Une arrivée stoppée à l'entrée de la commune
Mardi 15 septembre, une trentaine de familles voyageuses — au total 40 caravanes — ont tenté de s'implanter sur une butte boisée à l'entrée de Poulx (Gard). L'installation prévue pour une quinzaine de jours n'a pas eu lieu : en moins d'une heure, la présence des caravanes a suscité la réaction des habitants et l'intervention des forces de l'ordre, contraignant la communauté à rebrousser chemin et à se regrouper ensuite sur le parking de la salle Paloma à Nîmes.
La mairie invoque le risque majeur d'incendie
Les autorités municipales ont bloqué l'accès au terrain ciblé, mettant en avant le danger représenté par la végétation environnante. Autour du site visé, des panneaux signalant un « attention au départ de feu » avaient été installés, a précisé la police municipale. Fondée sur cette contrainte de sécurité, la décision d'empêcher l'installation a été prise rapidement.
Une réaction rapide des riverains
Des habitants de Poulx se sont mobilisés dès l'arrivée des caravanes. Joël, résident de la commune depuis trente ans, s'est joint aux riverains déterminés à ne pas voir s'installer la communauté sur ce secteur. Selon lui, les craintes portent principalement sur des « nuisances » susceptibles d'accompagner une installation spontanée : absence d'équipements sanitaires, interventions non maîtrisées sur l'alimentation électrique, et modification anarchique d'infrastructures.
« On a peur des nuisances qui peuvent arriver, l'absence de toilettes, des modifications de câbles électriques, bref, on ne veut pas de nuisances ici », a déclaré l'un des riverains.
Déploiement des forces de l'ordre et négociations
Pour empêcher l'installation, la mairie et la police municipale ont agi de concert. Le chef de la police municipale, Stéphane Libéris, a expliqué que les individus présents avaient tenté d'ouvrir la barrière protégeant le parc visé en commençant à forcer le cadenas. Afin d'empêcher toute intrusion, les agents municipaux ont placé un véhicule en travers de l'accès. En renfort, cinq véhicules de gendarmerie ont été dépêchés sur place.
Après environ une heure de discussion, conjuguant fermeté des riverains et présence des forces de l'ordre, la communauté a finalement choisi de ne pas s'installer. Les caravanes ont ensuite stationné sur le parking de la salle Paloma à Nîmes, point de rassemblement provisoire évoqué par les secours et la municipalité.
Un problème récurrent pour la commune
Le maire de Poulx, Jean-Antoine Bunoz, a rappelé que cette tentative d'installation correspond à la troisième situation similaire à laquelle la commune est confrontée en quinze ans. Il a souligné la nécessité d'une réflexion à l'échelle de la métropole pour développer des dispositifs d'accueil adaptés et en nombre suffisant, afin de pouvoir recevoir des groupes importants sans mettre en péril la sécurité des zones boisées ni générer de tensions locales.
- Nombre de caravanes : 40
- Lieu visé : butte boisée à l'entrée de Poulx
- Regroupement ultérieur : parking de la salle Paloma, Nîmes
- Intervention : véhicule municipal bloquant l'accès, 5 véhicules de gendarmerie en renfort
- Durée des négociations : environ une heure
Vers quelles solutions ?
La situation fait ressortir deux enjeux : la préservation de zones sensibles aux départs de feu, en particulier en période de risque élevé, et l'absence d'aires d'accueil suffisantes pour les gens du voyage au sein de la métropole nîmoise. Le maire a proposé d'entamer des travaux de réflexion pour créer des espaces prévus à cet effet, capables d'accueillir des groupes « en masse » et d'éviter que des installations spontanées ne se multiplient.
| Problème | Conséquence observée |
|---|---|
| Insuffisance d'aires d'accueil | Installations forcées et tensions locales |
| Présence de zones boisées | Risque élevé d'incendie, refus d'installation |
Contexte et perspectives
Sans solution d'accueil pérenne, les tentatives d'installation spontanées risquent de se reproduire, générant à la fois des risques sanitaires et sécuritaires et des crispations au sein des communes concernées. Les élus locaux appellent désormais à une coordination métropolitaine pour définir des sites adaptés et des modalités d'accueil respectueuses des droits des personnes et de la sécurité collective.
La question reste en suspens : comment concilier la liberté de circulation et d'installation des gens du voyage avec la protection des espaces exposés aux feux et les attentes des riverains ? À Poulx comme ailleurs dans le Gard, la recherche d'un compromis passe par des solutions d'aménagement, la prévention des risques et un dialogue institutionnel plus structuré.