Huit mois après la violente explosion qui a gravement endommagé un immeuble de la rue Valentin‑Smith, à Trévoux, une cinquantaine de personnes se sont réunies lundi 10 août devant la mairie pour protester contre les modalités de récupération de leurs effets personnels. Les sinistrés, regroupés sous l’appellation « habitants du 45B », dénoncent le délai imposé pour récupérer leurs affaires, l’absence d’informations sur la présence éventuelle d’amiante et la perspective de voir leurs biens placés dans des containers dès le 17 août.
Une colère ancrée dans la perte et le deuil
Le souvenir de la nuit du 15 décembre 2025 reste vif. Vers 17 h 30, une explosion a soufflé le rez‑de‑chaussée de l’immeuble du 45B, dans le quartier de Beluizon, endommageant gravement la façade, détruisant deux appartements et provoquant d’importants dommages dans le reste du bâtiment et les immeubles voisins. Trois personnes ont perdu la vie : deux enfants âgés de 3 et 5 ans et une troisième personne, occupante de l’appartement à l’origine de l’explosion.
Pour les habitants aujourd’hui rassemblés, il ne s’agit pas seulement de récupérer des objets matériels, mais des traces d’une vie. Plusieurs témoignages cités par les sinistrés insistent sur la valeur irremplaçable d’effets personnels, souvenirs et documents accumulés sur plusieurs décennies.
« Qu’est‑ce que vous feriez, vous, si on mettait 45 ans de votre vie dans un sac poubelle de 30 litres ? »
Une sinistrée interrogée lors du rassemblement a illustré cette douleur par un exemple poignant : elle a raconté avoir été « extrêmement choquée » que la mère des deux enfants décédés ne puisse pas récupérer les doudous de ses enfants, « son seul souvenir ».
Des inquiétudes sanitaires et logistiques
Parmi les revendications des habitants figurent des demandes de transparence sur les résultats des expertises, notamment au sujet de la présence d’amiante dans le bâtiment. L’ombre d’un risque sanitaire alourdit le sentiment d’urgence et d’injustice des familles, qui craignent que leurs effets soient manipulés sans précautions adaptées.
Les sinistrés s’opposent également au calendrier annoncé pour vider les logements, marqué par une échéance imminente : le 17 août. Ils redoutent que leurs affaires soient rapidement mises en containers, sans garantie de tri, d’inventaire ni de condition de conservation convenable.
- Rassemblement : lundi 10 août, vers 18 h, devant la mairie de Trévoux.
- Nombre de manifestants : environ cinquante sinistrés du 45B.
- Échéance contestée : vidage des logements prévu à partir du 17 août.
- Principales demandes : accès à l’information sur l’amiante, report ou modalités garanties pour la récupération des biens, inventaire et respect des souvenirs personnels.
Une mobilisation pour préserver la mémoire et les preuves
Les habitants rappellent qu’au‑delà de la valeur sentimentale, certains objets peuvent être essentiels pour des démarches administratives, juridiques ou d’assurance. La cession rapide des effets vers des containers soulève aussi la crainte de pertes irrémédiables et de difficultés futures pour reconstituer des dossiers ou prouver le contenu des lieux avant les travaux.
| Événement | Date |
|---|---|
| Explosion rue Valentin‑Smith (quartier Beluizon) | 15 décembre 2025, vers 17 h 30 |
| Rassemblement des sinistrés devant la mairie | 10 août 2026, 18 h |
| Date annoncée pour vider les logements | 17 août 2026 |
Les manifestants demandent davantage de garanties : communication claire des résultats d'expertises, présence de représentants des sinistrés lors du tri et des opérations de transfert, et délais permettant d’organiser correctement l’évacuation des biens. Ils appellent également à des solutions adaptées pour conserver les objets fragiles et les souvenirs.
Conséquences locales et perspectives
Depuis l’explosion, les habitants du 45B vivent loin de leur domicile. Leur vie a été « interrompue brutalement », notent certains, qui soulignent l’impact psychologique à long terme, en particulier pour les proches des victimes. La mobilisation de lundi traduit une volonté de ne pas laisser la mémoire des disparus et la valeur des biens personnels être réduites à un simple évacuateur logistique.
Les sinistrés exigent des réponses précises des autorités locales et des services en charge du dossier. À ce stade, ils demeurent mobilisés et espèrent obtenir des garanties pour que la date du 17 août ne rime pas avec une perte irrémédiable de souvenirs et de preuves.
Nous continuerons de suivre ce dossier et de rendre compte des suites administratives, des réponses apportées par la municipalité et des modalités effectives de récupération des effets des habitants du 45B.