La Drôme a enregistré, entre le 6 et le 11 août, trois prélèvements de loups réalisés par des lieutenants de louveterie, a indiqué la préfecture départementale. Deux femelles et un mâle ont été abattus sur des secteurs du Diois et des Baronnies, selon les communiqués locaux et la fédération ovine.
Ces interventions interviennent dans un contexte de tensions accrues entre éleveurs et services de l'État. Depuis le début de l'année, huit loups ont désormais été tués dans le département, et les attaques sur les troupeaux se multiplient : la Fédération départementale ovine (FDO) rapporte 146 attaques recensées depuis janvier, soit une hausse de 29 % par rapport à 2025.
Chronologie des prélèvements
La préfecture a précisé que les tirs ont eu lieu alors que les animaux étaient en situation d'attaque, mais n'a pas communiqué les localisations précises des interventions. La FDO, en revanche, cite des communes récemment touchées par des dégâts : La Chapelle-en-Vercors, Condillac et Châtillon-en-Diois.
| Date | Secteur | Sexe du loup |
|---|---|---|
| Nuit du 6 au 7 août | Diois | Femelle |
| Nuit du 7 au 8 août | Baronnies | Femelle |
| Nuit du 10 au 11 août | Diois | Mâle |
Des éleveurs en première ligne
La fédération ovine départementale souligne l'ampleur du phénomène : elle rappelle que, en 2025, environ 600 bêtes ont été tuées par le loup dans la Drôme, chiffre qu'elle attribue aux bilans officiels de la direction départementale des territoires. Face à la recrudescence actuelle des attaques, les services de l'État disent vouloir « envoyer un message fort à la profession » en autorisant des prélèvements ciblés réalisés par les lieutenants de louveterie.
La question de la protection des troupeaux revient au premier plan. La FDO affirme qu'il y a déjà « plus d'un millier de chiens qui surveillent les troupeaux dans le département », soulignant l'effort déjà engagé par une partie de la filière pour limiter les pertes.
"On ne peut pas faire plus" — déclaration rapportée de Frédéric Gontard, président de la Fédération ovine
Réactions des associations de protection de la nature
Les prélèvements déclenchent des critiques sur les réseaux sociaux et auprès d'associations environnementales. Pour France Nature Environnement, la réponse ne réside pas dans l'abattage mais dans un renforcement des mesures de protection des cheptels. Ces voix demandent davantage d'accompagnement pour la mise en place de parades non létales et de soutiens techniques et financiers aux éleveurs.
La préfecture, confrontée à ces critiques, insiste sur le cadre légal et circonstancié des tirs : ils sont réalisés en complément des dispositifs de protection déjà en place et exclusivement lorsque les individus sont constatés en train d'attaquer.
Conséquences locales et enjeux
La multiplication des attaques et les prélèvements successifs posent plusieurs enjeux concrets pour le territoire :
- la sécurité et la viabilité économique des exploitations ovines et caprines touchées ;
- la coexistence avec une espèce protégée dans un contexte de retour massif du loup en zones rurales ;
- la nécessité d'un cadre d'intervention clair et accepté par l'ensemble des acteurs (État, éleveurs, associations).
Les autorités locales n'ont pas rendu public l'ensemble des éléments d'appréciation ayant conduit aux décisions de tir (localisations précises, constats techniques, etc.). La FDO et les services de l'État appellent à la poursuite des mesures de protection, tandis que les associations plaident pour des alternatives visant à réduire les prélèvements.
Sur le terrain, les éleveurs doivent concilier protection quotidienne des troupeaux et incertitude sur l'évolution de la situation, alors que l'on entre dans une période où les attaques semblent s'être intensifiées. La tension entre sauvegarde des élevages et conservation des populations de loup demeure au cœur du débat local.