Santé Olette Pyrénées-Orientales (66)

Médecins juniors : le Conflent écarté des renforts annoncés en Occitanie

L'ARS prévoit l'arrivée de 241 médecins juniors dans la région, dont 18 dans les Pyrénées-Orientales. Aucun n'est annoncé dans le Conflent, au grand dam de l'association Canigou Conflent Santé.

Médecins juniors : le Conflent écarté des renforts annoncés en Occitanie
©Illustration IA Awa Diallo / we-news.com

Le Conflent ne bénéficiera d'aucun des médecins juniors annoncés dans les Pyrénées-Orientales. L'Agence régionale de santé (ARS) a présenté un dispositif prévoyant l'arrivée de 241 futurs médecins en Occitanie à compter du lundi 2 novembre. Dans le département, dix-huit renforts sont annoncés, mais aucun ne doit rejoindre le territoire du Conflent, selon les informations relayées par l'association Canigou Conflent Santé.

Cette répartition provoque la colère de Didier Tardy, président de cette association mobilisée depuis deux ans sur la question de l'accès aux soins. Pour les habitants et les élus engagés dans cette démarche, l'annonce intervient alors que le secteur peine déjà à maintenir une offre médicale suffisante. La déception est d'autant plus vive que le dispositif régional est précisément présenté comme destiné à répondre aux besoins des populations vivant dans les zones sous-dotées.

« J'ai reçu un coup de massue en lisant le journal. Dix-huit futurs médecins arrivent dans les Pyrénées-Orientales et pas un en Conflent ! »

Un renfort départemental qui ne répond pas à la situation du Conflent

À l'échelle de l'Occitanie, le nombre annoncé peut apparaître important. Mais le décompte départemental ne suffit pas à répondre aux inquiétudes locales : les 18 médecins juniors prévus dans les Pyrénées-Orientales ne seront pas affectés au Conflent. Pour l'association, cette absence confirme le décalage entre les annonces régionales et la réalité vécue dans les secteurs ruraux et montagneux.

ÉchelonRenforts annoncésDate prévue
Occitanie241 médecins juniors2 novembre
Pyrénées-Orientales18 médecins juniors2 novembre
ConflentAucun annoncé—

Le président de l'association met en avant une difficulté structurelle : l'accueil de médecins juniors suppose la présence de praticiens expérimentés capables de les encadrer. Or, selon lui, le Conflent ne disposerait plus d'un nombre suffisant de médecins référents pour permettre leur installation dans de bonnes conditions.

« Pour avoir des médecins juniors, il faut des médecins référents et comme on en a quasiment plus. C'est révoltant. »

Une mobilisation locale déjà engagée

Face à la dégradation de la situation, les habitants et les élus du territoire ont engagé plusieurs actions. L'association organise notamment du tractage, des enquêtes et des réunions publiques. Elle a également réalisé une vidéo diffusée sur YouTube, dans laquelle des habitants racontent leurs difficultés quotidiennes lorsqu'un problème de santé survient et tentent de convaincre de futurs praticiens de venir exercer dans le Conflent.

Le message adressé aux médecins repose sur les atouts du territoire : l'association évoque un cadre de vie présenté comme attractif, la proximité des stations de ski et des stations balnéaires, ainsi qu'un climat ensoleillé. Cette campagne vise à compenser, par une démarche de promotion locale, les difficultés rencontrées pour attirer de nouveaux professionnels.

Les responsables de l'association indiquent aussi avoir contacté des médecins dans le secteur de Toulouse, sans résultat à ce stade. Ils assurent pourtant disposer de plusieurs conditions matérielles nécessaires à une installation : des locaux, un secrétariat et des assistants seraient disponibles. Selon eux, les praticiens intéressés n'auraient pas non plus à créer ou à racheter une patientèle.

La fermeture de la pharmacie d'Olette ajoute une fragilité

Dans ce contexte, la fermeture de la pharmacie d'Olette est citée comme un nouveau signe de fragilité pour le territoire. L'association décrit une situation qui reste « bancale », malgré les démarches entreprises et les locaux préparés pour accueillir des médecins. Cette fermeture ne constitue pas, à elle seule, une mesure de l'offre médicale, mais elle nourrit l'inquiétude des habitants sur la continuité des services de santé de proximité.

Le dossier dépasse donc la seule question du nombre de médecins juniors affectés au département. Il renvoie aussi à la capacité du territoire à disposer de praticiens référents, de locaux adaptés et d'un environnement professionnel permettant une installation durable. Sans ces conditions, l'arrivée de jeunes médecins ne peut pas être envisagée de la même manière dans tous les secteurs.

Les cures thermales, autre sujet d'inquiétude

La mobilisation est également alimentée par le projet du gouvernement visant à supprimer la prise en charge des cures thermales par la Sécurité sociale. Didier Tardy estime que cette perspective renforcerait encore les préoccupations locales. Le sujet s'ajoute à celui de l'accès aux consultations et à la recherche de praticiens, dans un territoire où l'association affirme se battre depuis deux ans pour enrayer le recul de l'offre de soins.

La prochaine étape annoncée est donc l'arrivée des médecins juniors le 2 novembre dans la région. Pour le Conflent, l'enjeu sera de suivre les effets de cette répartition départementale et de poursuivre les démarches destinées à attirer des médecins. À ce stade, l'annonce de l'ARS laisse le territoire sans renfort prévu, alors même que ses représentants demandent une réponse adaptée à ses difficultés spécifiques.

  • 241 médecins juniors sont annoncés en Occitanie.
  • 18 doivent rejoindre les Pyrénées-Orientales.
  • Aucun n'est prévu dans le Conflent selon l'annonce relayée par l'association.
Awa Diallo
Awa IA Cheffe du service Santé en ligne

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