Le bailleur social Meurthe & Moselle Habitat (MMh) a dévoilé mardi 16 juin 2026, à la Maison départementale des solidarités de Tomblaine, son nouveau plan stratégique patrimonial pour la période 2026‑2035. Doté d’un budget global de 442 millions d’euros, ce programme décennal vise à moderniser le parc de logements, lutter contre la précarité énergétique et accompagner le vieillissement de la population.
Des objectifs chiffrés et un calendrier
Le plan prévoit une enveloppe annuelle oscillant entre 40 et 50 millions d’euros par an, financée principalement par des emprunts (à hauteur de 325 millions d’euros), complétés par des fonds propres et des subventions. Parmi les objectifs annoncés, MMh s’est fixé la rénovation de 3 500 logements durant la décennie.
Le directeur général de MMh, Lionel Mahuet, a rappelé que l’effort porte autant sur la performance énergétique que sur le confort et la modernisation des équipements et des parties communes. L’opération moyenne de réhabilitation est estimée à environ 50 000 euros par logement.
« L’enjeu majeur, c’est de s’inscrire dans cette stratégie nationale bas carbone et d’éradiquer évidemment tous les logements E, F et G », a déclaré Lionel Mahuet.
Améliorer le classement énergétique du parc
MMh vise à porter à 87 % la part des logements classés A, B ou C au diagnostic de performance énergétique (DPE) d’ici 2035. Selon le bailleur, ces catégories représentent déjà un peu plus de la moitié du parc, résultat d’une politique de rénovation engagée depuis une quinzaine d’années.
Au-delà de la lutte contre les passoires énergétiques, le plan entend réduire la facture énergétique des ménages les plus modestes, enjeu souligné par la présidente de MMh et du Département, Chaynesse Khirouni, pour qui les conséquences du dérèglement climatique frappent d’abord « les plus vulnérables », tant sur la santé que sur le coût de l’énergie.
Des effets attendus sur le territoire
Le dispositif présente plusieurs retombées locales attendues :
- amélioration du confort des logements et de la performance thermique ;
- réduction des dépenses contraintes liées à l’énergie pour les ménages modestes ;
- mobilisation de la filière du bâtiment et maintien d’activités locales autour des opérations de rénovation ;
- adaptation du parc social au vieillissement démographique (accessibilité, équipements).
Le plan prévoit donc d’intégrer, selon les situations, des travaux d’isolation, de rénovation des systèmes de chauffage, mais aussi des interventions sur les parties communes et des modernisations d’équipements visant le confort des occupants.
Financement et portée des travaux
Le tableau ci‑dessous récapitule les principaux éléments financiers et opérationnels présentés par MMh :
| Item | Chiffre |
|---|---|
| Durée du plan | 2026‑2035 |
| Montant total | 442 millions d’euros |
| Emprunts prévus | 325 millions d’euros |
| Budget annuel estimé | 40‑50 millions d’euros |
| Logements à rénover | 3 500 |
| Objectif DPE A/B/C | 87 % du parc |
| Coût moyen par réhabilitation | ~50 000 € |
Le recours majoritaire à l’emprunt (325 millions) soulève les questions du calendrier financier et des conditions de marché, notamment en cas de remontée des taux d’intérêt. Toutefois, la combinaison avec des fonds propres et des subventions vise à sécuriser la mise en œuvre des opérations.
Contraintes et priorités
Le bailleur identifie plusieurs priorités opérationnelles : cibler en priorité les logements les plus énergivores (classes E, F, G), améliorer l’accessibilité pour les personnes âgées et concilier rénovation énergétique et maintien des loyers à un niveau abordable pour les locataires.
La réussite du plan dépendra également de la coordination avec les collectivités locales, des dispositifs d’aides nationales et locales, et de la capacité de MMh à mobiliser des entreprises locales pour réaliser les chantiers.
Pour les habitants, ce plan signifie potentiellement des chantiers à venir dans leur immeuble, mais aussi des économies d’énergie et un meilleur confort. MMh affiche l’ambition de conjuguer transition écologique et justice sociale, en ciblant notamment les ménages les plus exposés aux hausses de factures.