La préfecture des Côtes‑d'Armor a annoncé, mercredi 23 septembre, la possibilité pour certaines stations de lavage automobile de reprendre une activité partielle malgré la situation de crise sécheresse en vigueur depuis le 14 août. Cette reprise est strictement encadrée afin de maintenir un objectif de maîtrise des consommations d'eau dans le département.
Des dérogations ciblées pour limiter l'impact économique
Selon l'arrêté préfectoral présenté aux acteurs économiques, seules des dérogations limitées sont accordées, visant à atténuer les difficultés rencontrées par les professionnels du lavage automobile tout en préservant la ressource en eau.
« après des échanges avec les acteurs économiques concernés »
La préfecture indique avoir pris ces mesures après des échanges avec les professionnels du secteur, afin d'équilibrer nécessité économique et contrainte environnementale.
Quelles conditions pour rouvrir ?
Les autorisations délivrées comportent plusieurs exigences techniques et organisationnelles :
- une seule piste haute pression peut être ouverte par station ;
- cette piste doit être équipée d'un système assurant le recyclage d’au moins 70 % de l'eau utilisée ;
- les dispositifs dits « à rouleaux », plus consommateurs d'eau, restent interdits ;
- les horaires d'ouverture autorisés sont de 8 h à 20 h.
La préfecture exige par ailleurs que les exploitants démontrent une trajectoire de sobriété. Un objectif chiffré est mentionné : les stations bénéficieront d'une dérogation à condition de justifier d'une réduction de 50 % de leur consommation d'eau par rapport à leur niveau habituel.
Une reprise limitée, une vigilance maintenue
Ces mesures visent à concilier deux impératifs : soutenir des activités économiques touchées par les restrictions et limiter l'usage d'une ressource en situation tendue. La préfecture rappelle néanmoins que la situation hydrique reste fragile dans le département, toujours placé en crise sécheresse depuis le 14 août.
Pour les automobilistes, la nouveauté se traduit par une offre réduite : seules certaines pistes spécifiques pourront assurer un lavage, sous réserve que l'exploitant respecte les critères techniques et l'objectif de réduction de la consommation. Les lavages dits « traditionnels » à rouleaux, souvent privilégiés pour leur rapidité, demeurent pour l'instant interdits.
Ce que cela signifie pour les professionnels
Les exploitants souhaitant rouvrir devront engager ou justifier d'investissements techniques (systèmes de recyclage) et adapter leur organisation pour répondre aux horaires et aux objectifs de sobriété. Ces contraintes peuvent représenter un coût et un défi opérationnel, mais permettent d'éviter une fermeture totale prolongée qui pèserait encore davantage sur la trésorerie des entreprises locales.
| Aspect | Condition imposée |
|---|---|
| Nombre de pistes ouvertes | 1 piste haute pression par station |
| Recyclage de l'eau | ≥ 70 % |
| Horaires | 8 h – 20 h |
| Consommation | -50 % |
Information pratique et perspectives
Les automobilistes et les exploitants sont invités à se renseigner auprès de la préfecture ou des chambres consulaires pour connaître la liste des stations ayant obtenu une dérogation et les modalités de contrôle. La préfecture entend poursuivre sa politique de gestion de la ressource en eau en fonction de l'évolution météorologique et des niveaux des cours d'eau et nappes.
En pratique, les conducteurs devront vérifier avant déplacement que la station de leur choix est bien autorisée à fonctionner, et quels services sont proposés (lavage haute pression uniquement, interdiction des rouleaux, plages horaires). Pour les professionnels, la mise en conformité des installations de recyclage et la justification d'une réduction de la consommation seront des conditions indispensables au maintien de l'activité autorisée.
La décision illustre la tension entre contraintes environnementales et enjeux économiques locaux : la préfecture cherche à autoriser une activité encadrée plutôt qu'une fermeture totale, tout en imposant des mesures techniques et des objectifs de sobriété pour limiter la consommation d'eau pendant la période de crise.