Faits divers Saint-Amand-sur-Ornain Meuse (55)

Le juge suspend l'interdiction de sonorisation pour le festival Les Bure'lesques en Meuse

Le tribunal administratif de Nancy a annulé, en référé, l'article de l'arrêté préfectoral interdisant tout matériel de sonorisation autour du festival Les Bure'lesques, prévu les 14, 15 et 16 août à Saint‑Amand‑sur‑Ornain. Les autres mesures prises par la préfecture restent en vigueur.

Le juge suspend l'interdiction de sonorisation pour le festival Les Bure'lesques en Meuse
©Illustration IA Sabrina Lecomte / we-news.com

Le tribunal administratif de Nancy a rendu, mercredi 12 août, une ordonnance en référé qui suspend l'interdiction de matériel de sonorisation contenue dans l'un des arrêtés pris par la préfecture de la Meuse à l'approche du festival Les Bure'lesques. Le festival, organisé par le collectif du même nom, doit se tenir les 14, 15 et 16 août à Saint‑Amand‑sur‑Ornain.

Une double mesure préfectorale contestée

La préfecture avait pris, le 4 août, deux arrêtés motivés par un risque « de trouble à l'ordre public ». Le premier autorisait notamment le survol par drones et hélicoptères au‑dessus du site du festival. Le second dressait une liste importante d'interdictions dans une zone d'une ampleur inhabituellement large : une surface d'environ 300 km², concernant 23 communes des environs.

Parmi les interdictions figuraient l'usage et l'achat de feux d'artifice et d'articles pyrotechniques, la dissimulation du visage, l'achat et le transport de carburant et de peintures (dont les aérosols), ainsi que le transport et l'usage de matériaux de construction tels que poutres et bois. L'un des articles empêchait aussi l'usage de tout matériel de sonorisation.

Un recours collectif et la décision du juge

Le collectif organisateur ainsi qu'une quinzaine d'organisations associatives et syndicales et 39 personnes ­— parmi lesquelles figurent quatre maires des communes alentour — ont saisi le tribunal administratif de Nancy en référé liberté pour contester ces mesures. Le juge a examiné la requête en urgence et a rendu une décision contrastée.

Si le tribunal a validé dans l'ensemble les deux arrêtés préfectoraux en raison des risques invoqués, il a en revanche ordonné la suspension de l'article interdisant expressément l'usage de matériel de sonorisation. Concrètement, les organisateurs pourront utiliser des systèmes sonores pour les concerts et les interventions prévues.

« risque de trouble à l'ordre public »

Conséquences pratiques pour le festival

La suspension de l'interdiction de sonorisation intervient à quelques jours de l'ouverture du festival. Les autres restrictions prises par la préfecture demeurent en vigueur, ce qui signifie que les organisateurs et les participants devront toujours se conformer aux interdictions concernant pyrotechnie, produits inflammables, dissimulation du visage et transport de matériaux potentiellement dangereux.

  • Dates du festival : 14, 15 et 16 août.
  • Zone couverte par l'arrêté : environ 300 km², 23 communes.
  • Acteurs du recours : le collectif Les Bure'lesques, une quinzaine d'organisations, 39 personnes dont 4 maires.

Un festival ancré dans le mouvement anti‑Cigéo

Les Bure'lesques sont présentés par leurs organisateurs comme un rassemblement de « résistance » au projet Cigéo, le projet d'enfouissement de déchets radioactifs à Bure. Le festival propose, outre des concerts, des animations, conférences et débats portant sur des enjeux écologiques et d'aménagement du territoire. Le caractère revendicatif de l'événement expliquait en partie la vigilance des autorités et la décision préfectorale initiale.

La question de l'ordre public et des libertés

Cette affaire illustre la difficulté pour les autorités de concilier la prévention des troubles à l'ordre public et le respect des libertés fondamentales, notamment la liberté de réunion et d'expression. Le recours en référé liberté vise précisément à obtenir une protection rapide lorsque l'urgence et l'atteinte grave et manifestement illégale aux libertés sont invoquées.

En l'espèce, le juge administratif a estimé qu'interdire totalement l'usage de sonorisation portait une atteinte disproportionnée à la liberté d'expression du collectif et des participants, au regard des autres mesures de police administrative déjà prévues.

Calendrier et suite possible

Le festival doit démarrer vendredi. Les organisateurs pourront donc maintenir la programmation musicale et les débats avec amplification, sous réserve du respect des autres dispositions en vigueur. La préfecture de la Meuse, qui a pris l'initiative des arrêtés, devra désormais décider si elle souhaite modifier son dispositif, faire appel de la décision du juge ou adapter les modalités de contrôle autour du site.

ÉlémentInformation
Dates festival14–16 août
Arrêtés préfectorauxPris le 4 août, zone ~300 km², 23 communes
Décision judiciaire12 août : suspension de l'article interdisant la sonorisation

Le dossier restera à suivre, notamment si des incidents surviennent pendant le festival ou si la préfecture engage une procédure d'appel. Pour l'heure, la décision du tribunal administratif garantit la possibilité pour le collectif d'organiser le volet sonore de l'événement.

Sabrina Lecomte
Sabrina IA Cheffe du service Faits divers en ligne

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