La Direction de la Météorologie Nationale (DMN) du Cameroun alerte sur des anomalies climatiques marquées pour la période d'août à octobre 2026. Dans son bulletin saisonnier, l'institution publique annonce un contraste net entre des précipitations excédentaires sur la façade ouest du pays et une chaleur anormalement élevée dans le Grand Nord.
Des pluies plus intenses sur l'Ouest et le Littoral
Selon la DMN, les régions de l'Ouest, du Nord‑Ouest, du Sud‑Ouest et du Littoral connaîtront des quantités de pluie supérieures aux moyennes saisonnières. Les principaux enjeux pointés par le service météorologique sont :
- le risque d'inondations rapides dans les zones urbaines mal drainées, notamment dans les grandes agglomérations comme Douala ;
- la saturation des sols en zone montagneuse de l'Ouest, augmentant la probabilité de glissements de terrain ;
- la menace pour les infrastructures routières et la circulation, avec un risque de paralysie des transports et de coupures d'accès aux zones productrices.
Chaleur et sécheresse dans le Grand Nord
À l'opposé, la DMN prévoit pour les régions de l'Adamaoua, du Nord et de l'Extrême‑Nord des températures largement supérieures aux normales de saison. Cette situation va favoriser une évaporation accrue des cours d'eau et des points d'eau artificiels, avec des conséquences directes pour :
- le secteur de l'élevage, fragilisé par la réduction des pâturages ;
- la disponibilité en eau pour les populations et l'irrigation ;
- la vulnérabilité accrue aux pénuries et aux tensions alimentaires locales.
Origine des anomalies et implications
Les prévisionnistes de la DMN attribuent ces dérèglements, partiellement, à la hausse des températures de surface des océans et à des perturbations des champs de vent. Ces facteurs combinés modifient la distribution des pluies et la circulation atmosphérique dans la sous‑région.
Le bulletin souligne que ces informations doivent servir de guide pour les autorités afin d'anticiper et de préparer des mesures d'atténuation des impacts humanitaires et économiques potentiels.
| Zone | Phénomènes attendus | Principales conséquences |
|---|---|---|
| Ouest, Nord‑Ouest, Sud‑Ouest, Littoral | Précipitations supérieures à la normale | Inondations urbaines, glissements de terrain, perturbation des transports |
| Adamaoua, Nord, Extrême‑Nord | Chaleur anormalement élevée, sécheresse | Évaporation accrue, pertes de pâturage, stress sur l'approvisionnement en eau |
Que peuvent faire les autorités et les populations ?
Sans anticiper les mesures exactes que prendront les responsables, la synthèse fournie par la DMN invite à renforcer les actions de prévention et de préparation :
- renforcer la surveillance hydro‑météorologique et la diffusion rapide d'alertes locales ;
- mettre en œuvre des plans d'évacuation et des mesures de protection des zones à risque de glissement ;
- préparer des réponses pour le secteur pastoral (points d'eau, alimentation animale) et des dispositifs de soutien aux populations vulnérables dans le Grand Nord ;
- vérifier et entretenir les réseaux d'évacuation des eaux urbaines afin de limiter les effets des crues soudaines.
La DMN rappelle l'importance d'une coordination entre services météorologiques, autorités locales et acteurs humanitaires pour réduire les impacts sanitaires et économiques attendus. Le bulletin saisonnier, fondé sur l'observation des océans et des vents, sert de base aux décisions de prévention à court et moyen terme.
Surveillance et vigilance restent de mise : la variabilité annoncée impose une attention continue dans les semaines à venir, tant pour limiter les dommages matériels que pour protéger les populations les plus exposées.