Une intervention d’ampleur au cœur du marché
Une opération coordonnée des forces de l’ordre a visé, samedi matin, les abords du marché de Saint-Laurent-du-Maroni. Au total, 30 agents — neuf policiers aux frontières (PAF), cinq policiers municipaux et seize gendarmes — ont été mobilisés pour contrôler la zone, vérifier les titres de séjour et lutter contre la vente illégale de produits alimentaires.
Les autorités recherchaient principalement des vendeurs ambulants dépourvus de patente et des occupations de l’espace public susceptibles d’entraver la circulation autour du marché. L’action s’est déroulée en deux vagues, selon les services concernés.
Treize personnes en retenue administrative
Les contrôles ont conduit à la mise en retenue de 13 personnes soupçonnées de se trouver en situation irrégulière. Elles ont été placées en retenue afin que la PAF vérifie leur droit au séjour. Le commandement local a précisé que, suivant l’examen de leurs dossiers et l’avis de la préfecture, certaines pourraient se voir notifier une obligation de quitter le territoire et être reconduites vers le Suriname.
« Ces vendeurs à la sauvette vendent à côté du marché, pas dans la surface du marché. Ça représente quand même une concurrence franchement déloyale par rapport à ceux qui paient leur plateforme »
Cette remarque, formulée par Noël Bouziane, major de police et chef de section à la PAF, illustre le point de tension entre commerçants installés légalement et vendeurs de rue. Les agents estiment que la présence des ambulants altère le commerce licite et nuit à l’ordre dans les allées.
Saisies : plusieurs brouettes et des sacs de légumes
Les marchandises confisquées comprennent essentiellement des denrées périssables. Les services ont indiqué avoir saisi l’équivalent d’environ six à sept brouettes de produits, principalement des bananes et des oignons, ainsi qu’une dizaine de sacs contenant divers légumes. La gestion ultérieure de ces denrées relève de la police municipale.
| Éléments | Chiffres |
|---|---|
| Agents mobilisés | 30 |
| Personnes interpellées | 13 |
| Saisie de marchandises | 6–7 brouettes + ~10 sacs |
Des limites opérationnelles reconnues
Sur place, les responsables de l’intervention ont admis les limites d’un dispositif ponctuel. Dès que les patrouilles se retirent, certains vendeurs reviennent rapidement s’installer. Le commandant de la PAF a souligné la nécessité de renforcer et de multiplier ces opérations pour maintenir l’effet dissuasif.
« Ça prouve qu'il faut qu'on recommence et qu'on accentue notre présence »
Les autorités envisagent donc de reproduire ce type d’action, en coordination entre police nationale, PAF, gendarmerie et police municipale, afin de tenter d’endiguer un phénomène qu’elles qualifient de persistant.
Un phénomène à la fois répressif et social
Les forces de l’ordre insistent sur la distinction entre infraction à la réglementation du commerce et situation migratoire. Si les interventions visent le respect des règles administratives et sanitaires, elles se heurtent à une réalité sociale : de nombreux vendeurs à la sauvette tirent leur subsistance de ces activités informelles. Cette double dimension complique les réponses à apporter.
Les commerçants titulaires d’une place ou d’un emplacement payant dénoncent une concurrence déloyale. Du côté des autorités, l’objectif affiché est de garantir la sécurité, l’hygiène et l’équité commerciale, tout en respectant les procédures de contrôle migratoire.
Vers des actions répétées
Alors que les contrôles peuvent conduire à des reconduites à la frontière pour certaines personnes en situation irrégulière, les services territoriaux annoncent que d’autres opérations similaires auront lieu. Sur le terrain, l’équation reste complexe : maintenir l’ordre public sans négliger l’examen des situations individuelles et les dimensions sociales liées à la précarité.
La répétition des contrôles et une présence policière accrue sont présentées par les autorités comme nécessaires pour dissuader la vente illicite autour du marché, mais resteront insuffisantes si elles ne s’accompagnent pas d’un travail sur les causes économiques et sociales qui poussent des personnes à vendre sans autorisation.