Un projet régional qui ravive les tensions locales
La décision du gouvernement bruxellois de poursuivre l'aménagement de la place Meiser ravive les tensions à Schaerbeek cet été. Le dossier, lancé sous la précédente législature, prévoit la suppression du rond‑point actuel au profit d'un double carrefour. Le permis d'urbanisme a déjà été octroyé et l'exécutif régional va à présent consulter des entreprises, avec l'espoir d'un démarrage des travaux l'été prochain.
Le projet est porté publiquement par la ministre de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen). Elle avance que l'aménagement prévu permettra de mettre un terme à des décennies de dysfonctionnements sur la place. En face, des voix municipales manifestent leur forte désapprobation: au sein de l'élite communale, le bourgmestre et l'échevine PS en charge de la mobilité critiquent la solution retenue et plaident pour une alternative consistant à construire un tunnel pour le tram.
Coût prohibitif et alternatives contestées
Le cabinet de la ministre Groen évoque des estimations proches de 200 millions d'euros pour la réalisation d'un tunnel sous la place Meiser, un montant jugé irréaliste par ses opposants. C'est justement ce chiffre — et son impact budgétaire — qui alimente la controverse entre partisans d'une reconfiguration de surface et ceux défendant une solution souterraine.
Dans l'opposition communale, Georges Verzin (1030 Ensemble, ancien MR) qualifie le projet de nuisible pour les habitants et les usagers de l'autoroute E40. Pour lui, l'acceptation du plan régional par des responsables schaerbeekois apparaît comme une trahison politique. Il reproche notamment à Audrey Henry et au PS d'avoir renié des engagements antérieurs.
« une agression supplémentaire pour les Schaerbeekois et les usagers de l'E40 »
Dans ses critiques, l'élu d'opposition identifie plusieurs conséquences concrètes qu'il attribue au projet: le maintien en cul‑de‑sac de l'avenue Cambier, susceptible d'accentuer les congestions sur l'avenue Rogier; la mise en place de feux qui risquent à leur tour de créer des embouteillages; et, plus globalement, une solution dont l'effet serait pire que le problème qu'elle prétend résoudre.
Calendrier, acteurs et incertitudes
Selon les informations disponibles, le permis étant délivré, l'étape suivante pour la Région consiste à consulter des entreprises en vue d'attribuer les marchés. L'objectif avancé est de pouvoir lancer les travaux « dès 2027 » pour parvenir à une nouvelle configuration de la place.
| Élément | État |
|---|---|
| Permis d'urbanisme | Délivré |
| Solution retenue | Suppression du rond‑point au profit d'un double carrefour |
| Alternative proposée | Tunnel pour le tram (estimation ~200 M€) |
| Horizon travaux | Espéré: été 2027 |
La controverse met en lumière un clivage fréquent sur les grands aménagements bruxellois: choix de la surface ou de l'infrastructure souterraine, priorités budgétaires et acceptabilité locale. À Schaerbeek, la bataille est d'abord politique — entre majorités de la Région et élus communaux — mais elle repose sur des enjeux palpables pour les riverains: mobilité quotidienne, qualité de vie et gestion des flux routiers et de tram.
Conséquences locales et prochaines étapes
- Opposition locale mobilisée: pression politique et communication publique attendues dans les semaines à venir.
- Processus d'attribution des marchés: consultation des entreprises par la Région avant lancement des travaux.
- Débats techniques à poursuivre: coût d'un tunnel, impact sur le trafic, solutions de rechange.
Le dossier Meiser promet donc de rester au centre des discussions schaerbeekoises. Entre promesses de fluidification et craintes d'une aggravation des congestions, la municipalité et les acteurs régionaux auront à concilier priorités financières et attentes locales pour éviter que la place, déjà contestée, ne devienne le symbole d'un échec d'arbitrage politique.