La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Aura Drôme Ardèche fait état d'un nouveau record sur le Plateau ardéchois : 52 poussins de busard cendré ont pu être protégés cette année, une réussite présentée comme « exceptionnelle » par l'association. Le busard cendré, rapace qui niche au sol, est particulièrement vulnérable face aux travaux agricoles et aux formes d'aménagement des prairies.
Repérage précoce et longues observations
Pour parvenir à ce résultat, la LPO s'appuie sur un travail d'observation mené dès le printemps. Selon l'association, la recherche des nids commence dès le mois d'avril : il s'agit d'identifier où les couples s'installent puis de suivre leur comportement au fil des semaines. Ces observations peuvent nécessiter des présences matinales prolongées sur le terrain.
Thomas Chateignier, chargé d'étude agriculture et biodiversité à la LPO AURA Drôme Ardèche, décrit ces phases de terrain :
« C'est des temps d'observation assez long afin de savoir où vont s'installer les couples de busard cendré. »
La période de parade nuptiale, en mai, facilite le repérage : mâles et femelles effectuent alors des parades aériennes visibles et la femelle apporte des éléments pour construire le nid, permettant aux observateurs d'indiquer précisément les points de nidification.
Des dispositifs de protection adaptés et concertés
Une fois les nids localisés, la LPO alerte les agriculteurs et met en place des protections adaptées aux contextes locaux. L'association mentionne plusieurs types de dispositifs :
- clôtures électriques pour isoler les nids situés dans des parcelles à bovins ;
- enclos ou barrières légères permettant à la femelle d'aller et venir tout en protégeant le nid des intrusions et du piétinement ;
- maintien des protections jusqu'à l'envol des jeunes.
Ces mesures sont conduites en concertation avec les exploitants concernés afin de concilier protection des oiseaux et activité agricole.
Impacts locaux et perspectives migratoires
Les 52 poussins protégés cette année quitteront le département à la fin de l'été pour rejoindre l'Afrique subsaharienne, rappelle la LPO. La réussite de cette saison contribue donc non seulement à la reproduction locale de l'espèce, mais aussi à sa survie au niveau de la population migratrice.
Un enjeu agricole et de biodiversité
Le busard cendré niche fréquemment à même le sol, notamment dans des prairies fauchées ou des cultures extensives. De ce fait, les machines agricoles présentent un risque élevé de destruction des nids, les poussins et les œufs étant difficiles à repérer sans repérage préalable. La protection de ces nids suppose donc un dialogue et une collaboration entre naturalistes et agriculteurs, ainsi que des adaptations des pratiques de fauche ou de pâturage lorsque c'est possible.
Données et retours d'expérience
La LPO qualifie 2026 d'année « exceptionnelle » pour le Plateau ardéchois. Le nombre de poussins protégés constitue un indicateur concret de l'efficacité des actions menées. Sans avancer d'autres chiffres départementaux ou régionaux, l'association met en avant la combinaison d'une détection précoce, de dispositifs simples et d'une coordination avec les exploitants.
| Élément | Situation 2026 |
|---|---|
| Poussins protégés | 52 |
| Période d'observation | Depuis avril (repérage, parade en mai) |
| Destination migratoire | Afrique subsaharienne |
Comment s'informer ou participer
La LPO organise et coordonne ces opérations localement. Les exploitants agricoles qui souhaitent signaler des nids ou adapter ponctuellement leurs pratiques peuvent contacter la délégation locale. Les citoyens intéressés par la protection des rapaces peuvent, quant à eux, soutenir les actions de la LPO ou participer à des chantiers de sensibilisation lorsque ceux-ci sont proposés.
Cette saison dans le Plateau ardéchois illustre la possibilité d'actions concrètes et locales en faveur de la biodiversité, obtenues par l'association de la surveillance naturaliste et d'une coopération étroite avec les acteurs du territoire.