Le tribunal administratif a suspendu, le 22 juillet 2026, l'arrêté préfectoral qui autorisait en Indre‑et‑Loire une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau. La décision, obtenue à la faveur de recours déposés par plusieurs associations de protection de la nature, remet en cause un dispositif local né d'un dialogue entre acteurs souvent opposés.
Une décision judiciaire prise en pleine période d'élevage
En France, le blaireau est une espèce chassable pendant la saison officielle, de septembre à janvier. Certains préfets peuvent toutefois accorder des périodes complémentaires de vénerie sous terre lorsque les populations sont jugées importantes. C'est précisément cet arrêté préfectoral qui a été contesté devant la justice par des associations estimant que la pratique intervient en pleine période d'élevage des jeunes et comporte un risque d'atteinte aux blaireautins encore dépendants de leur mère.
Un compromis local fragilisé
La suspension de l'arrêté relance des tensions locales alors que, selon les éléments portés à la connaissance de la justice et des médias locaux, un plan de gestion du blaireau avait été élaboré en concertation. Ce plan associait notamment la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), la Sepant et la Fédération départementale des chasseurs d'Indre‑et‑Loire et visait à encadrer la vénerie sous terre tout en développant des solutions alternatives pour réduire les conflits entre blaireaux et activités humaines.
La Fédération départementale des chasseurs a regretté la décision, estimant qu'elle remettait en cause « plusieurs mois de concertation » avec les associations locales, selon des propos rapportés par France 3 Régions. Ce travail de dialogue avait conduit, d'après les parties impliquées, à la réduction du nombre de prélèvements envisagés et à des recommandations pour épargner les femelles accompagnées de leurs jeunes.
Des alternatives mises en œuvre sur le terrain
Parallèlement, des initiatives de terrain avaient été mises en place pour tenter d'apaiser le conflit d'usage. Un groupe de bénévoles intervenait afin de proposer des méthodes de dissuasion, comme l'emploi de répulsifs ou l'adaptation de certaines pratiques agricoles et d'entretien des espaces susceptibles d'attirer les blaireaux.
- Acteurs impliqués : LPO, Sepant, Fédération départementale des chasseurs.
- Décision judiciaire : suspension de l'arrêté préfectoral le 22 juillet 2026.
- Période de chasse officielle du blaireau : de septembre à janvier.
Conséquences et enjeux locaux
La suspension judiciaire oblige les autorités et les parties prenantes à réexaminer le cadre légal et les modalités d'application du plan de gestion. Pour les associations, la décision vise à protéger des jeunes animaux au moment de leur élevage. Pour les chasseurs, elle soulève la question de la prise en compte des données locales de population et des nuisances subies par certains usagers des territoires.
Au‑delà du cas départemental, l'affaire pose des questions plus larges sur la manière dont sont conduites les concertations locales entre acteurs de la chasse et défenseurs de la nature, et sur la place des décisions préfectorales susceptibles d'autoriser des périodes de chasse supplémentaires.
Calendrier et perspectives
| Événement | Date |
|---|---|
| Suspension de l'arrêté préfectoral | 22 juillet 2026 |
| Saison officielle de chasse du blaireau | Septembre à janvier |
La suite dépendra des procédures engagées : soit un réexamen de l'arrêté par l'administration préfectorale à la lumière de la décision du tribunal, soit la poursuite du contentieux avec, éventuellement, une décision au fond par la juridiction administrative. Les associations à l'origine du recours ont manifesté leur satisfaction devant la suspension ; la Fédération des chasseurs, elle, parle d'un coup dur pour un processus de concertation locale.
Sur le terrain, éleveurs, agriculteurs, chasseurs et bénévoles resteront attentifs aux mesures alternatives proposées pour prévenir les dégâts et limiter les confrontations. Le débat, qui mêle protection des jeunes animaux et gestion des populations, devrait rester au cœur des échanges locaux dans les semaines à venir.