Le parcours de soins de Maryline Escribano, habitante d’Angoulême et agent de proximité chez le bailleur social OPH, illustre les conséquences humaines de la désorganisation de l’accès médical et de l’exigence administrative. Depuis l’été 2025, elle fait face à un diagnostic lourd — cancer du sein, tumeur à l’utérus et des « tâches au poumon » — et décrit une succession de démarches compliquées pour obtenir des arrêts de travail et des indemnités.
Un diagnostic brutal et des arrêts de travail à renouveler chaque mois
Les premiers signes surviennent à l’été 2025, lorsque Maryline découvre une boule au sein gauche et se sent très fatiguée. Sans son médecin traitant disponible, elle attend, puis se rend aux urgences, accompagnée par ses collègues. Début septembre, le diagnostic tombe et l’oblige à cesser toute activité professionnelle. Elle obtient de son médecin des arrêts de travail d’un mois, qu’il faut renouveler au fil des rendez-vous.
Mais la situation administrative se complique : son médecin traitant s’est installé au printemps dans le Sud-Charente et « était souvent absent », ce qui rend difficile l’obtention régulière des renouvellements. Face à ces obstacles, Maryline se tourne vers d’autres praticiens à Girac, qu’elle remercie pour leur aide.
« Là-bas tout le monde a été génial. Ils se sont démenés alors qu’ils courent partout. »
Des refus d’indemnisation et la rigidité des formulaires
La galère administrative ne se limite pas aux rendez-vous médicaux. La CPAM informe Maryline d’un contrôle et lui notifie qu’elle ne sera pas indemnisée pour les mois de juillet et août : pour l’organisme, elle n’était pas en arrêt de travail sur cette période. L’explication fournie par la patiente est claire : le formulaire utilisé par le cancérologue lors d’un rendez-vous avant l’été n’est plus valable depuis septembre 2025, et elle n’a pas pu obtenir d’arrêt de travail daté avant début septembre faute de médecin traitant disponible.
Cette situation illustre la fragilité des droits aux indemnités quand la continuité du médecin traitant fait défaut et quand les règles administratives ne tiennent pas compte des ruptures de parcours de soins.
Au quotidien, une volonté de normalité malgré la maladie
Malgré la fatigue et les traitements, Maryline tente de maintenir une vie sociale et familiale : elle raconte qu’elle continuait « chaque mois d’aller payer [son] loyer à pied, d’aller manger au resto avec des collègues, même si [elle] ne pouvais rien avaler et de voir [ses] enfants ». Son logement, décoré « aux couleurs des États-Unis », reflète cette volonté de garder une vie ordinaire. Elle dit aussi avoir arrêté de fumer immédiatement après l’annonce du diagnostic : « Ça m’a fait arrêter la cigarette dans la seconde. »
- Début des symptômes et premier recours aux urgences : été 2025
- Diagnostic : début septembre 2025 (cancer du sein, tumeur utérine, tâches au poumon)
- Problème principal : absence du médecin traitant établi après son installation au printemps dans le Sud-Charente
- Conséquence administrative : refus d’indemnisation pour juillet et août par la CPAM
Chronologie résumée
| Période | Événement |
|---|---|
| Été 2025 | Apparition des symptômes, passage aux urgences |
| Début septembre 2025 | Diagnostic médical (cancer du sein, tumeur utérine, lésions pulmonaires) |
| Printemps (année non précisée) | Départ du médecin traitant vers le Sud-Charente |
| Septembre 2025 | Formulaire médical antérieur devenu invalide ; difficultés pour la CPAM |
Le témoignage pose plusieurs questions concrètes pour les habitants d’Angoulême : comment préserver la continuité des soins quand un médecin s’éloigne ? Comment éviter que des formalités administratives privent des malades de droits essentiels ?
Sans préjuger des décisions de la CPAM ni des réponses locales qui pourraient être apportées, ce cas met en lumière la vulnérabilité des patients confrontés à une maladie grave et à une administration rigoureuse. Maryline, qui dit « avoir la pêche » certains jours et connaître des épisodes d’épuisement d’autres jours, incarne la difficulté de concilier traitement médical, démarches administratives et vie quotidienne.
À Angoulême, ce témoignage devrait relancer le débat sur l’accès au médecin traitant et sur les procédures de reconnaissance des arrêts de travail, en particulier pour les personnes atteintes de pathologies lourdes et nécessitant une prise en charge coordonnée.