Le nouveau préfet des Pyrénées‑Atlantiques, Simon Fetet, a entamé ses fonctions par une série de gestes et d'annonces qui donnent la mesure de ses priorités pour un territoire qu'il juge « complexe ». Dans les 48 premières heures, il a multiplié rencontres et déplacements pour poser les bases de sa feuille de route.
Un démarrage marqué par la frontière et une condamnation affichée
Parmi les premiers rendez‑vous figurent une visite des points de passage autorisés à la frontière de Biriatou et des échanges de courtoisie avec les élus locaux, notamment le maire de Pau, Jérôme Marbot. Le préfet a également pris position par communiqué à propos d'une fresque réalisée sur un bâtiment public à Itxassou, rendant hommage à Txomin Olhagaray, activité qu'il a « fermement condamnée ».
« Condamner fermement la réalisation d’une fresque en hommage à Txomin Olhagaray sur un bâtiment public. »
Ces premières interventions soulignent l'attention portée par le représentant de l'État aux questions de sécurité frontalière et de respect des règles républicaines sur l'espace public.
Un profil technique et une méthode pragmatique
Agé de 44 ans, ancien directeur de l'immigration au ministère de l'Intérieur et ancien élève de l'ENA, Simon Fetet a exercé précédemment des fonctions à la Cour des comptes. Il se présente comme un gestionnaire de dossiers, soucieux d'efficacité et d'accessibilité. Pour résumer sa ligne d'action, il a retenu trois mots‑d'ordre :
- Protéger
- Garantir
- Servir
Sa connaissance des questions migratoires est marquée par la paternité d'un dispositif, la force d'intervention rapide à la frontière, qu'il a contribué à concevoir et qu'il compte suivre de près ici.
Priorité à la gestion migratoire et à la sécurité des passages frontaliers
Les Pyrénées‑Atlantiques, département frontalier, sont placé sous le regard attentif du préfet sur le sujet migratoire. Il a indiqué vouloir surveiller l'application du dispositif de gestion des flux et s'assurer de la bonne articulation entre services de l'État et partenaires locaux. L'accent mis sur les points de passage autorisés montre la volonté d'anticiper et de structurer les actions opérationnelles à la frontière.
Un comité de pilotage pour l'agriculture en difficulté
Face à la crise agricole, Simon Fetet a annoncé son intention de mettre en place rapidement un comité de pilotage pour dialoguer avec les professionnels. Il qualifie la situation de « danger mortel », dépassant la seule problématique de la sécheresse, et appelle à des réponses concertées à l'échelle du département.
| Thème | Orientation annoncée |
|---|---|
| Frontière | Surveillance des passages autorisés, suivi du dispositif d'intervention rapide |
| Agriculture | Installation d'un comité de pilotage, dialogue avec les filières |
| Santé | Vigilance sur la continuité des soins, suivi des établissements locaux |
Vigilance sur la santé et la continuité des services
Le nouveau préfet a également évoqué la nécessité d'assurer la continuité des soins, citant les difficultés rencontrées par des structures locales, notamment la polyclinique Marzet à Pau. Sans annoncer de mesures précises, il a insisté sur la fonction régalienne de l'État pour veiller à ce que l'accès aux soins ne soit pas compromis.
Un préfet conscient des enjeux locaux, mais attentif à l'humilité institutionnelle
Simon Fetet a reconnu ne pas encore maîtriser l'ensemble des dossiers du département, rappelant son désir d'apprendre et de s'appuyer sur les acteurs locaux. Après un premier poste dans les Deux‑Sèvres, il découvre aujourd'hui les réalités basques et béarnaises, où les équilibres territoriaux et les identités locales rendent parfois les situations plus délicates.
Sur le terrain, son approche technique — issue d'un parcours ministériel et de la Cour des comptes — se double d'une volonté de dialogue. Reste à voir comment cette méthode rencontrera les attentes des élus et des professionnels, notamment dans les secteurs agricoles et sanitaires sous tension.
Dans les semaines qui viennent, la tenue des premières réunions opérationnelles, la composition du comité agricole annoncé et le calendrier des visites sur les points sensibles (frontière, établissements de santé) permettront de mesurer la capacité du nouveau préfet à transformer ses intentions en actions concrètes pour les habitants des Pyrénées‑Atlantiques.