Le tribunal judiciaire de Laon a prononcé la relaxe d’un homme de 27 ans le 20 octobre 2026, bien que des captures d’écran comportant des propos injurieux et menaçants aient été versées au dossier. La décision tient à l’impossibilité, pour la juridiction, d’établir de manière certaine la date d’envoi des messages incriminés.
Les faits exposés au tribunal
Selon les éléments présentés lors de l’audience, le prévenu était détenu et avait obtenu une permission de sortie le 15 octobre 2026, qui intervenait la veille de la pose d’un bracelet électronique. Au cours de cette journée, il s’était rendu à l’école pour voir sa fille puis avait passé la journée en compagnie de son ancienne compagne, précise le dossier communiqué aux médias.
Des captures d’écran versées au dossier montrent plusieurs insultes et menaces adressées à la victime. Parmi ces messages, figurait une formule violente qui a été citée dans l’information judiciaire :
« Je vais vous défoncer »
Au cours de l’audience, le prévenu a reconnu avoir envoyé des messages depuis sa cellule, tout en exprimant des regrets quant au caractère injurieux de certaines formulations.
La question décisive : la datation des messages
La relaxe prononcée par le tribunal de Laon ne traduit pas un refus d’examiner la gravité des propos. Elle repose sur une difficulté technique et juridique : l’impossibilité, pour l’accusation, d’établir avec certitude la date d’envoi des messages incriminés.
- Permission de sortie accordée : 15 octobre 2026 (la veille de la pose du bracelet électronique)
- Décision du tribunal de Laon : 20 octobre 2026 — relaxe du prévenu
- Preuves versées au dossier : captures d’écran montrant insultes et menaces
| Date | Événement |
|---|---|
| 15/10/2026 | Permission de sortie du détenu ; rencontre avec sa fille et l’ex-compagne |
| 20/10/2026 | Relaxé par le tribunal de Laon en l’absence de preuve certaine de la datation des messages |
Conséquences et perspectives
La décision du tribunal laisse subsister une inquiétude pour la victime, tant en termes psychologiques que de sécurité. La relaxe au pénal ne préjuge pas d’autres voies possibles ; elle illustre en revanche les difficultés rencontrées par les juridictions pour faire aboutir des poursuites lorsque les éléments numériques ne permettent pas d’établir précisément la chronologie des faits.
Lors d’affaires impliquant des messages électroniques, la détermination de l’origine et de la date d’envoi peut reposer sur des éléments techniques (analyse des journaux de connexion, origine des envois via les opérateurs, expertise informatique). En l’espèce, l’impossibilité de produire une datation incontestable a conduit le tribunal à retenir le bénéfice du doute en faveur du prévenu.
La nature relative de la preuve dans ces dossiers rappelle l’importance, pour les victimes, de conserver l’ensemble des éléments (captures d’écran, échanges, dates, éventuels témoins) et de saisir les services judiciaires ou la police rapidement afin de permettre des investigations techniques approfondies.
Le prononcé de la relaxe a été rendu public par Aisne Nouvelle. Le dossier reste marqué par la contradiction entre l’existence de messages menaçants et l’absence d’élément permettant d’en fixer la chronologie avec certitude.