Une semaine marquée par des intrusions et des tensions au CP de Valence
Le syndicat UFAP UNSa a rendu public, le 12 août, un bilan préoccupant des derniers jours au centre pénitentiaire (CP) de Valence. Selon le communiqué, plusieurs incidents successifs ont mis en lumière des dysfonctionnements de sécurité, des livraisons illégales et des faits de violence à l'encontre du personnel.
Le syndicat rapporte qu'une livraison par drone a été observée au sein d'un quartier d'insertion (QI) durant la nuit de dimanche à lundi. Malgré l'existence d'un dispositif anti-drone, l'appareil a pu approvisionner l'enceinte, puis des allers-retours entre plusieurs cellules ont été constatés par le personnel.
Fouilles et saisies, recours aux équipes spécialisées
Une fouille du QI, engagée dès le matin et mobilisant une quinzaine d'agents, a été réalisée. Le passage au détecteur a permis la mise au jour de plusieurs objets et produits, détaillés par le syndicat :
- un téléphone portable,
- une carte SIM,
- un câble USB,
- deux clés Allen,
- de la résine de cannabis,
- un paquet de cigarettes d'origine étrangère,
- un caillebotis dégradé.
| Lieu | Objets saisis |
|---|---|
| QI (quartier d'insertion) | Téléphone, carte SIM, câble USB, clés Allen, résine de cannabis, paquet de cigarettes, caillebotis endommagé |
| SAS | Plus de 300 g de résine de cannabis et plus de 50 g de cocaïne (livraison par drone) |
Le syndicat indique par ailleurs qu'une nouvelle fouille du QI a nécessité l'intervention en urgence des équipes régionales d'intervention et de sécurité (ERIS), signe de l'ampleur des risques perçus par les agents.
Agression d'un agent et mesures disciplinaires
Parmi les épisodes décrits, un incident violent s'est produit au quartier spécifique (QSL) : un détenu récemment affecté aurait proféré des insultes, menacé le personnel, refusé un dépistage alcoolique, craché au visage d'un collègue et porté des coups. Le syndicat précise que la victime a été blessée au bras, bien que l'essentiel des coups ait été esquivé, et que des renforts ont mis fin à l'agression. Le détenu concerné a ensuite été placé au quartier disciplinaire.
« Le constat est politique. On investit dans un système anti-drone déjà contourné, puis on demande aux personnels de réparer dans l'urgence les failles d'une stratégie insuffisante. »
Dans son communiqué, l'UFAP UNSa lie ces événements à des choix de politique pénitentiaire, estimant que l'administration n'a pas suffisamment sécurisé les structures et les missions nouvelles confiées aux établissements.
Revendiations du syndicat et demandes de garanties
Le syndicat formule plusieurs exigences à l'attention de l'administration pénitentiaire et des autorités :
- une sécurisation immédiate et durable du QI et de l'ensemble du centre pénitentiaire de Valence,
- des effectifs garantis par écrit et pérennes,
- des réponses administratives et judiciaires fermes face à chaque agression et à chaque fait de trafic,
- aucune ouverture d'un QLCO (qualifié dans le communiqué) tant que les conditions de sécurité nécessaires ne sont pas réunies.
Le ton du texte est celui d'un appel à l'action : le syndicat demande des actes et non plus une gestion au fil de l'eau des incidents. Il met en garde contre l'écart entre les moyens matériels adoptés et leur efficacité pratique, comme l'illustre selon lui le contournement du dispositif anti-drone.
Contactée via son communiqué, l'UFAP UNSa décrit ces événements comme « la conséquence d'une politique qui ajoute des structures et des missions sans sécuriser l'existant ». À ce stade, aucune réponse officielle de l'administration pénitentiaire de Valence n'est jointe au communiqué syndical diffusé le 12 août.
Ces épisodes ravivent le débat sur la sécurité au sein des établissements pénitentiaires et sur la protection des agents confrontés quotidiennement à des phénomènes de trafic et à des actes de violence. À Valence, le sujet reste donc au cœur des préoccupations locales.