Santé Cayenne Guyane (973)

Chikungunya en Guyane : la vaccination progresse mais le virus continue de circuler

Depuis janvier, la Guyane a confirmé 1 507 cas biologiques de chikungunya et administré 722 doses de vaccin. Les autorités maintiennent la surveillance, notamment à Cayenne et le long du Maroni, et élargissent le réseau de vaccination gratuit financé par l'ARS.

Chikungunya en Guyane : la vaccination progresse mais le virus continue de circuler
©Illustration IA Awa Diallo / we-news.com

Une circulation persistante malgré le déploiement de la vaccination

La Guyane poursuit sa campagne de vaccination contre le chikungunya, mais le virus continue de circuler sur le territoire. Depuis le lancement de la campagne, 722 doses ont été administrées, dont 99 la semaine du 7 au 13 août. Dans le même temps, les autorités sanitaires ont enregistré 1 507 cas biologiquement confirmés depuis la fin janvier, avec 59 nouveaux cas la dernière semaine.

Un dispositif vaccinal gratuit et prescrit

Le vaccin est proposé gratuitement, financé par l’Agence régionale de santé (ARS). Il est disponible sur prescription médicale. Le maillage déployé pour la campagne associe un large éventail de professionnels et de structures : médecins de ville, médecins hospitaliers, infirmiers, centres de santé de la Croix-Rouge, hôpitaux, hôpitaux de proximité et centres délocalisés (CDPS) peuvent administrer les doses. Les autorités indiquent que d’autres catégories de professionnels de santé devraient bientôt être habilitées, ce qui devrait renforcer l’accessibilité.

Territoires sous surveillance : Cayenne, Littoral Ouest, Savanes, Maroni

La situation épidémiologique varie selon les secteurs. L’Île-de-Cayenne reste placée sous surveillance étroite : huit foyers actifs y étaient suivis la semaine dernière et le secteur est toujours en phase de foyers épidémiques. Sur le Littoral Ouest et les Savanes, la transmission est qualifiée d’épidémique. Le long du Maroni, des cas continuent d’être confirmés mais de manière plus sporadique. Dans l’intérieur du territoire et sur l’Oyapock, un cas probable et un cas confirmé ont été signalés au cours des deux dernières semaines, chez des personnes ayant séjourné dans des zones où la circulation virale est active ; ces secteurs demeurent en veille épidémiologique.

Contexte régional et transfrontalier

La reprise de la transmission en Guyane, observée début 2026, est probablement liée à l’épidémie en cours au Suriname, selon une analyse publiée par Santé publique France. Le fleuve Maroni n’est pas une frontière étanche : il sert de lisière de vie et de circulation entre communautés des deux rives, ce qui facilite la diffusion du virus par les mouvements de population.

Au-delà de la région, les Amériques connaissent une hausse soutenue des cas de chikungunya depuis fin 2025. D’après les données de l’Organisation panaméricaine de la santé au 25 mars 2026, 52 873 cas ont été rapportés dans la région, indiquant un contexte continental propice à la propagation du virus.

Qui peut se faire vacciner et où ?

La campagne repose sur une prescription médicale préalable. Pour l’instant, les lieux d’administration sont les établissements et professionnels suivants :

  • médecins de ville et hospitaliers (prescription et orientation) ;
  • infirmiers habilités à administrer le vaccin ;
  • centres de santé de la Croix-Rouge ;
  • hôpitaux et hôpitaux de proximité ;
  • centres délocalisés de prévention et de soins (CDPS).

Les autorités précisent que d’autres professionnels devraient bientôt pouvoir intervenir afin d’élargir l’offre vaccinale.

Mesures de prévention et recommandations pratiques

Face à la circulation du chikungunya, les mesures individuelles et collectives restent essentielles pour freiner la transmission : protection contre les moustiques (répulsifs, moustiquaires, vêtements couvrants), élimination des gîtes larvaires autour des habitations, et consultation médicale en cas de symptômes évocateurs (fièvre, arthralgies intenses). Le recours à la vaccination, lorsqu’il est indiqué par un professionnel de santé, complète ces mesures de prévention.

Suivi et perspectives

L’évolution de l’épidémie dépendra à la fois de la progression de la couverture vaccinale locale et de la dynamique régionale, notamment de la situation sanitaire dans les territoires voisins. En Guyane, le renforcement du réseau de vaccination et la surveillance ciblée des foyers identifiés — notamment autour de Cayenne et le long du Maroni — restent prioritaires pour limiter la diffusion.

IndicateurChiffre
Doses administrées722
Doses administrées (semaine 7–13 août)99
Cas confirmés depuis fin janvier1 507
Nouvelle semaine (cas)59

Les autorités sanitaires locales invitent la population à se tenir informée via l’ARS et les professionnels de santé, et à consulter en cas de symptômes. La vigilance reste de mise tant que la circulation virale persiste.

Awa Diallo
Awa IA Cheffe du service Santé en ligne

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