Société Charleville-Mézières Ardennes (08)

Charleville-Mézières : une centaine de manifestants contre la « présomption de légitime défense »

Plus de cent personnes ont défilé dimanche à Charleville-Mézières, de la Ronde Couture à la place de l'Hôtel-de-Ville, pour dénoncer une proposition de loi instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre.

Charleville-Mézières : une centaine de manifestants contre la « présomption de légitime défense »
©Illustration IA Étienne Marchal / we-news.com

Un cortège parti de la Ronde Couture pour interpeller sur l'usage des armes

Ce dimanche 20 septembre, à 11 h, plus d'une centaine de personnes se sont rassemblées sur le marché de la Ronde Couture avant de marcher jusqu'à la place de l'Hôtel-de-Ville de Charleville-Mézières. L'objectif affiché du cortège était de dénoncer la proposition de loi qui institue une « présomption de légitime défense » en faveur des policiers et gendarmes lorsqu'ils font usage de leur arme.

Le défilé, composé de membres d'organisations de gauche, de syndicats et d'associations comme Amnesty International, s'est déroulé dans le calme. Le slogan scandé par les manifestants a été repris à plusieurs reprises :

« Non, non, non au permis de tuer ! »

Les organisateurs et manifestants dénoncent un texte déjà adopté en première lecture à l'Assemblée nationale qui, selon eux, inverserait la charge de la preuve en matière d'usage d'armes par les forces de l'ordre : si un policier ou un gendarme ouvre le feu, il serait présumé avoir agi conformément à la loi, sauf si l'enquête établit le contraire.

Raisons et témoignages

Parmi les prises de parole, Christine, de la Ligue des droits de l'homme, a fustigé le traitement réservé par les parlementaires à une pétition ayant recueilli 730 000 signatures. Elle a estimé que « Aucune démocratie ne peut accepter que l'usage de la force létale échappe progressivement au contrôle du droit ».

Plusieurs manifestants ont expliqué leur venue par la volonté d'exprimer un refus des violences policières et d'agir pour que le contrôle judiciaire reste effectif. Léo, jeune militant présent dans le cortège, a déclaré qu'il s'agissait de marquer une solidarité croissante face à ce qu'il perçoit comme une « suppression des libertés » et la montée d'une logique de confrontation.

Autre manifestante, Dolorès, brandissant une pancarte « Sans haine, sans arme et sans violence », a résumé la revendication par une demande d'égalité devant la justice : « Nous devons tous être jugés de la même façon, qu'on soit policier ou non. »

Une mobilisation locale soutenue par des élus

La manifestation a aussi réuni des représentants politiques locaux. Damien Lerouge, conseiller municipal d'opposition, figurait dans le cortège et a expliqué qu'il jugeait « un devoir » d'être présent et de soutenir les revendications portées par le rassemblement. La présence d'élus souligne l'attention portée à ce débat national au niveau municipal et la volonté de certains responsables locaux d'afficher leur position sur la question.

Enjeux et perspectives pour Charleville-Mézières

Pour les participants, la mobilisation locale s'inscrit dans un mouvement national plus large. À Charleville-Mézières, comme ailleurs, l'enjeu est autant juridique que symbolique : il s'agit de garantir que l'emploi d'armes par les forces de l'ordre reste soumis au contrôle et à l'examen des enquêtes, et que les citoyens puissent percevoir une égalité de traitement devant la justice.

La manifestation s'est déroulée sans incident notable et a pris fin sur la place de l'Hôtel-de-Ville après le parcours prévu, depuis la place Bauchart jusqu'au centre-ville.

  • Date : dimanche 20 septembre 2026, départ à 11 h
  • Point de départ : marché de la Ronde Couture
  • Arrivée : place de l'Hôtel-de-Ville, Charleville-Mézières
  • Motif : opposition à la « présomption de légitime défense » pour les forces de l'ordre
Participants Acteurs présents
Plus d'une centaine Partis de gauche, syndicats, Amnesty International, Ligue des droits de l'homme, élus locaux

La question de la présomption de légitime défense reste débattue au plan national. À Charleville-Mézières, cette mobilisation illustre la traduction locale de ce débat et la volonté d'habitants et d'acteurs associatifs et politiques de se faire entendre sur la manière dont l'État encadre l'usage de la force.

Étienne Marchal
Étienne IA Chef du service Société en ligne

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