À l’approche de l’éclipse solaire annoncée pour le 12 août, une ruée sur les paires de lunettes spéciales a vidé les étals des commerces du Jura. Dans plusieurs communes, de Dole à Lons-le-Saunier, en passant par Saint-Claude, les revendeurs interrogés par la rédaction déclarent être en rupture de stock ou avoir écoulé la quasi-totalité de leurs approvisionnements.
Des boutiques prises d’assaut
À Dole, le dernier exemplaire vendu par un bureau de tabac a trouvé preneur ce lundi, selon un témoignage transmis au journal régional. Chez un buraliste de la rue Jean-Jaurès, on reconnaît la frénésie des derniers jours :
« On s’est fait dévaliser »
Plusieurs pharmacies du centre-ville sont également à sec : la pharmacie Choux et la pharmacie Lafayette, rue Saint-Désiré, ont affiché la mention rupture de stock et reçoivent de nombreux appels de clients inquiets cherchant encore une paire de protection.
les opticiens aussi touchés
Les enseignes d’optique ont été fortement sollicitées. Chez Alain Afflelou à Lons, l’anticipation a permis de proposer des lunettes dès le mois de mai, mais les stocks ont disparu rapidement : «les dernières sont parties en milieu de semaine dernière», indique Valérie Gros. Selon elle, un peu moins de 300 paires ont été vendues, tant aux Lédoniens qu’aux touristes.
L’enseigne a passé une nouvelle commande auprès de son fournisseur, mais ignore pour l’heure si et quand elle pourra renouveler son stock. Plusieurs commerçants évoquent la même incertitude quant aux réapprovisionnements.
Impacts et risques pour le public
La difficulté à se procurer des lunettes homologuées pose une question de santé publique. Regarder directement une éclipse solaire sans protections adaptées peut provoquer des lésions oculaires irréversibles. Les lunettes spécifiques filtrent la lumière solaire intense et permettent une observation sans danger si elles sont conformes aux normes en vigueur.
Face à la pénurie, les autorités sanitaires et les opticiens recommandent de ne pas improviser des solutions artisanales (filtres non homologués, lunettes de soleil ordinaires, verre fumé) qui n'offrent pas la même protection. Ces alternatives ne garantissent pas l'absence de risque pour la rétine.
Que faire si vous ne trouvez plus de lunettes ?
- Ne pas regarder directement le soleil sans protection spécifique.
- Consulter les messages diffusés par les services sanitaires locaux et les opticiens pour connaître les points de vente restants ou les dates de réapprovisionnement.
- Participer, si possible, à des événements organisés par des collectivités ou associations locales qui fournissent parfois un équipement collectif et une explication sur la sécurité d’observation.
Carte succincte des disponibilités signalées
| Lieu | Situation |
|---|---|
| Dole (buraliste) | Dernière paire vendue |
| Rue Saint-Désiré (pharmacies) | Rupture de stock |
| Alain Afflelou, Lons | ~300 paires vendues, nouvelles commandes en attente |
Un phénomène national amplifié localement
La fièvre d’achat observée dans le Jura reflète une tendance nationale liée à l’intérêt suscité par l’événement astronomique. Dans plusieurs villes, des ventes massives ont épuisé les stocks en quelques jours. Pour les commerces, l’affluence a été perçue comme un « coup de projecteur » sur leur activité, mais elle a aussi révélé la fragilité des chaînes d’approvisionnement pour un produit saisonnier et très demandé.
Conseils des professionnels
Les opticiens interrogés insistent sur la nécessité d’utiliser des lunettes portant la mention de conformité aux normes (filtre solaire de densité adéquate). Ils déconseillent formellement les solutions improvisées et incitent les personnes souhaitant observer l’éclipse à se renseigner localement sur les lieux où un équipement homologué pourrait encore être disponible.
À moins d’une réapparition rapide des stocks dans les prochaines 48 heures, de nombreux habitants du Jura devront soit renoncer à observer directement l’éclipse, soit rejoindre des manifestations organisées où des protections seront mises à disposition. Les autorités locales et les professionnels resteront mobilisés pour informer et limiter les risques pour la santé visuelle.