Un arrêté étend la chasse du faisan à l’ensemble du département
La préfecture d’Indre‑et‑Loire a publié le 31 juillet 2026 un arrêté fixant les dates et les zones de chasse pour la saison à venir. Parmi les mesures, le document place dorénavant « tout le département en plan de chasse faisan », une première selon la Fédération départementale des chasseurs (FDC 37).
Pour les faisans communs dits naturels, le tir est programmé à partir du 4 octobre. Les faisans dits ponchotés (munis d’un collier plastique) et les oiseaux bagués pourront être chassés dès le troisième week‑end de septembre, c’est‑à‑dire à la date d’ouverture générale.
Des communes interdisent la prédation de femelles
Si l’extension du territoire de prélèvement réjouit la FDC 37, certaines communes ont choisi de limiter la chasse sur leur sol. La capture de femelles est expressément interdite dans dix communes :
- Benais
- Bourgueil
- Chouzé‑sur‑Loire
- La Chapelle‑sur‑Loire
- Ingrandes‑de‑Touraine
- Coteaux‑sur‑Loire
- Restigné
- Saint‑Michel‑sur‑Loire
- Saint‑Nicolas‑de‑Bourgueil
- Saint‑Patrice
Réduction des périodes de chasse pour d’autres espèces
L’arrêté précise également plusieurs modifications des calendriers cynégétiques :
| Espèce | Période autorisée | Modalités |
|---|---|---|
| Sanglier | 1er juin - 14 août | Tir à balle ou à l’arc ; battue possible à partir du 1er juillet (5 personnes) |
| Renard | 1er juin - 14 août | Tir à balle autorisé |
Contentieux autour du blaireau
La question du blaireau alimente un conflit juridique. Le 22 juillet, des associations de protection animale ont obtenu la suspension du plan cynégétique visant le blaireau, rendant pour l’heure sa chasse interdite. La FDC 37 a déposé un recours, a indiqué son président, estimant la décision révélatrice d’un « malaise » entre la communauté des chasseurs et le reste de la société.
« C’est symptomatique du malaise qui existe entre les chasseurs et la société », a déclaré Alain Belloy, président de la FDC 37. « Le blaireau est un animal fouisseur, il faut le gérer. Il est très présent dans les digues et quand il y aura des morts, il faudra se souvenir de qui a voté quoi. »
Explications et réactions locales
La Fédération explique que l’extension du plan de chasse pour le faisan résulte d’un repeuplement effectué par les chasseurs. Ce type d’intervention, consistant à relâcher des sujets élevés ou réintroduits, est couramment utilisé pour restaurer les populations sur lesquelles reposent des activités cynégétiques.
Du côté des opposants, la suspension du plan pour le blaireau témoigne d’une vigilance accrue des associations vis‑à‑vis des pratiques de gestion des espèces. Le recours déposé par la FDC 37 montre que le contentieux pourrait se poursuivre devant la justice administrative.
Conséquences pratiques pour le public
Les modifications imposées par l’arrêté impliquent plusieurs points concrets à connaître pour les usagers des espaces naturels et les riverains :
- adaptation des périodes de sortie en forêt et en bords de Loire aux nouvelles fenêtres de chasse ;
- respect des communes qui ont limité la prise de femelles ;
- vigilance accrue autour des battues organisées pour le sanglier entre le 1er juillet et le 14 août.
Calendrier essentiel
Rappel des dates figurant dans l’arrêté :
- 31 juillet 2026 : publication de l’arrêté préfectoral ;
- 22 juillet 2026 : suspension du plan pour le blaireau décidée suite à un recours d’associations ;
- Troisième week‑end de septembre : ouverture générale, possibilité de chasser faisans ponchotés et bagués ;
- 4 octobre : ouverture pour les faisans « naturels ».
Suite du dossier
Le recours de la FDC 37 et la suspension actuelle concernant le blaireau laissent entendre que de nouvelles décisions administratives ou judiciaires sont possibles dans les semaines à venir. Les autorités locales et les associations de protection animale pourraient être amenées à se retrouver devant les tribunaux administratifs pour trancher ces différends.
La préfecture et la FDC 37 ont été identifiées comme les principaux acteurs de ce dossier. Les communes qui ont limité la chasse des femelles apparaissent, elles, comme des acteurs locaux cherchant à concilier pratiques cynégétiques et préservation d’équilibres locaux.