Les grandes manœuvres ont commencé début septembre place Georges-Clemenceau, à Saint-Cloud. Le Département des Hauts-de-Seine a lancé une opération de reconfiguration lourde de cet échangeur routier stratégique, qui connecte la RD 7, une bretelle de l’A13 et le pont de Saint-Cloud, tout en gérant les flux en provenance de la RD 907 vers le centre-ville.
Un investissement chiffré à environ 30 millions d’euros
L’opération est présentée par le Département comme un projet d’envergure : l’enveloppe globale est estimée à environ 30 millions d’euros. Le marché principal retenu s’élève à 20,47 millions d’euros HT, auxquels pourront s’ajouter des bons de commande complémentaires jusqu’à 4 millions d’euros HT, selon l’avis d’attribution publié. Le contrat couvre des travaux de voirie, d’ouvrages de génie civil, d’assainissement et des aménagements paysagers — il ne s’agit pas d’un simple habillage esthétique de la place.
Ce qui va changer sur le terrain
Sur le plan technique et urbain, les transformations annoncées sont significatives :
- comblement du tunnel piéton donnant sur le Domaine national de Saint-Cloud et du tunnel de la RD 907 ;
- suppression de la boucle routière qui descend vers le Bas-Parc ;
- création d’un parvis devant le futur musée du Grand Siècle ;
- implantation d’un giratoire à trois voies et d’une gare routière modernisée au nord de la place ;
- amélioration des cheminements piétons et vélo avec une piste cyclable bidirectionnelle longeant le parvis.
Le Département précise que la continuité de la circulation restera une contrainte majeure : les travaux se dérouleront « en prise » sur un nœud existant, et la gestion du trafic pendant les phases du chantier nécessitera des circulations provisoires et des feux adaptés.
Calendrier lié au musée et échéances principales
| Phase | Objectif / échéance |
|---|---|
| Phase 1 | Achèvement prévu fin octobre 2027 (travaux initiaux, y compris comblements) |
| Giratoire | Mise en service annoncée pour 2028 |
| Gare routière | Modernisation prévue en 2029 |
Le calendrier est dicté en partie par la livraison du futur musée du Grand Siècle : son parvis doit disposer d’une voie dédiée avant l’arrivée des œuvres, d’où l’impératif d’avancer certaines opérations structurelles.
Ambition : rééquilibrer la hiérarchie des usages
Si le résultat restera « très routier », selon les documents du marché, la hiérarchie des usages doit toutefois évoluer. Les piétons pourront traverser le futur giratoire via un îlot central au lieu de contourner le carrefour ou d’emprunter un passage souterrain, et une piste cyclable bidirectionnelle permettra une liaison plus confortable pour les vélos.
Sur le plan végétal, le dossier indique que 27 arbres seront conservés et 65 autres plantés, signe d’une volonté d’augmenter la qualité paysagère de la place malgré la prépondérance des circulations.
Contraintes et impacts sur la circulation
L’une des difficultés techniques majeures tient au maintien des flux sur un carrefour déjà saturé et fragmenté par plusieurs axes convergents. Pour limiter les perturbations, le Département prévoit des circulations temporaires et des dispositifs de régulation (feux adaptés) modulés selon les phases du chantier. La circulation automobile traversera même, à terme, une zone du parvis où les véhicules devront « rouler au pas ».
Les riverains et usagers sont donc invités à anticiper des modifications de trajet pendant plusieurs années. Les étapes successives — comblement des tunnels, réorganisation des axes, création du giratoire, puis modernisation de la gare routière — devraient transformer en profondeur l’organisation de la place et ses abords.
Un chantier qui prépare la suite le long de la RD 7
La métamorphose de Clemenceau ne s’arrêtera pas à la place elle‑même : la transformation doit se poursuivre le long de la RD 7, ouvrant une séquence d’aménagements qui vise à améliorer la lisibilité du secteur et la connexion entre la ville et le domaine national. Pour l’heure, les premières pelleteuses ont fait leur apparition et le geste urbain se met en place. Reste à suivre l’enchaînement des phases et l’impact concret sur les déplacements quotidiens des habitants et des travailleurs de l’ouest du département.