Une quarantaine de grévistes mobilisés pour alerter sur l'avenir industriel
Une quarantaine de salariés de l'usine Hanon Systems implantée à Charleville-Mézières se sont mis en grève mardi, a rapporté L'Ardennais. Les ouvriers, majoritairement revêtus d'un gilet CGT, se sont relayés devant le site durant plusieurs heures pour exprimer leur mécontentement face à une politique salariale et sociale qu'ils jugent insuffisante et face à une incertitude managériale liée à des mouvements de direction.
Des revendications centrées sur la rémunération, la transparence et l'investissement
Au cœur des revendications : un manque de gratification et une communication considérée comme trop faible de la part de la direction sur les perspectives du site. Les négociations annuelles obligatoires (NAO), ouvertes depuis la fin du mois d'avril, n'auraient, selon la CGT et David Teixeira (secrétaire départemental de la CGT et trésorier au CSE), « rien donné ». Les salariés dénoncent également une absence d'informations sur la stratégie à venir depuis l'arrivée de la maison-mère sud-coréenne.
- Grévistes mobilisés : environ 40 salariés.
- Nombre d'emplois potentiellement concernés en cas de fermeture : 346 ouvriers.
- NAO ouvertes depuis : fin avril, sans accord selon le syndicat.
Inquiétude liée à des changements de direction et à l'investissement
Les ouvriers s'inquiètent de mouvements prévus au sein de la hiérarchie du site. D'après nos confrères, le directeur administratif et financier a été licencié le mois dernier et le directeur du site actuel doit quitter ses fonctions. Le syndicat indique que ce dernier pourrait être remplacé par un cadre sud-coréen. Ces changements alimentent la crainte d'une perte d'autonomie du site et d'un manque d'investissements, points que la CGT met en avant pour réclamer une recapitalisation afin d'éviter une fermeture définitive.
| Élément | Information |
|---|---|
| Entreprise | Hanon Systems (filiale d'Hankook) |
| Localisation | Charleville-Mézières (Ardennes) |
| Salariés en grève | ~40 |
| Emplois menacés selon la CGT | 346 |
| NAO | Ouvertes depuis fin avril, sans accord selon le syndicat |
Réaction de la direction et position des salariés
Contacté, le directeur général de l'usine, Mustapha Khelladi, a déclaré être « étonné », indiquant qu'aucun salarié ne l'avait informé de ces revendications. De leur côté, les employés disent subir un manque d'informations et entendent par leur action faire pression pour obtenir des garanties sur l'emploi, la rémunération et les investissements futurs.
« Ce sont les Coréens qui décident », rapportent les salariés lorsque la direction est interrogée sur les NAO, selon la CGT.
Enjeux locaux et conséquences possibles
La situation soulève des questions majeures pour le bassin d'emploi carolomacérien : une cessation d'activité du site laisserait, selon le syndicat, 346 ouvriers sans emploi, avec des conséquences sociales et économiques notables pour la commune et l'agglomération. La demande de la CGT d'une recapitalisation vise à préserver l'outil industriel et les emplois, mais aucune annonce officielle de financement ou de plan de relance n'a été communiquée à ce stade.
Les prochains jours seront déterminants pour la poursuite du mouvement et les négociations : la mobilisation des salariés montre la sensibilité des équipes à la gouvernance mise en place par la maison-mère et interroge sur la capacité des dirigeants à rassurer quant à l'avenir du site.