À Bhopal, lors de la XIe Rencontre des ministres de la Culture des BRICS, l’Indonésie a demandé que la culture soit reconnue comme un objectif spécifique du développement mondial pour la période post‑2030. La déclaration a été présentée par le ministre indonésien de la Culture, Fadli Zon, au cours d’un forum tenu sous la présidence de l’Inde et centré sur le thème « Construire pour la résilience, l’innovation, la coopération et la durabilité ».
Faire de la culture un levier stratégique
Fadli Zon a expliqué que les défis contemporains — disruption technologique, incertitude économique, pression des changements climatiques et fragmentation sociale — montrent que la culture ne saurait être traitée comme un simple complément du développement. Selon lui, elle représente une fondation capable de renforcer la résilience des populations, d’encourager l’innovation, de consolider la cohésion sociale et de soutenir la durabilité.
« L’Indonésie accueille avec satisfaction la déclaration de la XIe réunion des ministres de la culture des BRICS comme un engagement commun à faire de la culture une force stratégique pour la résilience, l’innovation, la durabilité et le renforcement de la coopération entre les pays du BRICS. »
Le ministre a par ailleurs salué le leadership de l’Inde dans la présidence 2026 du groupe et a réaffirmé l’appui de Jakarta à l’adoption de la déclaration finale issue de la rencontre.
Une coopération culturelle « orientée vers la population »
Dans son intervention, l’Indonésie a insisté sur une coopération qui soit inclusive et fondée sur l’égalité de souveraineté, le consensus et le respect mutuel. Le message porte une attention particulière à l’impact concret des politiques culturelles sur les citoyens plutôt qu’aux seules instances institutionnelles :
- renforcer la protection du patrimoine culturel ;
- soutenir la restitution et le retour des biens culturels ;
- promouvoir l’innovation culturelle au service du développement durable ;
- orienter les initiatives vers la population et la cohésion sociale.
La source indique que l’Indonésie propose de structurer la coopération BRICS autour de quatre priorités, notamment la protection du patrimoine et la restitution, sans détailler l’intégralité de ces axes dans les éléments rendus publics.
Enjeux et conséquences
La proposition indonésienne reflète une volonté plus large de donner à la culture un rôle tangible dans les agendas internationaux, au‑delà des questions patrimoniales strictes. Inscrire la culture comme objectif de développement impliquerait des changements dans la façon dont les États et les organisations internationales conçoivent les financements, les indicateurs de progrès et les programmes de coopération.
Pour les pays du BRICS, qui couvrent des réalités sociales, économiques et patrimoniales très diverses, il s’agira de trouver des modalités communes reposant sur le respect de la souveraineté et le consensus. À court terme, la portée réelle des annonces dépendra de l’intégration de ces principes dans des projets concrets et d’un calendrier d’action post‑2030 qui reste à préciser.
Éléments factuels
| Événement | XIe Rencontre des ministres de la Culture des BRICS |
|---|---|
| Lieu | Bhopal, Madhya Pradesh, Inde |
| Date | Samedi 8 août (session citée) |
| Thème | Construire pour la résilience, l’innovation, la coopération et la durabilité |
La déclaration adoptée lors de la réunion est présentée par Jakarta comme un engagement collectif à faire de la culture un « levier stratégique » pour répondre aux défis mondiaux. Reste à mesurer, dans les prochains mois, la traduction opérationnelle de cet engagement au sein des programmes BRICS et sur la scène internationale de la coopération culturelle.
Dans un monde confronté à des transformations rapides, la proposition indonésienne souligne l’émergence d’un discours qui veut placer la culture au cœur des politiques de résilience et de développement — un positionnement qui, s’il se concrétise, pourrait redessiner les priorités des agendas internationaux après 2030.