Un soulagement à Gand, une mise en garde pour Forest
La direction du constructeur suédois Volvo a présenté un nouveau plan stratégique dans lequel elle se veut rassurante pour l’avenir de son usine de Gand. En cause : le transfert annoncé de la production des modèles EX40 et EC40 vers l’usine de Kosice (Slovaquie) dès 2027 avait soulevé la crainte d’un scénario de fermeture similaire à celui qu’a connu Audi Forest. Ces inquiétudes semblent, pour l’heure, levées grâce à une aide publique et à une stratégie d’adaptation, mais le rappel de l’épisode d’Audi Forest illustre la fragilité des sites industriels belges.
Les gouvernements fédéral et flamand ont accordé un soutien de 119 millions d’euros pour améliorer la compétitivité du site gandais, indique la direction. Selon Francesca Gamboni, directrice de la chaîne d’approvisionnement, la condition sine qua non pour préserver l’activité était de « gagner en compétitivité ». Ce renfort financier et des mesures internes doivent permettre à l’usine de Gand de rester attractive face à des concurrents situés en Europe de l’Est.
« La première condition était de gagner en compétitivité. » — Francesca Gamboni, directrice de la chaîne d’approvisionnement
Surcapacité européenne et options de l’usine
Le groupe Volvo s’apprête à gérer une importante surcapacité sur le marché européen liée à l’ouverture prochaine de l’usine de Kosice en 2027. D’après la direction, cette surcapacité pourrait atteindre plus de 400 000 véhicules. Face à cette réalité, deux options se présentent traditionnellement : fermer des usines ou répartir la production d’autres marques sur les sites existants. Le choix fait pour Gand est clairement la seconde piste : garder les lignes ouvertes en produisant non seulement des Volvo mais aussi des véhicules pour d’autres constructeurs.
La direction indique qu’une « file d’attente » de marques souhaiterait confier des volumes à Volvo Gand, soulignant la compétitivité retrouvée du site. Aucune précision sur l’identité de ces partenaires potentiels n’a été donnée dans le communiqué consulté.
Un précédent qui parle aux Bruxellois
La mention d’« Audi Forest » dans le dossier est significative pour les habitants et les travailleurs de Bruxelles-Capitale : la fermeture successive d’unités automobiles en Belgique (Renault Vilvorde en 1997, puis Ford, Volkswagen, Opel et enfin Audi) reste dans les mémoires comme un tournant douloureux de l’industrie locale. Pour la population de Forest, le nom d’Audi Forest évoque des emplois perdus, des filières locales fragilisées et des quartiers impactés par la désindustrialisation.
- Soutien public : 119 millions d’euros des pouvoirs fédéral et flamand pour Volvo Gand.
- Calendrier : transfert de production EX40/EC40 vers Kosice à partir de 2027.
- Enjeu : gestion d’une surcapacité européenne estimée à plus de 400 000 véhicules.
Conséquences locales et questions ouvertes
Pour Forest, l’affaire est doublement utile comme signal d’alerte et comme leçon : d’une part, elle montre qu’un soutien public ciblé peut influer sur la destinée d’un site industriel ; d’autre part, elle rappelle que la garantie d’emploi reste fragile face aux choix stratégiques des groupes automobiles. La solution mise en avant pour Gand — accueillir des productions extérieures — apparaît comme une voie pragmatique pour maintenir des emplois, mais dépend d’accords commerciaux que la direction n’a pas détaillés.
Enfin, la référence aux fermetures passées souligne la nécessité d’un suivi rapproché par les autorités locales et sociales : maintien de la formation professionnelle, accompagnement des salariés et planification territoriale pour réutiliser les sites industriels deviennent des priorités si l’on veut éviter que d’autres communes, comme Forest, ne connaissent à nouveau des pertes massives d’emploi industriel.
| Élément | Chiffre / information |
|---|---|
| Aide publique | 119 millions d’euros |
| Transfert vers Kosice | À partir de 2027 (EX40, EC40) |
| Surcapacité Europe | Plus de 400 000 véhicules |
La situation à Gand ne doit pas être lue comme une preuve que le modèle industriel belge est désormais immunisé. Elle montre plutôt que des combinaisons de mesures publiques et d’adaptations commerciales peuvent offrir un répit. Pour les habitants et salariés de Forest, la lecture de ce dossier suppose de garder une attention soutenue sur les politiques industrielles et les engagements des groupes concernés.
Correspondance WE NEWS — Bruxelles