Depuis 7 h ce jeudi 17 septembre, les marins‑pêcheurs ont installé un barrage flottant à l'entrée du port du Grau‑du‑Roi, seul port de pêche du département du Gard, paralysant les allées et venues entre la mer et le port. Le canal d'accès est fermé et seuls de très petits engins, comme quelques jet‑skis, peuvent circuler.
Un mouvement local relié à une mobilisation nationale
La mobilisation, menée par environ une cinquantaine de marins, rassemble des équipages du Grau‑du‑Roi mais aussi des collègues venus de Sète et de Marseille. Certains pêcheurs avaient déjà manifesté la veille à Frontignan ou à Fos‑sur‑Mer. Pour plusieurs d'entre eux, il s'agit du quatrième jour d'actions dans le cadre d'une mobilisation nationale.
Les manifestants ont installé une barrière composée d'un ponton flottant entre les deux rives ; l'effet est immédiat : aucun bateau en provenance d'Aigues‑Mortes ne peut entrer ni sortir tant que le blocage reste en place. Les organisateurs préviennent que l'action doit se poursuivre au moins pendant la matinée.
Des signes forts pour faire entendre la colère
Sur le vieux phare du Grau, un groupe de marins a déployé des banderoles et accroché deux mannequins fabriqués à partir de cirés, pendus en hauteur, image destinée à interpeller sur la gravité de leur situation. Ces avatars symbolisent, selon les pêcheurs, la détresse et l'épuisement ressentis face à la conjonction de la hausse des coûts et des règles de pêche jugées trop restrictives.
« L’État tue nos pêcheurs », « notre colère monte », « pêcheurs à l’agonie »,
Sur la jetée, les slogans et les échanges avec le public montrent la volonté des pêcheurs d'expliquer leur situation aux habitants et visiteurs, d'autant que la mobilisation se déroule dans une ville qui vit en parallèle sa fête votive.
Revendications et coût du carburant
La demande principale porte sur le prix du gasoil professionnel, pointé comme insoutenable par la profession. Selon les manifestants, le litre se négocie actuellement autour de 1,25 €. Dominique Duprat, patron pêcheur présent au Grau et très engagé dans le mouvement, souligne l'impact sur la trésorerie des bateaux : « Mon plus gros bateau consomme 10 000 litres par semaine », a‑t‑il expliqué pour illustrer la pression financière qui pèse sur les marins.
Les pêcheurs attendent des annonces percutantes de la ministre de la Mer pour desserrer l'étau. Des mesures gouvernementales récentes ont été évoquées, mais elles ne semblent pas convaincre les manifestants locaux.
Une action pensée aussi comme dialogue avec la population
Contrairement à une volonté de nuire aux festivités, les pêcheurs expliquent vouloir profiter de la fréquentation générée par la fête votive pour rencontrer les habitants et les touristes, sensibiliser aux difficultés du métier et obtenir un soutien public. Quelques marins ont, par ailleurs, pris la route pour rejoindre d'autres fronts de la mobilisation : Sète, Port‑la‑Nouvelle ou des rassemblements devant des institutions, à l'image de la présence d'équipages à Strasbourg la veille pour interpeller des eurodéputés.
- Heure de départ du blocage : 7 h.
- Participants : environ 50 marins du Grau, Sète et Marseille.
- Durée annoncée : au moins la matinée du jeudi 17 septembre.
- Principale revendication : baisse du prix du gasoil professionnel.
| Élément | Informations |
|---|---|
| Port concerné | Grau‑du‑Roi (Gard) |
| Obstruction | Ponton flottant entre les rives, canal fermé |
| Symbole | Deux mannequins pendus au vieux phare |
La mobilisation se déroule pour l'instant dans une ambiance décrite comme relativement sereine par des participants, sans incident majeur signalé. Les autorités locales et maritimes n'avaient pas, au moment des premiers bilans, annoncé d'intervention pour lever le blocage. Les conséquences économiques immédiates se concentrent sur l'impossibilité pour les embarcations de sortir ou de rentrer au port, avec un impact direct sur les ventes et la continuité des opérations de pêche.
Les prochaines heures seront décisives pour savoir si le mouvement local se durcit ou si des négociations avec les autorités permettent de trouver des réponses aux demandes des pêcheurs. Sur le quai, la détermination des marins reste palpable : au‑delà d'une protestation, ils cherchent à faire mesurer l'ampleur d'une profession qu'ils estiment menacée.