime Prévot ainsi que les ministres belges Anneleen Van Bossuyt, Bernard Quintin et Annelies Verlinden. Selon les autorités, il s’agit de la première session de ce type depuis celle tenue à Ankara il y a dix ans.
Le programme officiel met l’accent sur plusieurs volets prioritaires :
- coopération judiciaire et échanges en matière d’application de la loi ;
- gestion des migrations, questions de visas et affaires consulaires ;
- secteur de la défense et lutte contre le terrorisme ;
- consultations sur les évolutions mondiales et régionales affectant la sécurité.
Ambitions économiques et calendrier diplomatique
Outre l’agenda sécuritaire et judiciaire, la visite intervient dans un contexte d’intérêt économique. Les discussions visent à soutenir un objectif bilatéral chiffré à 13,4 milliards d’euros d’échanges commerciaux entre la Turquie et la Belgique. Ce point apparaît comme un volet important du rapprochement diplomatique mis en avant par les deux capitales.
La visite du ministre Fidan comporte également des rendez‑vous à dimension européenne et transatlantique : il doit tenir des consultations avec le secrétaire général de l’OTAN, cité dans les communiqués officiels sous le nom de Mark Rutte, ainsi qu’avec la haute représentante de l’Union européenne, indiquée comme Kaja Kallas. Ces rencontres visent à inscrire les entretiens bilatéraux dans un cadre stratégique plus large, indiquent les services diplomatiques.
Contexte : un rapprochement diplomatique récent
Les autorités belges estiment que les liens avec la Turquie se sont intensifiés ces derniers mois. La visite de la reine Mathilde en Turquie, en mai 2026, est citée comme un marqueur de cette dynamique : elle avait alors été accompagnée d’une délégation économique importante et d’élus régionaux et nationaux, selon les sources officielles.
Pour Bruxelles, la réouverture de ce canal de concertation à haut niveau vise à traiter des dossiers sensibles — notamment la coopération judiciaire et la gestion des flux migratoires — tout en recherchant des bénéfices économiques mesurables pour les entreprises belges et turques.
Enjeu concret pour la sécurité intérieure et la justice
La réunion conjointe reprend des sujets concrets qui touchent directement les autorités belges : partage d’informations policières, procédures d’extradition, lutte contre les réseaux criminels transnationaux, ainsi que les modalités pratiques autour des visas et de l’assistance consulaire. La volonté affichée est d’améliorer la coordination opérationnelle entre services, sans qu’aucun calendrier précis de coopération ne soit rendu public à ce stade.
| Pays | Ministres turcs présents | Ministres belges mentionnés |
|---|---|---|
| Turquie | Hakan Fidan (AE), Akın Gürlek (Justice), Mustafa Çiftçi (Intérieur) | — |
| Belgique | — | Maxime Prévot, Anneleen Van Bossuyt, Bernard Quintin, Annelies Verlinden |
La visite sera observée de près par les autorités locales et européennes, en particulier sur la manière dont les engagements annoncés se traduiront en actions opérationnelles et en résultats concrets pour la sécurité et le commerce. Les conclusions de la session conjointe, prévues à l’issue de la mission, devraient donner une meilleure idée des progrès effectifs réalisés.