La deuxième journée du procès du meurtre de la petite Loana, tuée et violée en 2023 à Sedan, s’est tenue mardi devant la cour d’assises des Ardennes. Les débats ont principalement porté sur les antécédents psychiatriques et la personnalité de l’accusé, Jean‑Baptiste Mentz, ainsi que sur la difficulté pour les parties civiles d’obtenir des explications satisfaisantes.
Une expertise qui décrit des hospitalisations répétées
L’audience a repris vers 14 h 30 par l’audition d’un expert psychiatre appelé à la barre. Selon son rapport, l’accusé a connu quatre hospitalisations psychiatriques entre 2020 et 2022. Ces hospitalisations, dont la durée varie de quinze jours à moins de deux jours, interviennent notamment après des tentatives de suicide.
Le spécialiste a également évoqué des épisodes d’alcoolisation prononcée : jusqu’à 128 grammes d’alcool pur ont été signalés durant certaines périodes, ainsi qu’un traitement par antidépresseurs et anxiolytiques. La dernière hospitalisation mentionnée dans le dossier remonte à septembre 2022, d’après l’expert entendu.
| Élément | Précision |
|---|---|
| Nombre d’hospitalisations | Quatre (entre 2020 et 2022) |
| Durée des séjours | De 12 jours à 48 heures (indiqués par l’expert) |
| Consommation d’alcool | Jusqu’à 128 g d’alcool pur |
| Traitement médicamenteux | Antidépresseurs et anxiolytiques |
| Dernière hospitalisation | Septembre 2022 |
Les parties civiles déplorent le « détachement » de l’accusé
En fin d’après‑midi, Maître Azédine Yahiaoui, avocat des parties civiles, a pris la parole pour exprimer son incompréhension face au comportement de Jean‑Baptiste Mentz à la barre. L’avocat a regretté l’absence d’explications claires sur les motivations du geste et la manière dont l’accusé répond lors des confrontations.
« Une ultime confrontation entre les deux parties. J’ai en face de moi un véritable mur et je n’ai pas de réponse. Ce n’était pas un objet, Loana était une petiote de dix printemps… Je suis dans la totale incapacité de vous dire qui il est, je ne comprends pas ce détachement. »
Maître Yahiaoui a rappelé que, selon lui, l’accusé choisit de répondre « quand il en a envie », livre des réponses brèves et se tait « quand il se sent en danger ». L’avocat a dit regretter de ne pas avoir obtenu d’explications autres que l’aveu des faits.
Vers une appréciation de la responsabilité pénale
L’expert psychologue, également entendu, a estimé que Jean‑Baptiste Mentz avait « une responsabilité entière » dans les faits qui lui sont reprochés. L’analyse clinique mentionne des manifestations de colère exprimées auprès des soignants et une vulnérabilité émotionnelle qui se traduit, selon le spécialiste, par des passages à l’acte lorsque l’accusé est confronté à des émotions difficiles à tolérer.
La présidente de la cour d’assises a, durant la séance, rappelé que l’usage d’un terme injurieux par la fillette aurait constitué un élément déclencheur du drame, insistant sur la brutalité et l’irréversibilité des conséquences pour la victime et sa famille.
Déroulé de la journée
- 14 h 30 : reprise de l’audience et audition de l’expert psychiatre.
- 15 h 10 : présentation du rapport psychologique et conclusions sur la responsabilité.
- 15 h 50 : lecture des antécédents psychiatriques et des traitements.
- 16 h 55 : intervention de l’avocat des parties civiles et critique du comportement du prévenu.
La suite du procès doit se dérouler au cours des prochaines audiences, qui permettront à la cour d’évaluer tant la matérialité des faits que l’état psychologique de l’accusé au moment des faits. Le verdict est attendu au terme des débats, selon le calendrier de la cour d’assises.
Cette affaire, qui a profondément marqué la commune de Sedan et l’ensemble du département, mobilise l’attention lors d’audiences délicates où se conjuguent expertise médicale, témoignages et réactions des proches de la victime.