Le tribunal correctionnel de Saintes a condamné, vendredi 7 août, l’homme jugé en comparution immédiate pour l’incendie survenu le 16 juin dans un silo agricole de La Jard, où étaient entreposés des produits phytosanitaires. La cour a prononcé une peine de trois ans d’emprisonnement dont dix-huit mois fermes, ainsi que le remboursement des demandes civiles, a indiqué le dossier d’audience.
Les faits reconstitués
Les pompiers avaient été appelés vers 8 h le matin du 16 juin, alors que les flammes dévoraient l’entrepôt. L’incendie a pris à l’intérieur du bâtiment dédié au stockage de produits destinés à l’usage agricole, provoquant d’importants dégâts matériels et soulevant des inquiétudes quant aux risques liés à la présence de produits phytosanitaires.
Selon la reconstitution faite au cours de l’enquête et présentée à l’audience, la veille au soir, vers 23 h, l’homme — en quête d’un abri pour la nuit — aurait pénétré dans le silo, croyant le lieu abandonné. Il y aurait brisé un ordinateur et une fenêtre après un échange téléphonique tendu avec sa conjointe, puis passé la nuit sur place.
Au matin, il se serait allumé une cigarette et aurait jeté le mégot sans précaution. Les services d’identification criminelle ont relevé trois départs de feu possibles à l’intérieur du bâtiment ; l’un pourrait correspondre aux allumettes utilisées pour allumer la cigarette, un second au mégot, le troisième se situant près d’un panneau électrique, que l’intéressé a déclaré « n’avoir rien à voir avec ».
Procédure et débats
Assisté de son avocate, le prévenu a nié toute intention malveillante et a assuré qu’il ne s’agissait pas d’un acte volontaire. Il a expliqué qu’un incendie volontaire n’aurait pas été déclenché de la sorte :
« Si j’avais voulu mettre le feu, je ne m’y serais pas pris comme ça. Pourquoi aurais‑je attendu que les employés arrivent ? »
La défense a également insisté sur le parcours récent de l’homme : selon les éléments présentés, il avait retrouvé un emploi, un logement et arrêté la consommation de cannabis. Son dossier judiciaire comporte plus d’une vingtaine de condamnations antérieures, principalement pour des vols, ainsi que quelques délits routiers et des outrages.
Pour le ministère public, représenté par la magistrate Cécile Diard, il s’agit d’un acte relevant d’« une forme de volontarisme par négligence », formulation retenue par la suite au cours des réquisitions. L’accusation a demandé une peine de trois ans dont dix‑huit mois fermes, assortie d’un sursis probatoire et du remboursement des préjudices financiers demandés par la partie civile. Le tribunal a suivi ces réquisitions.
Peine et conséquences
La condamnation, prononcée en comparution immédiate, a provoqué un effondrement visible du prévenu au moment de l’énoncé du verdict. Au-delà de la peine d’emprisonnement, le tribunal a ordonné le remboursement des sommes réclamées par la partie civile, sans que le montant exact figure dans les éléments communiqués lors de l’audience.
- Date de l’incendie : 16 juin
- Date du jugement : 7 août
- Peine prononcée : 3 ans d’emprisonnement, dont 18 mois ferme
| Élément | Information |
|---|---|
| Lieu | Silo agricole de La Jard |
| Heure du déclenchement | Vers 8 h (alerte pompiers) |
| Nombre de départs de feux relevés | Trois départs possibles selon la cellule d’identification criminelle |
Enjeux locaux
Au‑delà de la sanction pénale, cet incendie interroge sur la sécurité des bâtiments agricoles et la gestion des stocks de produits phytosanitaires, en particulier lorsque des sites peuvent être accessibles à des tiers la nuit. L’incident a également mobilisé les services de secours et suscité des craintes environnementales locales, liées à la nature des produits entreposés.
Le choix de la comparution immédiate et la sévérité de la peine traduisent la gravité que le parquet a accordée aux faits, en considérant les risques encourus par la population et l’environnement. Le dossier, tel que présenté à l’audience, met en balance un geste apparemment involontaire et des conséquences potentiellement dramatiques.
La procédure civile liée au remboursement des préjudices se poursuivra selon les modalités fixées par le tribunal. Aucune autre information relative à d’éventuelles poursuites complémentaires ou à des mesures de sécurité renforcées autour des sites agricoles concernés n’a été communiquée lors de l’audience.